jeudi 4 juillet 2013
Big Brother : cela depend de vous en grande partie...
mardi 2 juillet 2013
Déclaration de Edward Joseph Snowden - Moscou, le 1er Juillet 2013
Via wikileaks :
Statement from Edward Snowden - Moscou.
samedi 29 juin 2013
Ce que vous n'avez pas compris, Monsieur Snowden...
Monsieur Snowden, qu’avez-vous donc voulu prouver par vos actes ?
Monsieur Snowden, que pensiez-vous que vos « révélations » allaient provoquer chez ceux qui bénéficient de l’avantage merveilleux d’être désormais espionnés de manière institutionnalisée et globalisée ?
Monsieur Snowden, croyiez-vous vraiment qu’en « dévoilant » les activités d’espionnage de la NSA vous alliez pouvoir changer quoi que ce soit et que les populations de la planète forceraient leurs gouvernements bien-aimés à cesser leurs activités illégales ?
Monsieur Snowden, il semblerait qu’après une semaine passée à l’aéroport de Sheremietevo à Moscou, en transit, c’est à dire en dehors de Russie légalement parlant, la situation ne soit bloquée et que personne ne soit plus disposé à vous accueillir. Où, à tout le moins, si peu que le choix se compte sur les doigts d’une main, et encore.
A cette aune, n’êtes-vous pas étonné que dans un monde dit « libre » pratiquement personne ne se soit pressé de vous accorder un asile politique tout à fait mérité ; que les populations mondialisées ne se soient pas levées comme un seul troupeau pour vous soutenir contre la Nomenklatura dont les hommes de main nous espionnent jour et nuit ?
N’êtes-vous pas surpris que ces hordes de passionarias occidentaux éprises de démokracie, de droitdelhomme, de la femme et des poissons rouges et bla bla bla, que tous ces groupies qui se « mobilisent » pour les femen, le « mariage pour tous » où encore les « panneaux solaires à vapeur », qu’aucun donc ne se soit bougé pour vous soutenir ? Nous ne parlerons pas, bien entendu, de tous ces « zintellectuels » dont nous sommes si friands, nous autres Français, qui se lancent dans des campagnes médiatiques aussi bien menées qu’elles sont mensongères pour « libérer » par les bombardements humanitaires appropriés, tel où tel pays du dictateur de service, véritable où non d’ailleurs ; nous n’en n’avons pas entendu un seul se porter à votre défense, eux qui pourtant ne ratent pas une occasion , les pires généralement, pour se pavaner dans les médias de désinformation de Cochon sur Terre.
Monsieur Snowden, nous voudrions aujourd’hui vous révéler la triste réalité : Personne ne vous aidera car tout le monde se moque comme d’une guigne de ce que vous avez révélé.
Personne ne se lèvera pour vous, Monsieur Snowden, car personne ne veut être dérangé par vos activités, comme par celles de vos collègues à venir, s’il y en a, ce qui est très loin d’être assuré ;
Il n’y aura pas d’émeutes pour vous soutenir, Monsieur Snowden, car personne ne veut perdre sa béatitude de poisson rouge qui consiste à recevoir sa béquée tous les jours et à tourner librement dans le bocal que nos gouvernements bien-aimés ont crées pour notre bien-être à tous, en regardant la télévision à travers le verre déformant du dit bocal.
Monsieur Snowden, vous n’êtes pas un héros, contrairement à ce que certains excités ont prétendu sur des blogs que personne ne lit. Vous êtes un « empêcheur de tourner en rond », voilà ce que voue êtes aux yeux de ceux que vous avez voulu avertir. Et c’est précisément pour cette raison que personne ne vous viendra en aide et que les foules « libres » et démokratiques du monde dit occidental ne lèveront pas le petit doigt pour vous défendre. Car vous les menacez, ces foules « libres » et amantes de la « démokratie » ; avec vos prétendues « révélations », vous leur mettez leur petitesse et leur couardise sous le nez.
Elles ne vous le pardonneront pas.
C’est d’ailleurs ce que prouve le dernier sondage de CNN/ORC International Survey (ici) qui indique que 52 % des sondés (américains) souhaitent vous voir extradé et trainé en justice pour « trahison », sans se rendre compte que c’est eux-mêmes qu’ils trahissent ainsi. Mais nous ne pouvons pas leur en demander trop non plus.
