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jeudi 26 janvier 2012

Iran : n'est pas isolé qui croit...

Saviez-vous, chers lecteurs européens, que l’UE est une « entité » politique, économique, morale cela va sans dire, peut-être même « cérébrale » bien que cela n’ait jamais été prouvé, bref un « machin » pour reprendre le terme celèbre du général de Gaulle ; un « machin » mais un « machin » qui se prétend INDEPENDANT... Eh oui, le « machin » européen ouin ouin se targue d’être INDEPENDANT, sourd aux préssions zexterieures comme aux lobbys zinterieurs qui pourraient tenter d’influencer les décisions du dit « machin » au profit d’interêts qui ne se confondraient pas forcément avec ceux du « machin » européen.

C’est donc en toute connaissance de cause (nous avons failli utiliser le terme « conscience » mais notre stylo a spontément refusé d’écrire le mot...) que le « machin » européen a décrété souverainement et sans aucune intervention exterieure, un embargo contre l’Iran.

Comme les USA quelques jours avant, mais c’est une pure coincidence.

Où alors ce n’est qu’une preuve de plus que les petits, tout petits esprits finissent toujours par se rencontrer, généralement dans les bas-fonds, leur milieu naturel de prolifération.

De cette façon les sataniques iraniens sont avertis qu’avec nous çà ne rigole plus et qu’il faudrait peut-être commencer par nous prendre au sérieux.

Avis aux Américains.

Aux autres aussi évidemment.

Désormais tous ceux qui ne nous plairont pas se verront boycottés sauvagement. Ils vont souffrir tant de ne plus avoir de relations avec nous, nous le sel de l’univers connu et inconnu, nous les Représentants du Bien sur Terre (RBT), que les iraniens comme tous les autres après eux viendront nous supplier les uns après les autres de renouer des liens solides dans le « respect » de la souveraineté de chacun.

Enfn surtout la nôtre, où plutôt ce qu’il en reste.

L’embargo est donc notre dernière arme secrète sortie tout droit des cerveaux brillants du Département d’Etat US à l’intention des cervelas reptiliens européens. Le tout est de faire croire à ces derniers que l’idée vient d’eux pour qu’ils l’adoptent sans rechigner, tout fiers d’en avoir eu une. Qu’elle soit bonne où stupide n’a aucune importance du moment qu’il y en ait une.

Cela doit les rassurer sur leur état cérébral.

Et puis de toute manière on a déjà oublié le brillants résultats de ce que les précédents embargos ont donné ; en Irak par exemple.

A ceux qui émettent l’hypothèse que cela pourrait provoquer une pénurie de pétrole sur le marché mondial on rétorque avec la suffisance bien connue des bureaucrates satisfaits d’eux-mêmes :

- L’Arabie Saoudite pourvoiera au manque que créera la céssation des importations de pétrole iranien, notamment pour ceux qui en dépendent le plus comme la Grèce, l’Espagne où l’Italie. De toute manière il n’est plus très sûr que ces trois derniers pays soient encore capables de payer leurs importations de pétrole dans six mois, date à laquelle est censé entrer en vigueur le fameux embargo.

Pourquoi six mois d’attente ?

Eh bien pour se préparer pardi ! Pour retrouver quelqu’un capable de fournir 600.000 barrils par jour de ce précieux liquide qui fait fonctionner si bien les merveilleuses économies de nos admirables pays si extemplairement développés. Il s’agit donc de permettre à ceux d’entre nous qui s’approvisionnent en Iran de trouver d’autres sources d’approvisionnement avant le 1er Juillet prochain.

Tout cela présuppose que les Saoudiens aient vraiment la capacité de compenser ce que les Iraniens livraient à l’Europe, ce que de très nombreux experts remettent en cause. Et dans le cas où d’autres pays se joindraient réellement à l’embargo, comme la Chine où/et l’Inde, alors là ce serait parfaitement impossible. La vérité est que le monde ne peut pas se passer du pétrole iranien (2.5 millions de barrils par jour sans compter le gaz naturel) surtout à une époque où il manque encore les 1.6 millions barrils libyens.

Et si l’Iran cessait soudain de livrer son pétrole à l’Europe, comme l’a proposé un parlementaire iranien, les prix à la pompe exploseraient sans qu’il y ait besoin d’une attaque quelconque sur l’Iran suivie d’un blocage du Détroit d’Ormuz par les Iraniens. Et nos brillantes économies bien-aimées sur le chemin d’une rédemption fantôme seraient pulvérisées instantanément.

- Ensuite on nous assure que l’Iran est complètement isolée, le paria de la planète à qui plus personne ne voudrait même adresser la parole tant que ce pays n’aura pas abandonné ce programme nucléaire qui n’existe plus depuis 2003 , ce qui fût confirmé par l’équipe de l’AIEA qui vient de terminer une visite d’inspection en Iran. L’idée est que la « communauté internationale » cesse de s’approvisionner en Iran afin d’assécher les revenus du pays et faire s’écrouler la valeur de sa monnaie jusqu ‘à ce que le régime s’écroule. Enfin cela c’est le plan brillant des cervelas néendertaliens de Washington.

Tout ces plans mirifiques sont bels et bons vus du Potomac où de Bruxelles mais encore faudrait-il être certain que la dîte « communauté internationale » soit d’accord avec tout cela.

Hors, apparemment, rien n’est moins sûr.

La « communauté internationale en rang d’oignon derrière les USA-UE ?

Tout d’abord qui sont donc ces pays qui pousseraient l’abnégation suffisamment loin pour oublier leur propre sécurité nationale au profit de la cupidité des USA et de ses deux caniches que sont le Royaume-Uni et la France, depuis que Sarko-le-Petit s’est hissé sur le trone (nous ne pensons probablement pas à la même chose).

1) La Chine.

Le gouvernement Chinois a immédiatement répondu vertement au vote par le Sénat US du fameux embargo unilatéral contre l’Iran en annonçant que l’Iran resterait un fournisseur de première importance pour le Royaume du Milieu, quoi que puissent en penser les USA et leurs caniches.

"The normal trade relations and energy cooperation between China and Iran have nothing to do with the nuclear issue. We should not mix issues of different nature, and China's legitimate concerns and demands should be respected."

(Sources : Cui Tiankai, the vice foreign minister for US relations)

Pourtant certains petits malins ont récemment cru devoir montrer combien cette « stratégie » de l’embargo unilatérale était judicieuse lors de la visite éfféctuée par le premier ministre Chinois dans les satrapies du golfe : UAE, Quatar, Arabie Saoudite notamment, nos grands alliés démokratiques et tout et tout... On nous a raconté à cette occasion un joli conte, touchant aux larmes, tout droit issu des Mille et Une Nuits ; à savoir que la Chine avait répondu 5 sur 5 aux injonctions de nos brillants alliés US de césser immédiatement tout commerce avec l’Iran. Cette visite était bien la preuve que Pekin ne pensait plus qu’à une chose : se tirer un boulet dans les deux pieds pour nous faire plaisir puisque le déplacement du Premier chinois n’avait d’autre but que de cesser au plus vite tout achat de pétrole iranien pour s’approvisionner en priorité au Quatar, en UAE et en Arabie. D’ailleurs nous dirent ces imbéciles la Chine a déjà commencé à acheter moins de pétrole aux Iraniens depuis le début de l’année.

Quel résultat ! Très impréssionnant !

Manque de chance l’Administration Générale des Douanes chinoises vient de faire savoir que la Chine n’avait jamais autant importé de pétrole iranien que l’année dernière (2011), c’est à dire 30% de plus qu’en 2010, alors que l’augmentation générale des importations de pétrole chinois en 2011 n’a augmenté que de 6,1%... En 2011 la Chine a acheté 557.000 barrils de pétrole par jour à l’Iran, soit pratiquement autant que toute l’Europe...

Hummm...

D’autres imbéciles, où les mêmes, sont en train de se répandre dans la presstitute en clamant que Pekin a prêvu d’acheter moins de pétrole à l’Iran pour les deux premiers mois de l’année ce qui prouverait selon eux que le Royaume du Milieu commencerait à restreindre ses achats à l’Iran. La vérité est que la Chine et l’Iran sont en train de renégocier les prix du pétrole de l’Iran à la Chine pour l’année et que les Chinois espèrent tirer quelques avantages des difficultés iraniennes en faisant pression pour bénéficier de meilleurs prix.

Point barre.

De plus les échanges commerciaux entre les deux pays se sont montés à $ 30 milliards cette année et sont attendus à $ 5à milliards en 2015.

2) L’Inde.

Ce pays a annoncé très clairement qu’il choisissait ses partenaires commerciaux avec qui il voulait et qu’il n’avait aucune raison de se soumettre à des diktats unilatéraux sans aucune légitimité. Ce qui signifie en clair que son commerce avec l’Iran ne sera pas affecté par les simagrées US où européennes.

3) Le Japon

Le Japon n’a pas vraiment montré un empressement délirant aux demandes de Geithner de cesser toutes ses importations de pétrole avec l’Iran qui lui fournit 10% de ses besoins en pétrole. C’est pour cette raison qu’il demande à son allié US des exemptions (comme prêvu dans la loi votée par le Sénat) pour ses importations de pétrole iranien.

4) La Turquie.

"Turkey has said it is not bound by new oil sanctions against Iran."

(Sources : Financial Times – 13 Janvier 2012)

Taner Yildiz, Turkey's energy minister, told reporters that his country did not consider itself covered by the latest EU and US sanctions. He continued that, "At the moment our imports continue and as of today there is no change in our road map."

(Sources : Atimes – 20 Janvier 2012)

5) Corée du Sud

Ce pays n’a montré nul empressement à se tirer une balle dans le pied pour faire plaisir aux USA en se coupant d’une source d’approvisionnement dont elle a un besoin vital comme toute l’Asie. Elle aussi a demandé une exemption aux USA qui ne pourront pas la lui refuser.

Le résultat est que la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud continueront d’acheter du pétrole à l’Iran. Leurs achats conjugués représentent 62% des exportations de pétrole de l’Iran et il est probable que les liens entre l’Asie, l’Iran et les satrapies du Golfe vont se ressérer et se développer à l’avenir comme tendent à le prouver les développements inatttendus de ces derniers jours dont nous reparlerons plus bas.

Bref, tout cela pour dire que ce que les USA et l’Europe nomment la « communauté internationale » ne comporte qu’eux-mêmes et leur allié Israël car on ne peut pas dire que les 120 pays des Non-Alignés et l’ensemble des pays du BRIC fassent partie de ceux qui soutiennent ces sanctions arbitraires, injustifiées et illégales.

