lundi 16 novembre 2015

Attentats de Paris : de la schizophrenie et du boomerang...



De la Schizophrénie.

A la suite des tueries qui se sont déroulés à Paris Vendredi soir, nous avons vu le slogan "je suis Paris" fleurir un peu partout sur internet et ailleurs, référence claire au "je suis Charlie" du mois de Janvier dernier. Nous avons vu également, principalement aux USA, un autre slogan flotter dans la médiasphère : "we are all France", en référence évidente au "nous sommes tous américains" d'il y a 14 ans.

Certes, c'est très louable, c'est même très touchant, mais c'est étonnant car à notre connaissance nous n'avons jamais vu de sentiments de solidarité du genre :

"We are all syrians", "we are all iraquis", "we are all yemenites", "we are all libyans" etc, etc... tous pays subissant des attaques terroristes de toute sorte depuis des années, généralement par les mêmes organisations avec lesquelles nous sommes en guerre (en théorie) : Al Quaeda-Al Nusra, IS (ou Daesh, comme vous voulez).

De même, rares sont ceux qui ont relevé la différence extraordinaire de traitement entre les attentats de Paris qui ont tués plus de 140 personnes (pour le moment) et ceux de Bagdad (13 Novembre) : 26 morts ; ceux de Beyrouth (12 Novembre) : 43 morts ; l'attentat contre l'avion russe (31 Octobre) : 224 morts etc... En ce qui concerne les deux premiers, c'est tout juste si on en a parlé dans les médias, Quant aux 200 passagers morts dans le crash de l'avion russe, on s'en est ouvertement moqué (Charlie Hebdo) sans que cela ne provoque la moindre indignation. Mais il parait que c'était juste de l'humour; et puis ce n'étaient que des russes après tout, non ? Nous attendons donc de voir la prochaine une de ce même torchon à propos des malheureux 140 morts de Paris : nous ne doutons pas une seconde que cette horreur sera brillamment traitée avec l'humour si fin auquel ils nous ont accoutumés.

"It is not just an attack on French people, it is an attack on human decency and all things we hold dear", a déclaré le sénateur US Lindsey Graham, avec lequel nous sommes absolument certain de ne pas partager la même définition de la "décence" ni d'avoir en commun quoi que ce qui puisse nous être cher. Mais peu importe ! Le problème en ce qui concerne Graham, c'est que c'est un hawk pur et dur, grand ami du psychopathe John Mac Cain, c'est dire... Ensemble, ils prônent une intervention en Syrie dans la veine de ce qui fût fait en Irak, dont le succès retentissant en fait un modèle irresistible à renouveler de toute urgence

Ce qui est fascinant dans ces réactions de nos dirigeants bien aimés face à ces attentats, c'est bien leur déconnection totale entre ces evenements et leurs causes. Apparemment en tout cas. A les entendre, ces attentats n'ont aucune cause autre que la barbarie congénitale de ces groupes terroristes et leur haine pathologique envers nos sociétés idylliques de liberté, d'amour et de parfaite démokratie. Pour être bref, ce sont d'horribles envieux qui, faute dêtre capables d'édifier le même monde paradisiaque que le nôtre, veulent le détuire. 

Jaloux, on vous dit !

Du boomerang

Mais d'où sortent-ils donc ?

Le terrorisme islamique fût conçu, crée et utilisé par les USA, en collaboration étroite avec nos alliés saoudiens, comme un outil au service de leurs politiques internationales contre leurs opposants.

Cela a commencé à la fin des années 70, sous la présidence Carter. Zbigniew Brzezinski, son conseiller pour les affaires étrangères, pour notre malheur à tous, en fut l'inventeur. Lui-même a raconté qu'il conçut l'idée d'envoyer en Afghanistan des jihadistes wahabbites (donc saoudiens en majorité) pour combattre et renverser le gouvernement laic en place, trop proche des sovietiques à son gout (polonais d'origine, sa russophobie n'a pas de limite), le tout afin de pouser ces derniers à intervenir et à les entrainer dans un piège, genre Vietnam. Le Kremlin se laissa entrainer en dépit d'une forte opposition à l'intervention au sein même de l'Etat sovietique et de l'armée.