En bref, Monsieur Snowden, ce que vous avez fait ne servira à rien car cela ne changera absolument rien à la situation. Au contraire, le système se renforcera encore un peu plus grâce à l’inertie générale des populations lobotomisées et anesthésiées par la propagande et le confort petit bourgeois dans lequel on les fait survivre jour après jour, tout en leur promettant l’immortalité (grâce aux « progrès » de la bio-technologie) afin de bénéficier à jamais de cette survie exaltante qui est désormais notre lot quotidien.
Monsieur Snowden, vous êtes tout seul.
Enfin presque, mais cela ne fera pas de différence pour sauver votre peau.
Vous vous êtes trompé d’époque. Vous vous êtes laissé prendre à la propagande du système qui nous ressasse à plein temps combien nous aspirons tous à la liberté, à la démokratie et bla bla bla... alors que nous survivons tous dans un univers de plus en plus totalitaire et collectiviste où la liberté, la vraie, est en passe de disparaitre complètement.
Vous y avez cru.
Vous avez eu tord.
Mais, c’était bien naturel puisque vous êtes vous-mêmes un produit du système contre lequel vous vous êtes levé si courageusement. Vous vous êtes laissé abuser par l’emploi de ces mots et de ces expressions toutes faites qui ne revêtent plus leurs significations anciennes mais leur exact opposé : liberté = coercition, individualité = collectivisme, demékratie = tyrannie etc...
Vous avez cru vous révolter contre le système sans vous rendre compte de la mystification dans laquelle nous survivons tous. Car la vérité, c’est que nous avons tellement perdu le sens de la réalité que nous nous imaginons que c’est ce dans quoi nous survivons. D’où le problème fondamental du vocabulaire et de son sens inversé que nous avons évoqué plus haut, source de votre méconnaissance de vos contemporains.
C’est ainsi que votre révolte renforcera le système qui profitera de l’inertie générale. Dans un premier temps en tout cas. D’un autre côté, les mesures prises pour éviter que ne se reproduisent des situations comme celle que vous avez crée renforceront la fragilité du système ; à terme elles contribueront à son écroulement en sapant son efficacité, déjà fort problématique.
Cher Monsieur Snowden, vous ne vous êtes pas rendu compte que les populations que vous avez voulu avertir du danger qui les menacent ne sont pas prêtes à entendre ce que vous avez à dire. Elles ne le sont pas car elles croient à la propagande du système. Elles croient très volontiers que le système « exagère » un peu, certes ; mais elles croient encore plus qu’elles font réellement face à un danger menaçant leur confort et leur survie, d’où leur exigence d’être protégées. C’est ainsi qu’elles sont ravies de se décharger de leur responsabilité sur le Léviathan étatique ; elles sont soulagées d’avoir abdiqué toute indépendance : que ce soit pour subvenir à leurs besoins matériels où que ce soit pour éviter de penser par elles-mêmes. Sans parler de faire face aux dangers supposés qui menacent la soit disant « civilisation » (encore une inversion sémantique, une des plus graves d’ailleurs) qui est la nôtre.
Vous avez commis deux erreurs d’appréciations :
- vous avez surestimé l'appétence de nos populations pour la liberté ;
- vous avez sous-estimé la peur qui les ronge.
C’est pourquoi elles ont abdiqué toute liberté en faveur d’une sécurité supposée.
Le Président des USA, Prix Nobel de la Paix (quelle plus belle inversion du sens des mots que celle-ci ?) l’a d’ailleurs très bien résumé :
« On ne peut pas vivre à 100 % en sécurité sans sacrifier un peu de sa vie privée ».
Dans le cas qui nous occupe, nous avons sacrifié quasiment 100 % de notre liberté contre une sécurité aléatoire, puisque 100 % de sécurité ne peut pas s’obtenir raisonnablement. Ce qui explique d’ailleurs l’extension toujours plus grande de l’espionnage général et la perte de liberté qui l’accompagne comme son ombre. Jusqu’où cela pourra t’il aller ? Jusqu’à l’écroulement du système lui-même sous son propre poids.
La liberté est un fardeau, Monsieur Snowden. C’est un poids lourd à porter et la plupart des épaules de nos contemporains ne sont pas assez fortes pour en supporter la charge et l’exigence. La responsabilité de soi-même, qui est le fondement de toute liberté, est un masque grimaçant qui effraie désormais la plupart de nos contemporains.
Vous pensez que nous exagérons ?
Voyons cela.
Les dénonciations de Wikileaks ont-elles changées quoi que ce soit ?
Le soldat Bradley Mannings est-il libéré ? Y a t’il eu des manifestations pour sa libération par des populations en délire ? Non, bien au contraire.