Qui isole qui dans l’affaire ?

La fin des petrodollars.

Cette affaire iranienne a des conséquences inattendues qui pourraient déboucher sur des changements considérables d’un point de vue économique et financiers et provoquer un séisme pour les USA.

Pourquoi ?

Un petit retour en arrière est nécéssaire pour comprendre ce qui est en jeu et à quel point il est vital pour les USA qu’il n’y ait pas de remise en cause des sacro-saints petrodollars.

En 1973 Nixon, le Président qui décoréla le dollar de l’or, persuada le Roi d’Arabie-Saoudite de n’accepter comme moyen de payement en échange de son pétrole que le dollar US et d’investir les surplus tirés de la vente de pétrole en Bonds du Trésor US. En contrepartie de quoi les USA s’engageaient à protéger le pays contre tout énnemi exterieur, que ce soit l’Union Sovietique, l’Irak où l’Iran etc... Deux ans plus tard tous les membres de l’OPEC acceptèrent de ne vendre leur pétrole qu’en échange de dollars US et nombre d’entre eux achetèrent des Bonds du Trésor US avec leurs surplus ce qui permit les dépenses de plus en plus extravagantes du gouvernement US jusqu’à aujourd’hui. Car ce système obligea tous les pays du monde important du pétrole à se constituer des résèrves de changes en dollars US afin d’être en mesure de pouvoir acheter du pétrole. Ce qui provoqua à son tour une énorme demande de dollars US qui fortifia le dollar US non pas en raison des performances de l’économie US mais simplement parce que sans dollars on ne pouvait pas acheter de pétrole. Sauf si on en avait soi-même chez soi.

C’est de cette manière que le dollar est devenu à la fois la monnaie de reserve mondiale et que le système des pétrodollars fût créé. Et c’est ce qui finança les dépenses des USA jusqu’à aujourd’hui en permettant notamment de maintenir un coût du pétrole tellement bas pour les américains.

Le premier à avoir tenté de se faire payer son pétrole dans une monnaie autre que le dollar fût Saddam Hussein. Il voulut être payer en Euros dans le cadre du programme « food against oil ». C’était au début des années 2000.

En 2003 il était mort.

Kadhafi voulut créer une monnaie africaine, le dinar-or, et émit l’idée d’être payé dans une autre monnaie que le dollar pour son pétrole.

Amen.

Aujourd’hui les petrodollars sont très sérieusement menacés. Et l’affaire iranienne, montée de toute pièce par les USA et leurs caniches européens au premier rang desquels figurent le brillant Président français, est en train d’accélérer le processus de déconstruction du système pétrodollar si brillament institué par Nixon.

Pourquoi ?

Car les sanctions imposées forcent les Iraniens et leurs partenaires à devenir créatifs pour éviter les sanctions des USA et de l’UE. A cet effet il leur faudra utiliser une autre monnaie que le dollar US. Et c’est ce qu’ils sont en train de mettre au point.

C’est ainsi que l’Inde et l’Iran ont annoncé qu’ils effectueraient leurs échanges en roupees et en rials, tandis que les achats de pétrole où de gaz naturel pourraient même être éffectués en or ! Fût annoncé dans la foulée que la Chine pourrait fort bien faire la même chose de son côté pour ses achats d’hydrocarbure iranien.

Ne serait-ce pas le plus judicieux des échanges : or jaune contre or noir ? Que préféreriez-vous chers lecteurs ? Etre payé en or où en papier, quel que soit son nom ? Nous avons choisi pour notre part sans hésitation.

Mais aujourd’hui, ce qui est encore plus inquiétant pour les USA, c’est que ce sont les soit disant « alliés » indéféctibles qui commencent à fausser compagnie au système des pétrodollars.

En effet lors de la visite du Premier Ministre Chinois Wen Ji Biao la semaine dernière en UAE il fût décidé que les contrats signés entre les deux parties seraient payés en Yuan. Ce qui signifie que le pétrole acheté par la Chine ne serait plus acheté en dollars et que les pays du GCC commencent eux aussi à diversifier tranquillement leurs réserves de cash en réduisant leur exposition à un dollar dont ils ont quelques raisons de douter de sa fiabilité. Le Yuan leur parait une bien meilleure alternative, non seulement en raison de la future appréciation de cette monnaie mais en raison également des liens économiques de cette région avec la Chine qui ne cessent de se renforcer.

Il semblerait que l’Arabie Saoudite à son tour songerait à emboiter le pas aux UAE. Dans une autre perspective cela signifierait-il que les pays du Golfe renoncerait de facto à la protection US ? Ont-ils bien compris que les USA ne sont plus en mesure de les protéger et qu’en conséquence ils n’ont plus à respecter le contrat passé en 1973-1975 ? Il est vrai que les Chinois sont devenus les premiers acheteurs de pétrole saoudiens devant les USA.

Alors ...

Cela illustre une fois de plus la décadence grandissante de l’influence des USA au Moyen-Orient comme dans le reste du monde.

Qui isole qui ?

Si tous ces pays, c’est à dire la véritable communauté internationale, c’est à dire le monde entier à l’exception des USA et de l’Europe, commencent à régler entre eux leurs échanges commerciaux dans leurs monnaies respectives, voire en or, en délaissant le dollar où l’euro, nous pouvons nous demander qui est le plus isolé ?

L’iran où les USA-UE ?

Le reste du monde où les USA-UE ?

Le plus grave pour les USA où l’Europe c’est que plus personne ne voulant de nos monnaies dévaluées, dollars où Euros, celles là même que nos économistes brillants nous vantent à longueur de journées comme la panacée pour nos exportations, nous n’aurons plus les moyens de payer nos importations de matières premières, au premier rang desquelles le pétrole. De plus personne ne viendra plus acheter nos dettes non-remboursables sans lesquelles aucun pays occidental ne peut survivre, à commencer par les USA.

La conclusion c’est que face à nos folies et à notre agréssivité à l’égard de tout pays ne satisfaisant pas nos caprices d’enfants gâtés, le reste du monde s’organise tranquillement tout seul, ce qui réduit sa dépendance à notre égard et lui fait prendre goût à sa nouvelle indépendance.

Nous nous isolons nous-mêmes du reste du monde par nos exactions de plus en plus délirantes au fur et à mesure que la conscience diffuse de notre effondrement se fait jour dans les cervelas dévoyés de nos politiciens décérébrés. Les sanctions contre l’Iran décrétées par les USA puis par l’UE n’ont aucune légitimité, aucune justification et surtout pourraient avoir des conséquences très graves pour ... nous-mêmes puisqu’il semblerait qu’elles aient déjà accéléré le processus engagé depuis quelques temps d’abandon du dollar comme monnaie de réserve internationale et d’abandon du système des pétrodollars.

lundi 2 janvier 2012

Ron Paul où la trompette de Jericho.

Savez-vous, chers lecteurs, comment on décèle le succès ? A l’envie qu’il suscite chez ceux qui n’y ont pas part. Plus le succès prend de l’ampleur plus l’envie se transforme en rage puis en haine. Cette dernière à son tour engendre la calomnie.

Nous sommes donc en droit d’en conclure que Ron Paul est sur le point de remporter la primaire républicaine de l’Iowa le 3 Janvier prochain étant donné que les claomnies les plus sordides ne cèssent plus de s’abattre sur lui depuis quelques jours. En réalité depuis que l’establishment US a pris conscience de l’ampleur du succès de Ron Paul, la bête noire de tout le monde à Washington. Depuis que l’oligarchie US a soudain réalisé avec horreur que Ron Paul avait de plus en plus de chances de remporter non seulemùent la primaire de l’Iowa mais aussi celle du New-Hampshire. Cela pourrait faire de lui le candidat républicain pour la présidentielle de 2012 contre Obama.

Less than a week away, the Iowa caucus is considered a major step in the road to the White House and traditionally plays a large role in how Republicans will advance in the months leading up to Election Day.

(Sources : 27.12.2012 – Russia Today)

Inutile de vus dire, chers lecteurs, que l’establishment US est tout à coup tétanisé à l’idée de voir Ron Paul candidat du parti républicain pour la présidentielle de 2012.

Mais nous n’y sommes pas encore.

Quoi que...

Le sondage PPP du 27 Décembre.

Depuis quelques semaines le candidat Ron Paul, ignoré soigneusement par toute la presstitute comme par les médias audiovisuels depuis des mois, monte dans les sondages. Semaines après semaines, Ron Paul a grimpé les échelons tranquillement juqu’à finir par dépasser tous les autres. Le plus stupéfiant pour tous les pundits de service c’est que son succès non seulement ne s’est pas démenti mais s’amplifie encore à chaque étape et qu’il tient le haut des sondages depuis deux semaines, une première parait-il. Il ne reste désormais plus qu’une minuscule semaine jusqu’au jour J : 3 Janvier. D’après le Public Policy Polling s’il reste en tête des sondages jusqu’à Mardi prochain il sera le gagnant de la primaire républicaine de l’Iowa ce qui généralement donne les meilleures chances pour devenir le futur candidat républicain à la présidentielle.

Le sondage nous confirme donc la position dominante de Ron Paul (24%) sur tous les autres candidats, notamment son principal conccurents Mittt Romney (20%) et Newt Gingrich (13%). Le plus interessant est que Ron Paul reste largement pébliscité :

- par la classe d’âge s’étendant de 18 ans à 29 ans (37 % contre 8 % pour Romney) et de 30 à 45 ans (34 % contre 13 % pour Romney) ;

- par ceux que la question des dettes de l’état fédéral et de la réduction de son déficit permanent préoccupent le plus (30 % contre 18 % pour Romney) ;

- par ceux que la politique étrangère préoccupe le plus, c’est à dire la guerre permanente et les dépenses ruineuses que cela engendre (31 % contre 21 % pour Rick Santorum).

Ces résultats nous indiquent donc, où plutôt nous confirment, que Ron Paul est en phase avec une majorité de plus en plus grande d’Amériains, plutôt jeunes donc, qui se préoccupent de moins en moins du grand parti bicéphal imposé et contrôlé par l’oligarchie.

Car l’originalité du candidat Ron Paul est bien qu’il attire à la fois des individus sans affiliation mais aussi des démocrates comme des républicains, blancs, noirs où hispaniques.

The fact that roughly half of Paul’s primary supporters are Democrats or independents is probably an asset in selling his general election viability, which his fellow Republicans have frequently called into question. In a recent CNN survey that polled hypothetical head-to-heads between Obama and Paul, Mitt Romney, Rick Perry, Michele Bachmann and Newt Gingrich respectively, Paul tied Romney in performing best against the President in large part because he outperformed all the other GOP candidates among Democrats, independents, 18- to 34-year-olds and non-white voters.