Le soutien au jihadistes wahabbites s'accentua de plus belle sous Reagan afin de résister à "l'invasion" soviétique. Armes, entrainement, espèces sonnantes et trébuchantes, endoctrinement, toute la panoplie de la guerilla fut enseignée à ces "combattants de la liberté". Parmi eux, un certain Osama Ben Laden, chef de réseau de la CIA. Un réseau international de combattants islamistes fût ainsi étendu et structuré pendant dix ans avec le but d'affaiblir l'URSS ; toutes les ressoruces nécéssaires furent généreusement octroyées en dépit des avertissements répétés des services de renseignements occidentaux quant aux dangers de la montée de l'extremisme religieux et du fanatisme que cela entrainait dans le sillage de ces jihadistes subventionnés.

Après la première guerre du Golfe, en 1991, qui impliqua le stationnement des troupes US sur le sol Saoudien, Ben Laden se retourna contre ses créateurs (USA et Arabie Saoudite) et leur déclara la guerre, précisément en raison de la présence des américains sur le sol saint de la terre du Prophère (arabie saoudite) que nul infidèle ne devait souiller de sa présence. Le réseau de jihadistes patiemment mis en place par les USA et les Saoudiens pendant dix ans sous la direction de Ben Laden, devint Al Qaeda. On connait la suite, ou tout au moins la partie officielle. La partie officieuse, c'est que Ben Laden continua toujours d'avoir des rapports avec une partie de l'establishment saoudien dont il recevait des subsides et un soutien certain jusqu'à nos jours.

Les exemples d'emploi d'organisations terroristes par les USA à des fins géo-stratégiques ne manquent pas. L'histoire du Kosovo et du groupe terroriste KLA en est un autre tout comme celui du groupe terroriste MEK, en Iran et en Irak, naguère condamné par les USA puis soutenu aujourd'hui par les plus grands ténors washingoniens et décrits comme les grands "défenseurs de la liberté". Oui encore ! 
En Libye, en Syrie, en Ukraine ou aujourd'hui au Yemen, les USA n'ont jamais céssé de soutenir et d'utiliser les extremistes pour atteindre leurs objectifs politiques, pensant toujours ête capables de se débarasser de ses bandes de fanatiques une fois l'objectifs atteints. Ce qui ne s'est jamais produit une seule fois, bien au contraire. Le dernier exemple en date est l'ISIS. Son fondateur et actuel caliphe, Al Baghdadi, reçut des armes et des subsides des USA, sans parler des saoudiens, en abondance. On a même pu le voir avec l'inéffable John Mac Cain en Syrie en compagnie d'autres miliciens d'Al Quaeda (on a les photos souvenirs de la rencontre). C'était avant la scission d'Al Quaéda en deux qui vit la création de Daesh en Irak puis en Syrie, avec Al Baghdadi à sa tête (2013). 

Mais il ne s'agirait pas d'oublier non plus le côté français dans cette affaire.

La collaboration de la France avec les terroristes se concretise en Syrie, comme en Libye auparavant, par des livraisons d'armes et de matériel aussi récemment qu'en Août 2014 à notre connaissance. 

Alors, bien entendu, on nous serine que nous n'aidons que des rebelles "modérés". Le problème c'est qu'ils n'existent pas. Il n'y a pas de "rebelles modérés", il n'y a que des terroristes plus ou moins discrets : Al Nusra par exemple, filiale d'Al Quaeda en Syrie, évite de décapiter ou de bruler ses prisonniers publiquement afin de continuer à recevoir les armements que la France, le Qatar et les Saoudiens lui fournissent. N'oublions pas l'indignation de notre indécent ministre des affaires étrangères lorsqu'en Décembre 2012 les USA entreprirent de classer Al Nusra sur leur liste des organisations terroristes. Le Ministre des Affaires Etrangère Français, attéré, protesta énergiquement contre cette injustice et déclara notamment, afin de justifier sa position, que Al Nusra "fait du bon boulot sur le terrain" (ici)

Mais, bien évidemment, le point le plus saillant de la schizophrénie complète qui s'est emparée de nos dirigeants bien-aimés, reste notre alliance avec les deux principaux financiers et soutiens du terrorisme islamiste, c'est à dire wahabbite: le Qatar et l'Arabie Saoudite.