Les guerres menées au nom du Bien en Afghanistan, en Irak, en Libye, et aujourd’hui en Syrie, ont-elles menées à des manifestations d’envergure pour s’y opposer ? Les mensonges incroyables que l’on nous a servi sans vergogne pour les justifier ont-ils été dénoncé et leurs auteurs ont-ils été jugés ? Y a t’il eu des manifestations de la population pour protester contre cela ? Pas que nous sachions.
Nous avons écrit plus haut que vous vous étiez trompé d’époque, Monsieur Snowden. Effectivement nous ne sommes pus à l’époque de la guerre du Vietnam qui, elle, a provoqué de fortes résistance parmi la population qui ont fini par amener le Président Nixon à se retirer du Vietnam.
Qui manifeste aujourd’hui ? Personne.
Vous avez déclaré lors de votre interview au Guardian le 9 Juin dernier :
« Je ne veux pas vivre dans une société qui fait ce genre de choses (espionnage général etc). Je ne veux pas vivre dans un monde dans lequel tout ce que je peux faire où dire est enregistré. Ce n’est pas quelque-chose que je suis disposé à supporter où à accepter. »
C’est bien là le problème, Monsieur Snowden, parce-que vous êtes un des rares qu’indispose encore le fait de devoir survivre dans un monde tel que celui-ci. Car, comme déjà dit, non seulement la majorité des populations d’aujourd’hui ne sont pas indisposée par le meilleur des mondes en devenir, mais en plus elles exigent l’avènement du panopticon généralisé.
Pour assurer leur sécurité et leur bien-être.
Car de leur liberté ils s’en moquent.
Stuart-Mill avait bien compris ce mécanisme qui provoque l’abaissement de l’homme :
"Un état qui abaisse ses citoyens afin d'en faire des instruments plus dociles entre ses mains, fut-ce dans leur intérêt, finira par s'apercevoir qu'on ne peut rien faire de grand avec de petits hommes."
C’est ce que vous n’avez pas compris, Monsieur Snowden : vous êtes trop grand pour eux.
Mais pour le moment tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.
mardi 25 juin 2013
Snowden : Kerry va être très "déçu"... espérons-le !
Oui, oui, chers lecteurs, M. Kerry, membre haut placé de la Clique des Vertueux Innocents (CVI, voir notre lexique), c’est à dire de l’irréprochable et non moins vertueux gouvernement des USA dont le respect des lois est proverbial, sans parler bien entendu de son respect tout aussi légendaire de la souveraineté des autres Etats de la planète où du respect total de la vie privée de ses propres citoyens, etc, etc, etc... Bref, inutile de continuer dans cette voie, les USA sont l’alpha et l’omega du respect des lois, qu’elles soient nationales où internationales, qu’on se le dise !
C’est donc pourquoi M. Kerry peut être troublé et déçu qu’un pays comme Hong Kong puissent ignorer une demande d’expulsion d’un citoyen US par son gouvernement. Il est d’ailleurs certain qu’il sera tout autant déçu par la Russie qui laissera partir M. Snowden où bon lui semblera puisque ce dernier n’a commis aucun acte répréhensible sur le sol russe. De plus M; Snowden ne se trouve pas sur le sol russe puisqu’il est toujours dans l’enceinte internationale de l’aéroport de Sheremetievo.
C’est ainsi que le Président russe en a profité pour rappeler quelques évidences de droit (que ne connaissent pas ni M. Kerry ni ses collègues du de la Clique des Vertueux Innocents).
“It is true that Snowden has arrived to Moscow, and it really came as a surprise for us. He arrived as a transit passenger, and didn't need a [Russian] visa, or any other documents. As a transit passenger he is entitled to buy a ticket and fly to wherever he wants,”
“We can only extradite any foreign citizens to such countries with which we have signed the appropriate international agreements on criminal extradition,” he explained.
Snowden “has not committed any crime” on Russian soil, Putin added. Russian security agencies “have never worked with and are not working with” the former CIA employee, he also stressed.
"Snowden is a free person. The sooner he chooses his final destination, the better it is for him and Russia," Putin said.