(Sources : 27.12.2012 – Timeswampland)

Certains pundits tentent de refroidir notre enthousiasme en nous rappelant que « les jeunes » sont un éléctorat difficile à faire venir aux urnes et qu’il arrive souvent que les jeunes sondés ne se déplacent pas pour voter lors des primaires.

C’est possible. Mais c’est pourtant ce qui est arrivé avec Obama. Or aujourd’hui ces jeunes électeurs qui avaient voté pour « l’ex sauveur de l’humanité » ont compris leur erreur, et ce d’autant plus que la situation s’est dramatiquement détériorée depuis 4 ans : celle du pays et la leur puisqu’ils sont particulièrement touchés par le chômage. Nous ne parlerons pas bien entendu des promesses innombrables jetées aux orties, des guerres poursuivies dans la bonne tradition de Busch jr, de l’effroyable réduction des libertés individuelles aux USA sous le régime Obama, des sommes monstueueses accordées à ses bailleurs de campagnes électorales (Wall Street et compagnie) etc...

Il nous parait donc bien possible, au contraire, que ces « jeunes » désabusés par le parti bicéphale ne se présentent à la porte de Ron Paul lors des élections présidentielles.

Ron Paul rassemble tous les véritables opposants à l’establishment.

Comme nous vous l’avions déjà écrit à plusieurs reprises le clivage Républicain / Démocrate a tendance à s’éffacer de plus en plus dans le chef de nombre d’Américains, particulièrement la tranche d’âge des 18-45 ans.

C’est en tenant compte de cette évolution des mentalitées que nous avions soulevé la possibilité d’une réunion des adhérents du Tea Party et de Occupy Wall Street. Non pas tous bien évidemment mais une bonne partie au moins. En réalité ceux dont le ressentiment à l’égard de l’establishment washingtonien est le plus fort, c’est-à-dire ceux qui ont définitivement intégré l’idée que le parti démocrate et le parti républicain constituaient un seul et même parti sous deux étiquettes différentes pour amuser la galerie et donner au système un semblant de crédibilité. Ceux-ci donc, venant à la fois d’Occupy Wall Street et du Tea Party seront suceptibles de se rassembler sous la banière de Ron Paul.

Nous pensons que la banière du libertarien servira de plus en plus à définir la frontière entre les deux nouveaux camps politiques qui se déssinent aux USA et dont la confrontation risque de devenir le sous-jacent de toute la vie politique aux USA dans le futur proche. L’un des deux sera écrasé d’une manière où d’une autre et il est probable que la violence pourrait être au rendez-vous pour régler la question. Mais il en va de l’avenir de l’entité connue actuellement sous le nom des Etats-Unis d’Amérique.

Bien entendu nous ne doutons pas que la majorté du Tea Party dont Ron Paul est à l’origne ne soient des adhérents naturels de la « Ron Paul revolution ». En revanche ceux des républicains ayant tenté de rallier le mouvement au parti resteront ses opposants. Mais la ligne de fracture est d’ores et déjà établie entre eux.

En revanche l’adhésion de la dite « gauche » US est plus problématique. Nous pouvons déceler dés aujourd’hui une fissure au sein de cette tendance politique qui va se transformer en cassure véritable au fur et à mesure que la campagne électorale prendra de l’ampleur. Et comme déjà souligné cette « cassure » constituera la ligne de démarcation entre les véritables « révolutionnaires » et ceux pour qui tout cela n’est en vérité qu’une mascarade puisqu’ils restent accrochés aux anciens schémas politiques aujourd’hui dépasssés. C’est-à-dire aux règles définies par l’establishment puisqu’ils en font partie en dépit de leurs pitreries.

Raisons de l’adhésion d’un américain de « gauche », dit « progressiste », à Ron Paul.

A cet égard l’article de Dave Lindoff sur Ron Paul nous parait remarquablement exemplaire. Il montre très clairement comment et pourquoi quelqu’un dit de « gauche » comme Dave Lindoff a tiré un trait définitif sur les anciens schémas politiques en comprenant l’imposture qu’a représenté l’ex sauveur de l’humanité pour lequel ils avaient pourtant voté. Leur rancune et leur décéption envers ce dernier les ferait désormais voter plus facilement pour Ron Paul que pour Obama, malgré leur opposition aux vues économiques et sociales du premier, au cas où les deux se retrouveraient l’un contre l’autre pour la présidentielle.

Why? Because with President Obama we would get more war, increased military spending, and at the rate he’s been going stripping away our Constitutional rights, there wouldn’t be any of those after another four years. We would also be electing someone who we now know lies through his teeth, who takes money from some of the biggest corporate thieves in human history, and who has appointed some of those very criminals to most or all of the key economic policy positions in his administration.

With Ron Paul as president, at least we’d be done with all the wars, the people of the rest of the world would be finally free of US military interference, including attacks by US drones. The long-suffering Constitution and its Bill of Rights would mean something again. We might even get a Supreme Court justice or two who actually believed that Congress should declare any future wars before we could fight them, and that citizens who were arrested had an absolute right to a speedy trial by a jury of peers. And we’d be electing someone who appears, especially for a politician, to be that rare thing: an honest man who says what he means and means what he says — and who doesn’t seem to be owned by the banksters. (souligné par nous)

We’d have a hell of a fight on our hands in a Ron Paul presidency, defending Social Security and Medicare, promoting economic equality, fighting climate change and pollution, defending abortion rights and maybe fighting a resurgence of Jim Crow in some parts of the country, but at least we wouldn’t have to worry about being spied upon, beaten and arrested and then perhaps shipped off to Guantanamo for doing it.

(Sources : Counterpunch – 27.12.2011 - Dave Lindoff)

Nous pouvons retenir des lignes ci-dessus que le thème de la guerre perpetuelle, des dépenses monstrueues qu’elle entraine et de la ruine du pays qu’elle a provoqué, ainsi que la question de plus en plus préoccupante de la liberté des américains qui se restreint comme une peau de chagrin sont les deux principaux motifs d’un vote pour Ron Paul de la part d’un américain dit de « gauche ». Il est vrai que dans ces deux domaines, sans parler des autres, les actions de l’ex sauveur de l’humanité furent pire que celles de Busch.

Un autre américain « progressiste » éminent, Robert Scheer, attaque ceux de son camp qui dénigre Ron Paul en dépit du fait qu’il soit le seul candidat qui parle ouvertement de tous les problèmes véritables qui minent le pays et dont aucun autre n’évoque même en passant puisqu’ils font tous parti du dit establishment.

Tous sauf Ron Paul.

Paul is being denigrated as a presidential contender even though on the vital issues of the economy, war and peace, and civil liberties, he has made the most sense of the Republican candidates. And by what standard of logic is it “claptrap” for Paul to attempt to hold the Fed accountable for its destructive policies? That’s the giveaway reference to the raw nerve that his favorable prospects in the Iowa caucuses have exposed. Too much anti-Wall Street populism in the heartland can be a truly scary thing to the intellectual parasites residing in the belly of the beast that controls American capitalism. .

(Sources : Truthdig – Robert Scheer – 29.12.2012)

Donc les « progressistes » qui rallieront Ron Paul seront désormais les seuls individus véritablement anti-système et anti-establishment. Les autres, c’est-à-dire ceux qui voteront pour l‘ex sauveur de l’humanité en dépit du bilan catastrophique de ce dernier sur les questions essentielles de la liberté individuelle, de la guerre et de l’économie (au travers de ces liens avec Wall Street), seront reconnus pour ce qu’ils sont : des parasites membres de l’establishment.

Ron Paul est donc en train de devenir dans la conscience de plus en plus d’américans de tous horizons l’unique représentant d’une opposition au système. Et nous parions que cette prise de conscience va s’accelerer au fur et à mesure de l’approfondissement de la crise et des réactions de plus en plus hargneuses, voire violentes envers Ron Paul lui-même comme envers ceux qui s’opposent au système ainsi que les participants d’Occupy Wall Street ont pu en faire l’experience récemment.

Et l’Iowa alors ?

Pourtant, et en dépit des sondages, ne nous montrons pas trop optimistes, chers lecteurs, sachons garder notre pessimisme de bon aloi, où plutôt notre pessismisme méthodologique. Car n’oublions pas combien le système électoral est truqué au pays de la liberté. A ce sujet notre éstimé collègue de dedefensa résume bien la situation et ce qu’il faut penser de cette question du caucus de l’Iowa qu’il serait sage d’aborder sans trop d’illusions :

D’une façon générale, les derniers sondages laissent percevoir un certain tassement de l’avance de Ron Paul et une position soudainement renforcée de Mitt Romney (Gingrich s’effondrant, par ailleurs), – Paul rétrogradant à la deuxième place (21%) derrière Romney (23%) dans un sondage Rasmussen. On ignore ce que signifient ces derniers sondages, puisqu’on ne sait exactement sur quelle catégorie d’électeurs ils portent : sur les seuls républicains, chez qui Ron Paul n’a pas une position écrasante, ou bien chez les républicains avec les démocrates et les indépendants qui s’inscriraient pour ce caucus républicain, comme ils en ont le droit, et qui soutiennent Ron Paul. L’extraordinaire complexité du système de pré-sélection (primaires) US permet toutes les manœuvres et toutes les interprétations. Le vote lui-même sera soumis aux interrogations sur son dépouillement, contrôlé par le parti républicain et effectué par des firmes privées souvent douteuse (pour l'exemple : l’une liée à l’industrie d’armement israélienne). Au reste, des manœuvres ont lieu pour tenter de restreindre l’accès aux votes des primaires de certaines catégories sociales, les minorités ethniques, les plus jeunes et les plus vieux, – notamment par la nécessité nouvelle de présenter une carte d’identité, qui n’est pas obligatoire aux USA, et qui est très peu répandue dans ces catégories sociales. (Paradoxe de Ron Paul, partout dénoncé dans les milieux-Système comme raciste : la crainte que des minorités, notamment de couleur, viennent le soutenir dans les primaires républicaines.)

(Sources – www.dedefensa.org – 31.12.2012)

Nous pouvons donc raisonnablement penser que le résultat du caucus ne donnera pas Ron Paul gagnant. Nous devrons nous contenter de la seconde place avec lui.