Quand on se souvient de ce qu'on a pu entendre de la part de nos dirigeants bien-aimés à propos de Khadafi puis d'Assad afin de justifier leurs interventions pour les renverser : "boucher", "assassin" "criminel", "dictateur" etc...., alors que nous sommes alliés avec un pays qui a décapité 200 de ses propres citoyens en 2014, sans compter les lynchages etc : nous parlons de l'Arabie Saoudite bien entendu, aux références démokratiques impeccables et internationalement reconnues. Même topo pour le Qatar. 

En conclusion de ce texte trop long, lorsque nous entendons nos dirigeants bien-aimés proclamer à qui veut bien l'entendre que "nous ferons une guerre sans merci aux terroristes", nous nous permettrons d'être sceptique. Car pour que cela soit efficace, il faudrait faire cesser d'urgence les financements et les livraisons d'armes aux terroristes par nos deux meilleurs alliés au Moyen-Orient, déjà cités, qui sont les plus grands soutiens de ces mêmes terroristes qui ont tués 140 personnes à Paris Vendredi soir. Ce sont nos meilleurs "alliés" pour des raions purement économiques. 

La question est de savoir si les avantages économiques que nous tirons de ces relations avec le Qatar et l'Aabie Saoudite justifient les morts de Vendredi soir et ceux qui risquent de suivre.

De même, il faudrait cesser d'intervenir à tord et à travers au Moyen-Orient et ailleurs, à la remorque des USA, pour suivre une politique contraire à nos intérêts nationaux. Il est grand temps de redevenir une nation souveraine.

Est-ce possible ?

Ce n'est qu'à ce prix que nous parviendrons à endiguer le terrorisme qui risque d'engouffrer notre pays dans une spirale infernale qui pourrait bien ne faire que commencer et qui, surtout, pourrait le déstabiliser et le jeter dans la guerre civile.























1 commentaire:

Charles Vegezzi a dit…

Le Grand Satan persiste et signe depuis des décennies à vouloir détruire l'Europe et anéantir l'Ours russe qu'il cherche à priver de sa subsistance. A cet effet, il excelle à fomenter les théorie de complots, comme il a armé le bras des talibans afin d'expulser les affreux laïcs soviétiques d'Afghanistan, pour y rétablir la religion... pas celle qu'il croyait, mais l'islamisme radical des temps modernes -celui-là même que notre Président a refusé de nommer dans son discours devant le Parlement réuni à Versailles-.
Le grand Oncle excelle aussi à commercer avec ses alliés l'Arabie Saoudite et le Qatar, fournisseurs d'armes de Daech. Le même Qatar qui rachète en France le PSG à coups de millions d'euros, qui s'approprie la Coupe du monde 2022 par 45° au soleil avec la bénédiction d'un, espérons le, futur ex-Président de l'UEFA mis en examen.
Cherchez l'erreur. Oh le vilain Iran qui cache ses fusées nucléaires braquées sur Washington et l'affreux tsar Poutine qui refuse de se laisser dépouiller de ses matières premières. Bizness partout, Tonton Sam.
On s'insinue partout. On fait le coup de Maïdan à Kiev, en chassant par les armes un pouvoir issu des urnes ; à petits pas on s'avance vers les mines de la plaine de Sibérie centrale, sans les chariots de la conquête de l'Ouest, mais avec les 4X4 à la conquête de l'Est. Au passage, on installe quelques fusées de l'OTAN à 300 km de Moscou et après ça,on fait semblant de na pas comprendre pourquoi Vladimir nous fait la gueule.
Non Tonton, il faut arrêter de jouer double-jeu. On veut éradiquer Daech ou non ? Dans ce cas, ou bien tu participes à une véritable coalition avec Vladimir et François ; dans ce cas tu suspens ton bizness avec le Qatar et les Saoudiens. Au passage tu dis à ton ami Erdogan de se mettre au pli. Ou alors tu dégages complètement de la zone. Mais il faudrait cesser de nous pourrir la vie.