(Sources : Russia Today - 25 Juin 2013)
Il y a donc de fortes probabilités pour que M. Kerry soit de nouveau très déçu par le comportement d’Etats souverains qui respectent le droit international. Il est vrai que ce ne sont vraiment pas des façons de se comporter, surtout lorsque l’on a à faire aux USA qui, eux, sont si respectueux de l’ordre international, ainsi que les révélations de M. Snowden l’ont montré jusqu’à maintenant. Rassurez-vous, chers lecteurs, il y en a encore beaucoup d’autres à venir, toutes aussi sensationnelles que celles déjà parues qui se résument pour le moment à ceci :
- 5 Juin : le Guardian révèle (ici) un ordre secret émanant du Foreign Intelligence Surveillance Court intimant l’ordre à la société Vérizon de fournir tous les enregistrements téléphoniques de plus d’un million de ses clients sur une base journalière, incluant l’heure des appels, leur durée et les numéros de appelés. C’est ce que l’on nomme des metadatas car, supposément, le contenu des conversations n’est pas fourni... Nous leur faisons une confiance aveugle sur ce point, bien entendu.
- 6 Juin : révélation de l’existence du programme PRISM (ici) qui permet à la NSA de collecter toutes les datas enregistrées et conservées (emails, vidéo et chats, pièces jointes, sms ainsi que tous les détails existnts sur les réseaux sociaux) par les plus grandes firmes de l’Internet sur leurs clients : Apple, Google, Facebook Skype etc...
- 8 Juin : révélation (ici) de l’existence du programme de la NSA nommé « Boundless Informant ». C’est un programme qui analyse et stocke toutes les données collectées par les deux précédents, y compris toutes celles que les membres irréprochables du Très Saint Gouvernement des USA avaient juré, la main sur le coeur et sous serment bien sûr, qu’elles n’étaient pas collectées par respect pour la vie privée des citoyens et bla bla bla... C’est alors que l’on apprend que ce programme ne concerne pas seulement les USA et leurs citoyens mais s’applique aussi à des pays étrangers.
- 12 Juin : Le journal South China Morning Post révèle (ici) que le Très Saint Gouvernement des USA, par l’intermédiaire de la NSA, a tranquillement piraté les données (sms principalement) des clients des compagnies téléphoniques chinoises (Chine continentale et Hong Kong) de téléphone mobile. Snowden déclara alors que ce piratage de masse était couvert par la Foreign Intelligence Surveillance Court.
- 17 Juin : le Guardian révèle (ici) que l’agence d’espionnage britannique (GCHQ) a intercepté les communications des dirigeants réunis aux sommet du G20 de Londres en 2009 en accédant aux données (y compris appels téléphoniques et emails) des laptop et blackberry des diplomates d’Afrique du Sud, de Turquie et de Russie principalement.
- 20 Juin : le Guardian révèle (ici) que la NSA est autorisée à analyser les informations enregistrées « par erreur » (contenu des appels téléphoniques et emails des citoyens US). Qu’ils soient considérés à l’intérieur des frontières des USA où à l’exterieur reste à l’entière discrétion du gouvernment des USA. Cela signifie qu’en réalité la NSA n’a pas besoin d’un juge pour être autoriser à espionner et enregistrer les conversations téléphoniques et emails de citoyens US.
- 21 Juin : le Guardian révèle (ici) que le GCHQ britannique enregistre et stocke toutes les données téléphoniques et d’internet passant par les cables en fibre optique à travers l’Atlantique, particulièrement les données en provenance et à destination de l’Allemagne.
- 23 juin : Le South China Morning Post révèle (ici) que la NSA a piraté les ordinateurs de l’université chinoise Tsinghua, une des meilleures universités dans le domaine de la recherche en Chine. Selon Snowden, les ordinateurs du réseau Hong Kongais de cables sous-marin de fibre optique Pacnet a lui aussi été piraté par la NSA.
Pour inciter la Russie et la Chine a extrader M. Snowden, Kerry a donné un argument de poids :
« I would urge them (Russia and China) to live by the standards of the law because that's in the interest of everybody ».
Ben voyons !
Respectons la comme les USA le font eux-mêmes. Gageons que le Président Poutine et le Président chinois ont pris un certain plaisir à « décevoir » le pauvre Kerry.
Pendant ce temps l’Ecuateur examine la requête d’asile de Snowden pour des raisons « humanitaires ». Quand on sait comment finissent ceux qui s’attaquent au Leviathan Big Brother US, il y a de quoi s’inquiéter sur le sort de Snowden s’il était extradé dans son pays d’origine. On ne le reverrait pas.
Greenwald raconte dans un interview un incident troublant mais nullement étonnant de la part du Très Saint Gouvernement des USA :
“I would be shocked if the US government were not trying to access the information on my computer,” Greenwald said. “I carry my computers and data with me everywhere I go.”