C’est alors qu’il risquerait de se lancer dans la présidentielle en indépendant, ce qui constitue l’option cauchemardesque des stratèges républicains car cela ferait perdre à coup sûr leur candidat face à Ron Paul où à Obama. Car c’est en effet dans ce cas que Ron Paul aurait le plus de chances de remporter l’éléction face à un Obama aussi discrédité, à juste titre, que Carter en son temps. Il serait en effet en mesure de recueillir nombre de voix démocrates qui ne voudraient plus de l’ex sauveur de l’humanité comme les votes des indépendants, des minorités etc qui sans cela trouveraient difficile de voter pour un candidat républicain.

L’impasse politique US.

Alors quoi pourrez-vous nous demander ?

Si donc Ron Paul ne remporte pas le caucus de l’Iowa et s’il n’est pas le candidat républicain à la Présidentielle, en quoi pourrait-il devenir celui par qui la revolution arrivera, si elle arrive jamais ?

Eh bien nous croyons d’abord qu’elle arrivera d’une manière où d’une autre ; nous ne savons bien évidemment pas sous quelle forme cela se produira : révolution légale où illégale, pacifique où violente, controlée où incontrolée, volontaire où involontaire etc... En revanche nous persistons à penser que ces bouleversements à venir qui affecteront les USA passeront par Ron Paul ; en vérité nous pensons que cette revolution n’est pas « à venir » mais qu’elle est en train de se produire sous nos yeux. Car pour qu’une révolution dans la rue puisse avoir lieu il faut d’abord que les psychologies ait subi la révolution en question. C’est exactement ce qui est en train de se produire sous nos yeux aux USA.

Selon nous Ron Paul, qu’il soit candidat Républicain où Indépendant, qu’il soit en lice où non pour la présidentielle, Ron Paul, du simple fait qu’il soit devenu la seule alternative crédible pour tous les opposants véritables au système en place est devenu une menace mortelle pour le régime. Car, comme déjà dit, et qu’il le veuille où non, il est en train de devenir le point de rassemblement de tous les opposants venant de tous les horizons politiques aux USA. Et une fois encore nous parions sur le fait que la tendance va s’accélérer car la situation va empirer dramatiquement au cours de l’année qui vient ce qui augmentera d’autant la colère comme le désespoir ambiants. Ce qui bénéficiera à Ron Paul car il n’y aura plus rien à perdre dans le chef des électeurs. Et puis il n’y a aucune autre alternative légale possible.

Ron Paul où l’équation indépassable.

Pour le régime la simple existence de Ron Paul est donc devenue une question cornélienne car quel que soit le cas de figure, Ron Paul, de par sa seule existence, a déjà cassé toute la mécanique politique du pays. Avec le temps, son image véridique de seul homme politique honnête et constant dans ses prinicipes, an honest man who says what he means and means what he says — and who doesn’t seem to be owned by the banksters (Dave Lindoff), cette image commence à ressortir de plus en plus brillamment dans le firmamament politique états-uniens. Ron Paul est devenu la seule étoile dans un ciel de plus en plus noir. Le plus ironique de la chose c’est que plus il subit d’attaques de la part de l’establishment (de gauche comme de droite), de plus en plus basses et inconsistantes qui ne font que reflèter sa panique, plus la popularité du libertarien grandit. Les américains finiront par ne plus voir que lui, c’est à dire le seul espoir de sortir de l’impasse dans laquelle se trouve le pays d’une manière légale.

Nous pensons que ce mouvement ne s’arretera plus et qu’il provoquera la destruction du régime, que ce soit par le biais d’une troisième candidature où non, avec Ron Paul où sans lui. Car, oui, nous n’excluons pas du tout la possible (probable ?) liquidation physique de Ron Paul lui-même au cas où celui-ci parviendrait au poste suprême, où même avant si la situation apparaissait soudain perdue pour certains membres de l’establishment. Mais son assassinat éventuel ne résoudrait rien ses opposants. Bien au contraire cela pourrait mettre le feu aux poudres et précipiter la chute du système.

La trompette de Jericho.

C’est pourquoi les résultats des primaires de demain en Iowa n’auront au fond que peu d’importance dans une perspective large de la situation et de son évolution. Car désormais, quoi qu’il se passe, que Ron Paul devienne Président où qu’il disparaisse prématurément, les dés sont jetés ; le système est en passe d’imploser et Ron Paul restera comme celui qui a montré aux américains qu’il était possible de sortir du système qui les oppresse.

Ron Paul est le joueur de trompette qui a fait s’effriter les murailles du système en dénonçant ses tares au grand jour.

Le mal est fait, le roi est nu.

Ron Paul a fait son travail.

Désormais advienne que pourra, avec où sans lui.

mercredi 14 décembre 2011

Défaite historique des USA aux legislatives russes.

Quel pays merveilleux !

Un pays où les électeurs n’ont le choix qu’entre deux branches du même parti depuis plus de cent ans ; un pays où le Président n’est pas élu au suffrage universel ; un pays où les citoyens peuvent être arrêtés par l’armée sans être déféré à un tribunal jusqu’à la fin de leur vie ; un pays dont le Président peut ordonner l’assassinat officiel de ses propres citoyens sans avoir à fournir de justification ; un pays où la ploutocratie qui tient le gouvernement dans sa main échappe à toute justice tout en ruinant la population par ces actes financiers criminels ; un pays qui tient ses propres citoyens dans les mailles d’un réseau de surveillance inégalé etc... Bref un pays qui représente la lumière de l’univers, la perfection achevée en matière de justice sociale : 45 millions de ces habitants survivent uniquement grâce à des bonds d’alimentation. Une démokratie comme on les aime tant, si généreuse qu’elle n’hésite pas à réduire en cendre toute nation qui ne rentrerait pas strictement dans ce cadre scintillant à seule fin de leur imposer ce modèle immaculé qui fait la fierté de Cochon sur Terre, permettant ainsi aux habitants qui n’ont pas été massacré par ces « guerres de libération » d’en profiter joyeusement dans une indigence inconnue d’eux jusqu’alors.

Quel est ce pays, chers lecteurs ?

Nous vous laissons deviner pour émigrer au plus vite vers ces rivages de rêve.

Tata Hillary est une voyante extraordinaire !

En attendant la Clique des Vertueux Innocents (CVI : voir la définition), c’est à dire le gouvernement du pays dont nous parlions plus haut, a fait entendre de la voix ces derniers jours par l’intermédiaire de sa très digne représentante : sonnez tromblons, nous avons nommé l’inéffable Tata Hilary. En effet cette très digne Représentante du Bien sur Terre (RBT) a fait part de ses sentiments sur l’issue des élections législatives russes. Ceci dit nous invitons nos chers lecteurs à noter avec ravissement au passage que Tata Hillary est dotée d’un don que nous ne lui connaissions pas encore, parmi tous les autres bien entendu ; Tata Hillary a révélé au monde entier lundi dernier à Bonn qu’elle était dotée d’un don de voyance extraordinaire.

Elle annonça qu’elle était : "worried" about the conduct of the ballot and "Russian people, like people everywhere deserve the right to have their voices heard and their votes counted"

C’était donc Lundi. Or ce jour là elle était la seule au monde à connaitre à l’avance les résultats des élections législatives russes puisque les résultats officiels ne furent pas dévoilés avant le Mercredi suivant.

Quelle chance ils ont ces américains tout de même d’être dirigés par des êtres si extraordinaires !

Et ce d’autant plus que le lendemain, à Vilnius cette fois, elle en remit une tartine en faisant à nouveau part de ses inquiétudes sur le déroulement des législatives russes alors que le Kremlin lui-même ne fût pas au courant des résultats complets et définitifs avant le lendemain. Mais Tata Hillary converse avec les dieux chaque nuit ce qui n’est pas le cas de Vladimir Putin. D’ailleurs ce dernier, à en juger par les attaques incessantes et immondes dont il fit l’objet ces dernières semaines de la part de la presstitute aux ordres de Washington (particulièrement Radio Free Europe), devrait plutôt être rangé dans la catégorie de ces êtres sataniques dont les RBT se sont chargés de nous défendre sans qu’on nous ait demandé notre avis.

Le résultat des élections.

Le résultat des élections fut donc connus Mercredi, c’est à dire après que Tata Hilary ne fassse part de ses « inquiètudes » sur les dits résultats et la manière dont ils furent obtenus.

Quels furent ces résultats ?

- Russie-Unie, le parti au pouvoir a obtenu 49,3 % des voix contre 64 % en 2007

- Le Parti Communiste a obtenu 19,2 % contre 11,5% en 2007

- Le Parti Russie Juste (Gauche, nationaliste et étatiste) a obtenu 13% contre 7,8% en 2007

- Le Parti Ultranationaliste Libéral-démocrate a obtenu 7,8% comme en 2007 à peu près

- L’opposition « de droite et libérale » ; Iabloko 3,9% et Juste Cause 0,59%.

La première chose qui nous saute à la figure c’est que le parti au pouvoir a perdu des voix. Non seulement il a perdu des voix mais il en a perdu beaucoup passant de 64 % à 49,3 %. Entre parenthèse cela remet légèrement en cause les accusations US sur la nature du régime russe, soit disant un régime sans liberté, un régime autoritaire type Union Sovietique et bla bla bla... Dans un régime de ce genre, à notre connaissance, le pouvoir en place ne perd JAMAIS les élections ; bien au contraire il a plutôt l’habitude de les gagner avec 95 % des voix.

Un peu comme le Sénat US vota la semaine dernière la suppression du droit d’habeas corpus avec 97 voix contre 3. Où bien comme ce grand allié des USA, aux moeurs si démokratiques et plaisantes, nous voulons nommer l’Arabie Saoudite où il n’y a même pas besoin d’élections puisque le support populaire est assuré à 120 % des voix au moins en permanence par la police politique où religieuse, au choix. Où encore comme en Egypte lorsque l’ex « presque membre de la famille » de Tata Hillary (comme elle le déclara lors d’une visite d’état du Président Moubarak aux USA) était au pouvoir en Egypte où il gagnait démokratiquement les élections avec 90 % des voix où peu s’en faut.

Il est très étonnant que nous n’ayons jamais entendu le quart du tiers des inquiétudes de Tata Hillary « about the conduct of the ballot » dans tous ces régimes alliés et respectant avec tant de passion notre fameuse démokraties.

Bref passons.

En attendant les Russes rejettent le modèle occidental.

Donc en Russie, où sévit une dictature atroce, sans aucune liberté, le parti au pouvoir a quasiment perdu la majorité tandis que les partis d’opposition ont gagné à mesure, principalement les communistes et Russie Juste qui à eux deux ont 43 % des voix.

En revanche les partis dits de « droite libérale » se sont pris une claque monumentale. Ce qui est fort distrayant c’est que ce sont précisément ces partis que les Américains esperaient voir prendre de l’importance dans la vie politique du pays. Des partis qui pronaient le modèle de « développement » occidental, où plutôt US pour être plus précis. C’est à dire ce modèle qui fût précisément celui que les hordes de conseillers US « libéraux » de Eltsine tentèrent d’imposer à la Russie dans les années 90 et qui faillit non seulement détruire le pays mais aussi à le destabiliser suffisamment, voire le morceler, pour l’épuiser à jamais et le mettre complètement sous la coupe des anglo-saxons ce qui leur aurait permis de mettre la main sur ses réserves minières. C’était sans compter sur Vladimir Poutine. C’est lui qui parvint à mettre fin à tout cela ; c’est lui remit au pas les oligarques ; c’est lui qui réimposa la prééminence de l’Etat ; bref c’est lui qui sauva la Russie. Ce faisant il s’attira la haine des Anglo-Saxons.

Pourtant l’ironie des élections russes c’est bien qu’elles montrent un rejet virulent du soit disant modèle occidental, où plus précisément US et libéral. Les russes ont de la mémoire et se souviennent de ce qu’ils ont enduré au cours de la décennie des années 1990. Ce qui signifie que les espoirs US de circonvenir le pays à travers ces partis dits de droite libérale ont totalement échoué malgré leur soutien « moral » et financier : 4,5 % des voix., quel succès ! Il faut préciser que les USA ne pensaient probablement pas que ces partis parviendraient au pouvoir mais se renforceraient suffisamment pour gêner Poutine et limiter sa conduite des affaires en créant des divisions importantes dans la société russe. D’où également le rôle de ces ONG qui sont financées par le Département d’Etat et affiliés et qui ont pour but de semer des ferments de discorde dans le pays afin d’affaiblir la position de ce dernier sur la scène international. Le récent scandale de 60 megabytes de correspondance via email de l’ONG Golos publié Vendredi dernier par Life News met en lumière le rôle des USA dans le financement de cette ONG, supposée indépendante, en vue d’atteindre des objectifs on ne peut plus précis (Ici).

Le problème n’est pas les élections mais Poutine.

Le véritable problème ce ne sont pas les élections et leur résultat mais bel et bien Poutine, où plutôt sa réélection en Mars prochain, raison pour laquelle les USA font tout pour le déconsidérer et affaiblir ses chances de se faire réélire.

Stratégie non seulement stupide mais suicidaire puisqu’il ne fait pratiquement aucun doute que Poutine sera réélu haut la main en Mars étant donné sa popularité face à laquelle n’importe quel politicien occidental pourrait baver d’envie. Et ce d’autant plus si l’on considère que Poutine est aux commandes du pays depuis 1999 sans interruption, que ce soit en tant que Président où Premier Ministre.

Où en sont Obama, Sarkozy et compagnie au bout de leur premier mandat ?

Les Américains craignent une réélection de Poutine. Ils redoutent ses projets de politique étrangère qui tendent tous à contrer les fantasmes US de domination en Asie Centrale à travers leur projet « new silk road », sans compter leur tentative de remodelage du Moyen-Orien à leur profit.

Ils savent qu’avec Poutine ils auront en face d’eux un homme aux idées claires et bien arrêtées dotée d’une vision stratégique à long terme (on n’est pas joueur d’échec pour rien). C’est ainsi que la politique de Poutine d’alliance stratégique avec la Chine, passant par un renforcement des liens économiques entre les deux pays ainsi que la haute estime que les dirigeants chinois ont pour lui alimentent la paranoïa aigüe et la crainte de l’oligarchie US de voir se former une alliance solide entre les deux pays, ce qui signerait l’arrêt de mort de leurs projets megalomaniaques. Récemment s’est ajouté à cela, comme pour démontrer les fondements des craintes US, la récente opposition déterminée et conjointe des Russes et des Chinois à toute opération militaire étrangère en Syrie de style Libye, comme le montre l’envoi du porte-avion Amiral Kouznetzow en Syrie ainsi que la livraison à ce dernier pays de batterie côtière anti-misssile. La cerise sur le gâteau fût l’annonce des consultations que Poutine a annoncé entre la Russie, la Chine et l’Iran en Janvier 2012 sur l’affaire du fameux bouclier anti-missile. tout cela n’est pas fait pour plaire à l’Empire et à ses dirigeants.

Car les Empires n’aiment pas qu’on leur résiste même lorsque cela se fait démokratiquement.

Manifestations

Depuis quelques jours nos médias de désinformation ne cessent de se réjouir des manifestations « monstres » (25.000 participants à Moscou et 7.000 à Saint Petersbourg) qui ont eu lieu en Russie, en réalité éssentiellement à Moscou et Saint Petersbourg. On nous désinforme, apparemment avec gourmandise, en nous annonçant la fin de Poutine et de son gouvernement dictatorial et bal bla bla, sans parler des équivalence avec Tahrir Square bien évidemment.

Toute cette mélasse médiatique occulte le fait que les principaux partis d’opposition, les Communistes et Russie Juste qui ont obtenu 43 % des voix à eux deux, n’ont absolument pas remis en cause les résultats des élections et n’ont même pas participé aux manifestations à l’exception de quelques membres de Russie Juste. Ces deux là se sont dit prêts à renoncer à leur siège si d’autres élections avaient lieu, ce qui ne leur fait courir aucun risque puisque tout le monde sait que cela ne peut pas arriver.

Curieuse coïncidence : c’est le parti « Iabloko » qui s’est fait le plus remarquer dans ces manifestations, brandissant drapeaux et slogans, probablement pour prouver au monde qu’il existe, ce que les élections ont démenti cruellement puisqu’il n’a obtenu que 3,9 % des voix et aucun élu à la Douma. Ce qui est plus amusant c’est que c’est ce même parti que le Departement d’Etat US avait « aidé », « favorisé » etc, y compris financièrement. Mais comme nous l’avons souligné les Russes ont rejeté le modèle occidental et avec celui-ci ses représentants russes, c’est à dire le Parti Iakoblo, anéanti aux élections.

Le plus ironique de l’histoire c’est que de nombreux observateurs, y compris étrangers mais sans être à la solde des USA, pensent que ces évenenments seront tout à l’avantage de Poutine :

Par ailleurs, les manifestations de samedi dernier qui se sont tenues dans un grand nombre de villes en Russie, profiteront principalement à Vladimir Poutine, estime Alexeï Moukhine.

"Le premier ministre Poutine a été le principal bénéficiaire, estime l’expert. D’une part, il a pris ses distances par rapport à Russie Unie aux élections, et d’autre part il a salué la forme civilisée de l’expression de la protestation. Cela devrait avoir un impact positif pour sa campagne présidentielle".

(Sources : RIA Novosti – 13.12.2011 – Alexei Moukhine)

L’ambassadeur Bhadrakumar résume bien toute l’affaire :

Today’s demo in Russia turned out to be disappointing for the western media. The Guardian’s Live Update shows it. Moscow had the biggest rally - 25000 protestors, followed by St. Petersburg with 7000. In the provinces, there were minor protests in few dozens or hundreds. The establishment did well allowing free play. No ‘authoritarian tendencies’.

In sum, there ain’t going to be a revolution in Russia. The ‘protest votes’ have gone to the communist party and good communists don’t take to barricades via Facebook. As someone put it, revolution in Russia already took place 20 years ago and no one wants to bring down the house they built painstakingly since then with much suffering and fortitude.

The protest is all about ‘course correction’. The biggest outcome is that Russian leaders have become ‘cool’ about noisy democracy; as president Dmitry Medvedev put it, protests are after all a ‘manifestation of democracy’. Now, fasten seat belts, as Putin hits the campaign trail.

(Sources : Amb. Bhadrakumar – 10.12.2011)

« Now fasten seat belts, as Putin hits the campaign trail ». Cela rejoint l’idée émise par Alexeï Moukhine. Et nous pensons que Poutine va surfer sur cette vague de rejet de l’Occident au cours de sa campagne ce qui lui permettra de faire d’une pierre deux coups : faire mouche sur le plan intérieur en mettant en exergue les valeurs nationales russes, renforcer ainsi l'unité du pays (c'est à dire l'exact opposé de ce que veulent les USA) et permettant de ce fait une politique étrangère forte et cohérente permettant ainsi une opposition ferme et structurée aux agissements mégalomaniaques des USA qui mettent en danger la paix du monde.

Et l’on peut être assuré que ce message sera reçu cinq sur cinq non seulement par les Russes mais par les autres gouvernements d’Asie Centrale.

Car la résistance grandit.

Il nous semble en effet que la résistance à l’Empire et à ses fantasmes de remodelage du Moyen-Orient et de domination en Asie Centrale, il nous semble donc que l’opposition à ce projet US grandit sur tous les fronts.

L’affaire libyenne a servi de « wake up call » brutal pour un grand nombre d’acteurs majeurs sur la scène internationale qui se sentent désormais menacés par la folie agressive des Occidentaux. Ils ont surtout compris que ce n’étaient pas des partenaires en qui on pouvait faire confiance :

- les Russes ont le sentiment, juste, de s’être fait « avoir » dans l’affaire libyenne au cours de laquelle les Occidentaux ont tranquillement renié tous leurs engagements internationaux sans se rendre compte que ce faisant ils sapaient définitivement leur crédibilité et leur parole aux yeux des autres ;

- la Chine bien sûr, surtout après la tournée de l’ex sauveur de l’humanité dans le Pacifique qui avait pour but avoué de l’encercler et de l’isoler ;

- le Pakistan qui semble avoir enfin compris combien ses intérêts sont en opposition à ceux de l’Empire en Aise Centrale et particulièrement en Afghanistan ; combien aussi l’Empire fait peu de cas de ces « alliés » lorsque ces derniers perdent tout intérêt stratégique pour lui ;

- l’Iran bien entendu qui est menacée d’anéantissement à peu près chaque jour de la semaine ;

- l’Inde à son tour semble réaliser que la présence indéfinie des troupes US en Afghanistan pourrait ne pas lui être si bénéfique que cela après tout ; évolution à suivre attentivement.

- la Ligue Arabe a une attitude soudain plus mesurée depuis quelques jours vis à vis d’une intervention occidentale en Syrie où l’anarchie et la guerre civile menacent avant même une hypothétique intervention de l’Otan ; en effet les différente factions de l’opposition, armées et entrainées par les occidentaux, les turcs et les saoudiens ne sont même pas capables de s’entendre entre elles sur leurs objectifs.

Bref nous pourrions citer encore d’autres exemples mais l’essentiel est de montrer que l’opposition à l’expansion de l’anarchie crée par les interventions sauvages et unilateralistes de l’Occident existe et se renforce mais qu’elle manque encore de structure.

Or les projets russes, notamment sous l’impulsion de Poutine, tendent à combler ce manque d’opposition coordonnée et structurée à expansionnisme belligérant US en Asie Centrale, que ce soit à travers l’OCS où encore avec le projet poutinien d’Union Eurasienne. A noter que la Russie et la Chine ont décidé d’accélérer le processus d’intégration du Pakistan et de l’Inde dans l’OSC lors du dernier sommet de cette organisation à Saint Petersbourg en Novembre dernier afin que ces derniers en deviennent membres à part entière dés le prochain sommet de l’OSC dont l’hôte sera la Chine. Ces initiatives ont pour but de faire pièce au projet US « New silk road » qui a pour objectif d’assurer l’hégémonie occidentale sur l’Asie Centrale et ses richesses minières, projet dans lequel l’Afghanistan est une pièce essentielle. D’où la volonté US d’y maintenir des troupes en dépit des protestations d’Obama et compagnie. Mais cette présence US en Afghanistan devient de plus en plus compromise, notamment en raison de la détérioration extrême et rapide des relations USA-Pakistan.

Là aussi affaire à suivre attentivement.

Les grands perdants des législatives sont les USA.

Pour conclure les élections legislatives russes ne furent pas perdues pour Poutine ni pour Russie Unie. Car il faut les remettre en perspêctive. En effet Vladimir Poutine est au pouvoir depuis 1999 sans interruption, soit en tant que Premier Ministre soit en tant que Président.

Le parti Russie Unie détient la majorité à la Douma depuis 2003.

Or cette année là il obtint 37,1 % des voix.

En 2007, année exceptionnelle, il obtint 64 % voix.

Aujourd’hui il « retombe » à 49,3 %.

Au bout de pratiquement dix ans de pouvoir et une crise sur les bras ce n’est pas si mal.

Alors on oui dira que ces élections furent entachées de malversations...

Mais jusqu’à quel point ?

Un sondage réalisé les 19 et 20 Novembre dernier donna les résultats suivants (ici) :

Russie Unie : 48,27 %

Communistes : 20,3 %

Russie Juste : 12 %

Libéraux-Démocrates : 15 %

Si on les compare avec les résultats des élections on peut voir qu’ils sont extrêmement proches et que les malversations qui eurent lieu au cours de ce scrutin ne furent certainement pas en mesure d’influencer de façon décisive l’issue de ces élections. De plus notons que les quatre partis cités plus haut et qui représentent plus de 90 % des voix ne participèrent pas aux manifestations et ne remettent pas en cause ces résultats. Seuls le petit parti Iaklobo, soutenu par les USA et affiliés, et qui ne fût gratifié que de 3,9 % des voix défila Samedi dernier avec banderoles et compagnie.

Pour se prouver son existence probablement. Et pour justifier des fonds reçus auprès de ses maîtres étrangers.

En attendant nous pouvons parier que les résultats de ces élections legislatives n’auront aucune incidence sur l’issue de la présidentielle de Mars 2012 qui enverra Poutine à la Présidence de la Fédération de Russie.

Et c’est pour cette raison que les grands perdants des élections sont les USA.

mardi 30 août 2011

Libye : Gadaffi avait raison !

Qu’il est doux le mois d’Août lorsqu’il s’achève par un goût de victoire si mérité.
"Nous avons libéré la Libye" !
Comme nous nous réjouissons tous d’avoir ainsi libéré les six millions de Libyens de l’emprise de l’horrible tyran, à côté duquel Saddam Hussein n’était qu’un enfant de choeur !
Comme nous fumes tous saisis d’une émotion incontrôlable à l’annonce de la libération de Tripoli par nos « protégés », ces rebelles que l’on connaît si bien et qui, pour le moment, nous sont si reconnaissant pour notre inconditionnel soutien moral dans leur combat pour la liberté (uniquement moral bien entendu puisque nous avions l’impératif devoir de respecter à la lettre la résolution de l’ONU bien connue)... Cet appui moral si pur qui reflète si bien la transparence immaculée de notre générosité libérée de tout attente d’une quelconque récompense en retour ; non, ce n’est pas tout à fait exact : nous ne désirons qu’être aimés ; en ce qui concerne l’eau fraîche c’est une autre histoire dont nous reparlerons plus bas.

Oui, décidément, chers lecteurs, nous sommes des gens admirables, nous ne cessons de vous le dire, mais en voici une preuve de plus, s’il en était encore besoin. Nous pouvons vraiment être fiers de nous (oui nous le sommes déjà, nous le savons, mais voici une occasion unique d’augmenter encore le stock de fierté que nous éprouvons déjà pour nous-mêmes).

Désormais les jeux semblent être faits (enfin selon la propagande officielle).
La Libye, parait-il, est libérée pour de bon de notre ex-allié aujourd’hui requalifié de tyran par tous ceux qui, hier encore, le recevaient chez eux où se rendaient chez lui avec transport, ceux-là même qui désormais veulent sa peau en la mettant à prix pour $1.6 million : les Sarkozy, Cameron, Obama, Berlusconi et compagnie, bref le gang des humanistes en goguette.
Entre nous $1.6 million çà fait vraiment petit joueur en comparaison de ce que toute l’affaire est censée nous rapporter. Rien que les investissements de l’état libyen à l’étranger s'élèveraient à quelques $150 milliards sans compter les réserves d’or de la banque centrale libyenne qui se monteraient à 143,8 tonnes (en admettant que çà n’ait pas disparu entre temps) et que l’on envisage avec délice de privatiser (rassurer-vous, chers lecteurs, tout le pays sera vendu à l‘encan, c’est promis !).
Mesquins en plus de tout, les humanistes !
Il se trouve que pour rafraîchir nos mémoires atteintes de fièvre aphteuse, voire d’encéphalite aggravée, c’est-à-dire afin de compenser notre incapacité congénitale à ne plus être capable de se souvenir d’un événement vieux de plus de trente secondes, wikileaks a fort opportunément publié les cables envoyés par l’ambassade des USA à Tripoli à son gouvernement au cours des dernières années. Grâce à quoi nous pouvons nous faire une idée des liens qui unissaient les USA et Gadaffi, sans parler de l’hypocrisie des polichinelles dangereux que l’on qualifie encore de politiciens aux USA.

En voici quelques passages cités par le WSWS :

The most damning of these cables memorializes an August 2009 meeting between Libyan leader Muammar Gaddafi and his son and national security adviser, Muatassim, with US Republican Senators John McCain (Arizona), Lindsey Graham (South Carolina), Susan Collins (Maine) and Connecticut “independent” Joe Lieberman.

McCain, the Republican presidential candidate in 2008, has in recent speeches denounced Gaddafi as “one of the most bloodthirsty dictators on Earth” and criticized the Obama administration for failing “to employ the full weight of our airpower” in effecting regime change in Libya.

In the meeting held just two years ago, however, McCain took the lead in currying favor with the Gaddafis. According to the embassy cable, he “assured” them that “the United States wanted to provide Libya with the equipment it needs for its security” and “pledged to see what he could do to move things forward in Congress.”

The cable continues to relate McCain’s remarks: “He encouraged Muatassim to keep in mind the long-term perspective of bilateral security engagement and to remember that small obstacles will emerge from time to time that can be overcome. He described the bilateral military relationship as strong and pointed to Libyan officer training at U.S. Command, Staff, and War colleges as some of the best programs for Libyan military participation.”

The cable quote Lieberman as saying, “We never would have guessed ten years ago that we would be sitting in Tripoli, being welcomed by a son of Muammar al-Qadhafi.” It states that the Connecticut senator went on to describe Libya as “an important ally in the war on terrorism, noting that common enemies sometimes make better friends.”

The US embassy summarized: “McCain’s meetings with Muammar and Muatassim al-Qadhafi were positive, highlighting the progress that has been made in the bilateral relationship. The meetings also reiterated Libya’s desire for enhanced security cooperation, increased assistance in the procurement of defense equipment, and resolution to the C130s issue”

An April 2009 cable preparing Muatassim Gaddafi’s trip to Washington that month stresses plans for anti-terrorist training for Libyan military officers and potential arms deals. In its conclusion the embassy states: “The visit offers an opportunity to meet a power player and potential future leader of Libya. We should also view the visit as an opportunity to draw out Muatassim on how the Libyans view ‘normalized relations’ with the U.S. and, in turn, to convey how we view the future of the relationship as well. Given his role overseeing Libya’s national security apparatus, we also want his support on key security and military engagement that serves our interests.”

An August 2008 cable, a “scene setter” for the “historic visit” of Secretary of State Condoleezza Rice to Tripoli, declares that “Libya has been a strong partner in the war against terrorism and cooperation in liaison channels is excellent … Counter-terrorism cooperation is a key pillar of the U.S.-Libya bilateral relationship and a shared strategic interest.”
(Sources : WSWS - 26 Août 2011)

N’est-ce pas rafraîchissant, cher lecteur, de se remémorer combien nous cherchions TOUS (pas seulement les USA mais les Européens également) l’amitié de cet atroce tyran, celui-là même que nous nous sommes efforcés d’assassiner depuis des mois à coup de bombes et de missiles, sans aucun succès, et dont nous venons de mettre la tête à prix ?
Pourtant à lire les lignes ci-dessus l’ambiance paraissait au beau fixe. Quant aux Européens il suffit de se souvenir de l’accueil qui fût réservé au tyran il y a pas moins d’un an par Sarkozy où par Berlusconi...

Hummm, mais alors pourquoi chercher à se débarrasser soudainement d’un si bon allié ? Pourquoi courir de tels risques s’il faisait partie de la famille ?

Eh bien justement, chers lecteurs, ce n’était pas vraiment le cas. Le problème avec Gadaffi c’est que s’il avait fait amende honorable en ce qui concerne ses recherches nucléaires, s’il avait bien envoyé son uranium en Russie pour y être retraité, s’il avait bien collaboré efficacement avec les Occidentaux dans leur traque contre les salafistes et autres membres d’Al Quaeda, au point d’en être félicité par les USA, tout n’allait pas néanmoins pour le mieux dans le meilleur des mondes occidentaliste. En effet si l’Occident cajolait Gadaffi et supportait ses extravagances c’était uniquement parce-qu’il n’existait aucun autre candidat possible pour le remplacer et qu’une occasion ne s’était jamais vraiment présentée de le remplacer. Nous lui faisions donc de grands sourires à défaut d’opportunité pour mettre à sa place une marionnette qui n’aurait pas d’idées farfelues ; bref une potiche qui ne prendrait pas au sérieux les intérêts de son propre pays au profit de ceux de ses maîtres occidentaux : c’est-à-dire les nôtres, chers lecteurs, ceux des dignes consommateurs de Cochon sur Terre.

Car, encore une fois, ceux que nous nommons nos alliés ne doivent et ne peuvent en aucun cas avoir de visions politiques qui ne soient pas intégralement au service de NOS intérêts. Si par pur accident nos intérêts coïncident avec les leurs, tant mieux pour eux.
Si ce n’est pas le cas tant pis pour eux.

Voyez ce qui est arrivé aux Talibans ; voyez ce qui est arrivé à Saddam Hussein ; et maintenant Qadaffi.
Demain sera probablement le tour d’Assad le Syrien.
Et après-demain celui du régime iranien ?

Dans tous les cas, tout dingue qu’il puisse être, car il l’est tout de même, Gadaffi avait néanmoins des idées bien à lui ; et toutes n’étaient pas stupide. Enfin, dans une perspective libyenne évidemment. Et dans une perspective africaine également. Eh oui, chers lecteurs, le tyran d’aujourd’hui, notre allié d’hier, avait une vision politique qui était loin d’être bête. Le seul inconvénient est que cette politique s’opposait gravement à nos intérêts. Alors lorsque nos alliés d’aujourd’hui et nos ennemis de demain (nous en reparlerons) se rebellèrent contre notre allié d’hier et notre ennemi d’aujourd’hui et de demain, Sarko le Petit et toute sa bande d’humanistes en mal d’affection crurent voir là une opportunité inespérée pour se débarrasser du trublion afin de mettre à sa place des gens plus complaisants.
Il y a principalement trois éléments qui nous ont poussé à l’aventure :

1) La politique africaine de Gadaffi

Une des idées principales de Gadaffi est qu’il considérait la Libye comme un état africain. En conséquence de quoi les intérêts de la Libye, à ses yeux, étaient étroitement mêlés à ceux de l’Afrique. A partir de là, considérant la Libye comme étant un état africain, Gadaffi joua un rôle parmi les états africains qui, apparemment ne déplut pas tant que çà aux Africains puisque l’Union Africaine s’opposa bec et ongle à l’intervention en Libye et qu’elle ne semble toujours pas pressée de reconnaître le nouveau régime, si l’on peut dire.

Over 200 African leaders and intellectuals released a letter in Johannesburg, South Africa, stressing the "misuse of the United Nations Security Council to engage in militarized diplomacy to effect regime change in Libya", as well as the "marginalization of the African Union".
(Sources : Pepe Escobar - 26 August 2011)

In comments today, South African President Jacob Zuma announced that the African Union is not recognizing the Benghazi rebel council as the new government, calling instead for an immediate ceasefire as AU officials urge an inclusive transitional government to be put in place.
(Sources : Jason Ditz - 26 Août 2011)

L’argent du pétrole permit donc à Gadaffi de mener sa politique d’influence sur le continent africain.

For instance, Libya played an important role in financing the African Bank, thus allowing African nations to avoid the tender mercies of the World Bank and the International Monetary Fund. Libya also financed a continent-wide telecommunications system that saved African countries hundreds of millions of dollars by allowing them to bypass western-controlled networks. He also raised living standards. This does not make him a good guy, but it does say that Libya’s role in Africa cannot be reduced to simply “sinister.”
(Sources - Conn Halinan - 26 Août 2011)

Le problème est que cette politique africaine avait une fâcheuse tendance à s’opposer de front à la nôtre. Forcément puisqu’il voulait soustraire l’Afrique aux convoitises étrangères, et donc occidentales au premier chef. Or cet intérêt des occidentaux, comme des chinois, indiens et autres saoudiens etc... pour l’Afrique s’est exacerbé depuis quelques années pour deux raisons principales qui sont liées toutes deux par une menace de plus en plus prise en compte par les gouvernements du monde entier : la pénurie.
Pénurie de pétrole et pénurie de matières premières.
Or l’Afrique est désormais considérée comme le nouvel et dernier eldorado à exploiter avant l’assèchement définitif. Du coup la compétition s'amplifie pour mettre la main sur :

- les gisements de pétrole, connus et à découvrir, situés le long de sa façade Atlantique, notamment au large de la Namibie,
- les matières premières et les terres arables qui font l’objet d’une véritable razzia ces derniers temps par les non-africains au point que les populations locales s’en émeuvent sérieusement (voir ce qui s’est produit à Madagascar à ce sujet).

Pour résumer, l’idée de Gadaffi d’une Afrique indépendante, qu’il faisait avancer à coup de millions de pétrodollars, commençait à porter sur les nerfs des Occidentaux au fur et à mesure de leur intérêt grandissant pour le continent, et ce d’autant plus qu’ils ont aujourd’hui à faire face à la concurrence des chinois et autres nouveaux venus.

Le problème avec notre ex-allié c’est qu’il était très inventif. Il est vrai que, bien souvent, cela ne portait pas trop à conséquence. Mais parfois certaines de ses lubies pouvaient devenir franchement insupportables aux Occidentaux, voir même extrêmement dangereuses. L’une d’entre elle aurait pu être mortelle pour les USA. En effet Gadaffi voulait créer une monnaie commune pour toute l’Afrique, basée sur l’or : le gold dinar. Cette idée, en elle-même excellente en dépit de la tâche quasi insoluble de mettre d’accord tous les pays de l’Union Africaine, constituait une menace redoutable pour les USA qui se seraient soudain retrouvés incapables de payer leurs importations de pétrole et de matières premières en provenance d’Afrique car il leur aurait fallu payer leurs importations en vraie monnaie, c’est-à-dire en gold dinar et non en dollar de plus en plus dévalué.
Entre parenthèse, en dépit des efforts frénétiques des USA pour éliminer toute velléité de ce genre, c’est une idée qui devient de plus en plus crédible au fur et à mesure que le dollar est dévalué par les impressions compulsives de fausse monnaie par la FED afin de payer les extravagants déficits fédéraux tout comme les importations US. Cette idée de Gadaffi est à rapprocher de celle des pays du Golfe qui avaient émis l’idée de créer une monnaie commune dans laquelle ils pourraient facturer leur pétrole et leur gaz ; c’est également le même raisonnement qui consiste à demander la création d’une monnaie internationale de réserve basée en partie sur l’or afin de remplacer le dollar moribond.
Les USA en sont les plus farouches opposants bien qu’ils fassent tout ce qu’ils peuvent pour que cela arrive un jour, de même qu’ils ont tout fait pour éviter l’Euro et qu’ils continuent aujourd’hui à tenter de déstabilisr la monnaie unique pour la faire disparaitre. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité par le passé à utiliser la manière forte pour tuer dans l’oeuf de telles velléités.
A noter et à ne surtout pas oublier que Saddam Hussein avait déjà joué à ce petit jeu fin 2002 en acceptant d’être payé en euro plutôt qu’en dollar pour le pétrole qu’il exportait. On sait ce qui lui est arrivé et il ne faudrait surtout pas faire l’erreur de sous-estimer l’importance de cette question dans la décision d’envahir l’Irak, même si la question du pétrole joua le rôle principal que l’on sait.

2) La question géostratégique de la Libye.

Bien entendu la question énergétique est vitale pour notre espèce divine afin de lui permettre de poursuivre dans les meilleures conditions de confort sa course au suicide collectif.
« Le premier arrivé a gagné ».
Mais nous risquons fort d’y arriver tous en même temps au train où vont les choses... Au moins il n’y aura pas de jaloux car il n’y aura pas de laissés pour compte, ce qui ne serait franchement pas démokratique.
Egalité pour tous, tel est notre mantra.

Nous avons donc un besoin insatiable d’énergie, nous en consommons de plus en plus grandes quantités alors même que les réserves disponibles connues et faciles d’accès baissent de plus en plus. D’où la nécessité de trouver toujours plus de nouveaux champs de pétrole dans des endroits de plus en plus inaccessibles, ce qui augmente le prix structurel de ce même pétrole puisqu’il devient de plus en plus cher à extraire. Désormais un pétrole a moins de $90 semble quasiment impossible sur la longue durée puisque les producteurs ne s’y retrouveraient pas.

L’Occident a enfin pris conscience de sa dépendance à cet égard même si nous pouvons affirmer sans crainte que toute la politique des USA depuis les accords entre eux et le roi Ibn Seoud au sortir de la seconde guerre mondiale a eu pour but principal la sécurisation de l’accès aux ressources pétrolières. Mais à cette époque personne ne soupçonnait le danger de l’épuisement des ressources. Désormais, et pour cette raison, cette sécurisation de l’accès aux sources s’est étendue à toutes les énergies en général ainsi qu’aux matières premières. Plus ces matières premières tendent à se faire rares plus la compétition pour se les approprier s’accentuent entre les anciens acteurs, nous, et les nouveaux, les Chinois, Indiens et autres...
Dans cette perspective l’Afrique est soudain devenue essentielle pour le contrôle de notre approvisionnement en pétrole comme en matières premières.

Africa has increasingly become a chess piece in a global competition for resources and cheap labor. It is no accident that the U.S. recently formed an African Command (Africom)—the Libyan War was the organization’s coming out party—and is training troops in countries that border the Sahara. It is already intervening in Somalia, and a recent story in the New York Times about an “al-Qaeda threat” in Northern Nigeria should send a collective chill down all our spines. NATO has already “war gamed” the possibility of intervention in the Gulf of Guinea
to insure oil supplies in the advent of “civil disturbances” that might affect the flow of energy resources.
(Sources : Conn Halinan - 26 Août 2011)

Nous avions toujours considéré l’Afrique comme notre arrière-cour naturelle, sans craindre aucune concurrence extérieure. De même pour les états du Maghreb, auxquels nous ajouterons la Libye. Ils constituaient notre chasse gardée. Or depuis quelques années, comme on sait, plusieurs nouveaux venus ont osé pénétrer par surprise sur ces terres que nous considérions comme acquises. Et ces nouveaux venus se sont taillés un certain succès à notre plus grande stupeur d’abord, qui fit place à de l’inquiétude ensuite puis à de la fureur.

Une des meilleure preuve de cet interêt croissant pour le continent africain par les USA fût la création d’Africom en 2007.

“AFRICOM is a new U.S. military headquarters devoted solely to Africa. AFRICOM is the result of an internal reorganization of the U.S. military command structure, creating one administrative headquarters that is responsible to the Secretary of Defense for U.S. military relations with 53 African countries.”

“United States Africa Command, in concert with other U.S. government agencies and international partners, conducts sustained security engagement through military-to-military programs, military-sponsored activities, and other military operations as directed to promote a stable and secure African environment in support of U.S. foreign policy.”
(Sources : www.Africom.mil)

En réalité Africom a trois buts tout à fait précis, définis clairement par de nombreux officiels :
- Lutter contre le terrorisme en Afrique même
- Protéger les approvisionnements en pétrole mais aussi en matières premières (A ce propos ne pas oublier que les USA importent 24% de leur pétrole d’Afrique).
- S’opposer à la présence grandissante de la Chine sur le continent.

Mais Africom avait jusqu’à aujourd’hui un sérieux problème ; sa création en 2007 suscita une levée de boucliers parmi les états africains, à tel point que pas un d’entre eux n’accepta sur son territoire l’implantation de la structure d’Africom. Les USA se résignèrent donc à installer Africom à Stuttgart en attendant de trouver un pays d’accueil.
Comme pays d’Afrique on peut trouver mieux !

Hummm...

Vous comprenez, chers lecteurs, à quel point cette révolte tribale contre Gadaffi est bien tombée dans cette perspective. Quelle meilleure base que la Libye pour superviser des opérations en Afrique destinées à conforter notre mainmise sur ces matières premières indispensables à notre mode de survie ? Et ce d’autant plus que cela donne la possibilité de faire d’une pierre deux coups puisque cela permet de faire de la Méditerranée un lac entièrement sous contrôle occidental en y installant une base navale de l’OTAN. A ce sujet nous n’oublierons pas les sueurs froides que connurent les USA lorsque Gadaffi envisagea d’accorder aux russes la possibilité d’établir une base navale en Libye il y a quelques années de cela (voir wikileaks à ce propos).
Désormais avec une Libye théoriquement sous contrôle la Méditerranée serait entièrement verrouillée et les USA auraient une formidable base d’opération africaine ce qui aurait été inenvisageable sous Gadaffi.

3) La Libye, eldorado inexploité pour de pauvres Occidentaux frustrés depuis trop longtemps.

Il faut bien comprendre, chers lecteurs, les sentiments de frustration des Occidentaux vis-à-vis de Gadaffi et de sa politique pétrolière.
Imaginez-vous un pays de six millions d’habitants, à deux pas de chez nous, le premier producteur de pétrole d’Afrique et le 12 ème du monde, avec des réserves de pétrole connues de 46 milliards de barils, d’une qualité excellente, sans parler des sérieuses perspectives de nouvelles découvertes considérables. Le problème est que notre ex-allié non seulement ne voulait pas nous laisser exploiter ce pétrole comme nous l’aurions voulu, mais en plus il s’obstinait à nous refuser la possibilité de faire des recherches pour découvrir de nouveaux gisements dont on a de bonnes raisons de croire qu’ils n’attendent que nous pour se faire exploiter jusqu’à ce que leur assèchement s’en suive...
De plus le Guide se montrait radin.

“Colonel Qaddafi proved to be a problematic partner for international oil companies, frequently raising fees and taxes and making other demands. A new government with close ties to NATO may be an easier partner for Western nations to deal with. Some experts say that given a free hand, oil companies could find considerably more oil in Libya than they were able to locate under the restrictions placed by the Qaddafi government.”
(Sources : The New York Times )

Vous rendez-vous compte qu’il voulait la plus grande part des revenus pétroliers pour lui et non les laisser à nos chères « majors » ? Impossible d’obtenir de lui un partage équitable des bénéfices, 50/50 par exemple. Impossible non plus d’obtenir une exclusivité pour l’exploitation du pétrole libyen. Car il s’obstinait à permettre aux russes, aux chinois où même aux Brésiliens de faire leurs propres prospections en vue de développer de nouveaux champs pétrolifères et gaziers.
Un comble tout de même !
Les russes, les chinois où les brésiliens qui ont investi des milliards en Libye risquent désormais de perdre corps et biens tous leurs investissements car, heureusement, nos braves «rebelles» pleins de bons sens et surtout de bons sentiments ont bien compris où se trouvent leur intérêt : du même côté que le nôtre.

"We don't have a problem with Western countries like the Italians, French and UK companies. But we may have some political issues with Russia, China and Brazil."
(Sources : Abdeljalil Mayouf, information manager at the "rebel" Arabian Gulf Oil Company)

Ce n’est bien entendu pas dans l’intérêt de la Libye de procéder ainsi ni dans celui des Européens. Quel est l’intérêt pour nous, Européens, de nous mettre à dos des pays avec qui il faudrait bien au contraire renforcer nos liens ? De plus on peut profiter de la situation sans les spolier ; il suffit de respecter et d’appliquer leurs contrats passés avec Gadaffi et de les exclure gentiment et sans vagues des nouvelles concessions qui seront accordées exclusivement aux sociétés des pays de l’OTAN qui ont pris l’initiative totalement désintéressée de sauver le peuple libyen des griffes de son bourreau, notre ex-allié.

Nous avons parlé du pétrole et accessoirement du gaz comme récompense pour notre désintéressement légendaire.
Mais il y a également les juteux contrats qui vont devoir être passés pour reconstruire tout ce que nous avons consciencieusement détruit depuis six mois, toutes ces cibles choisies avec tant de circonspection et de doigté, comme le prouvent les milliers de morts qualifiés administrativement de « dommages collatéraux ».
Ici aussi « y a bon banania ».
Mis il y a encore d’autres opportunités tout à fait inattendues. Tout à l’heure, au début de cet article, nous vous avons parlé d’eau fraîche... Eh oui, de l’eau fraîche ! Eh bien figurez-vous qu’il semblerait qu’il y ait dans le sous-sol libyen les plus grandes réserves aquifères de la planète. Inutile de souligner que nos sociétés nationales, qui sont les leaders mondiaux de ce secteur, en salivent à l’avance. Remarquez qu’il y a de quoi car certains parlent de 1000 ans de réserves ! Nous ne sommes pas des spécialistes de la question mais même si nous divisions le chiffre par deux où trois cela laisserait néanmoins de belles perspectives de développement pour nos entreprises nationales.
Comme quoi il n’y a pas que le pétrole dans la survie des citoyens de Cochon sur Terre ! Il y a l’eau également !

Tous ces charmants projets de développements économiques, d’installations militaires et autres plans sur la comete, tout cela est bien joli mais il faudrait d’abord contrôler le pays ; pour ce faire il faudrait contrôler les soit-disant rebelles et éviter une guerre tribale d’envergure comme cela est actuellement le cas en Somalie par exemple.
Et, chers lecteurs, c’est loin d’être gagné pour plusieurs raisons :

- D’abord les soit disant «rebelles» sont des groupes disparates non seulement idéologiquement mais éthniquement qui n’ont rien en commun à l’exception de leur haine de notre ex-satrape préféré. Qu’y a t’il de commun entre les berbères du Sud-Ouest et les tribus islamistes de Cyrénaique d’où est partie la révolte ? Qu’y a t’il de commun entre des monarchistes senoussis de Cyrénaique, d’anciens pontes laics du régime Gadaffi et des islamistes extrémistes revenus d’Afghanistan où d’Irak ?
- Les islamistes sont les combattants des "rebelles".
Avez-vous déjà entendu parler du LIGF, chers lecteurs ? Cela signifie : Libyan Islamist Fighting Group. Abdelhakim Belhaj est le fondateur de ce groupe de djihadiste. Après avoir fait ses armes en Afghanistan contre les soviets dans les années 80 il créa deux camps d’entrainement pour djihadistes lorsque les Talibans prirent le pouvoir en 1996. Puis il fût arrêté par les Américains en 2003 en Malaysie après avoir sévi au Pakistan et en Irak bien sûr où il était au mieux avec Al Quaeda. En 2004 les Américains le transférèrent à la Sécurité de Gadaffi où il passa très certainement de très bons moments jusqu’en 2010 date à laquelle il fût relâché avec 211 de ses camarades. En 2007, le numéro 2 de Al Quaeda, Zawahiri, annonça la fusion du LIGF avec Al Quaeda pour former le Islamic Maghreb (AQIM). Behlaj en est le chef. La bonne nouvelle c’est que c’est ce même Behlaj qui est le commandant militaire des rebelles qui ont « pris » Tripoli...

Nous voilà donc avec Tripoli aux mains des djihadistes d’Al Quaeda, fournis gracieusement en armes et en entraînements intensifs pendant deux mois par vos impôts, chers lecteurs. Ils ont également fait le plein d’armes et de munitions dans les dépôts abandonnés par Gadaffi.
Pensez-vous vraiment que ces « gens » laisseront gentiment le terrain conquis lorsqu’il s’agira de créer un état nouveau, une constitution nouvelle etc ? Nous avons quelques difficultés à croire que ces « gens » accepteront un régime autre que celui réglé par la sharia, comme ils l’ont déjà proclamé d’ailleurs eux-mêmes.
En réalité toutes les malchances convergent pour que la Libye devienne le théâtre d’une guerre civile inextricable et dans laquelle nous ne devrions pas nous mêler car cela aboutirait à un autre fiasco du type Somalie.
En revanche un tel scénario est probablement ce que prévoit Gadaffi qui reste assuré du soutien de la tribu de sa femme les Warfallah. Dans ce cas le faible gouvernement de marionnettes soutenu par l’Occident aurait à combattre deux ennemis : les djihadistes-Al Quéda de Behlaj, abondamment pourvus d’armes et de munitions d’une part, et d’autre part les Warfallah de Gadaffi. Ce qui amènera à une occupation du pays par des troupes étrangères, probablement pas occidentales dans un premier temps mais plutôt des mercenaires entraînés en Arabie Saoudite et en UAE, om bien un mixte des deux. Nous verrons bien mais dans tous les cas de figure l’intervention de troupes étrangères sur le sol Libyen ne fait pas beaucoup de doutes.

Gadaffi avait donc raison.
Il a souvent répété depuis le début de la guerre civile :

1) que l’insurrection était soutenue par l’étranger et Al Quaeda
2) que cette insurrection n’était que le prélude à une occupation étrangère pour s’emparer des ressources naturelles du pays.

A moins qu’il ne l’en empêche... en collaboration avec Al Quaéda...
Quelle ironie, chers lecteurs !

Mais pour le moment tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.