Elsewhere in his interview with Lake, Greenwald explained that one potential lapse almost led to the loss of the intelligence.
“When I was in Hong Kong, I spoke to my partner in Rio via Skype and told him I would send an electronic encrypted copy of the documents,” Greenwald said. “I did not end up doing it. Two days later his laptop was stolen from our house and nothing else was taken. Nothing like that has happened before. I am not saying it’s connected to this, but obviously the possibility exists.”
Mais Snowden, bien au courant des dangers qu’il courre, a pris ses précautions pour que les documents qu’il a en sa possession puissent être publiés s’il lui arrivait « quelque chose » (personne n’y pense bien sûr).
Snowden “has taken extreme precautions to make sure many different people around the world have these archives to insure the stories will inevitably be published,” Greenwald said. He added that the files are “highly encrypted” and corresponding passwords to render them readable have not yet been distributed.
According to Lake, Greenwald said, “if anything happens at all to Edward Snowden, he told me he has arranged for them to get access to the full archives.” Greenwald previously claimed that Snowden provided him with the archives of "thousands" of documents, dozens of which he considered to be newsworthy.
De très nombreux autres documents seront publiés au cours des mois qui viennent. Le Très Saint Gouvernement des USA, qui n’a absolument rien à se reprocher mais tout de même..., le sait parfaitement sans savoir exactement ce qu’a emporté Snowden. D’où la panique qui se traduit par son agressivité et ses démarches absurdes pour récupérer Snowden coûte que coûte. Mais cela n’empêchera plus de nouvelles révélations. La boite de Pandore est ouvert et il est même probable que cela servira d’exemple à d’autres hommes que Snowden, Assange où Bradley Manning qui se lèveront à leur tour et dénonceront l’imposture et l’horreur du système.
C’est en tout cas ce que pense le grand reporter Pepe Escobar :
“Definitely, we’re going to have a collection of Assanges, Mannings and Snowdens from now on, especially from the US tech geeks who are extremely uncomfortable with this Orwellian panopticon surveillance thing: not only in the US as we’ve seen some revelations on Britain as well. It is an Anglo-American thing. Of course everybody is involved in cyber wars, but the forefront is the US,”.
Nous ne savons pas si cela suffira, nous en doutons en réalité, mais nous pouvons au moins espérer que ce genre d’individu, ces héros d’aujourd’hui qui luttent seuls contre ce monstrueux panopticon global, inspireront les autres et les réveilleront à leur tour. Si ce que révèlent Snowden, Assange, Mannings et les autres sur la perversité du système n’est pas suffisant pour secouer les populations, alors il n’y a pas d’espérance à avoir.
Dans ce cas, M. Kerry et ses collègues en imposture et en infamie peuvent dormir tranquilles. Et il arrivera un jour où M. Kerry ne sera plus jamais déçu car les Snowden du futur, si tant est qu’il y en ait encore, lui seront livrés immédiatement sous les applaudissements des foules en délire.
Mais pour le moment, tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.
samedi 8 juin 2013
USA : espionnage pour tous !
C’est un petit gratte-papier sans imagination. C’est un tout petit rêveur gentillet qui n’a jamais pu comprendre à quel point la réalité dépasserait sa fiction ... en 2013.
Bref c’est un « has been ». En bref il est « dépassé », le progrès ininterrompu dans lequel nous survivons de plus en plus difficilement l’a tout simplement laissé seul sur la case départ.
Allez Georges, va te coucher, nous n’avons plus besoin de toi et de tes visions de doux rêveur optimiste. Nous ne sommes plus en 1984 mais en 2013. Et en 2013, çà ne plaisante pas sur le plan de la ... SECURITE.
Jugez-en, chers lecteurs.
D’après le Guardian de Mercredi dernier (article du remarquable Glenn Greenwald, ici), la société Verizon fût forcée par la «justice US» de transmettre à la NSA (National Security Agency) les « méta données « téléphoniques de ses clients sur une base quotidienne et récurrente puisque cela se reconduit depuis 2006.
L’ordonnance publiée par le Guardian (ici) est valable pour trois mois, depuis sa date d’émission en avril de cette année jusqu’au 19 juillet. Selon le Washington Post « Un expert de cet aspect de la loi a dit mercredi soir que l’ordonnance semblait être la prolongation de routine d’une ordonnance semblable émise par le même tribunal en 2006. »
Gros scandale.
Grosse « émotion ».
Des cris, des larmes de crocrodiles, des jérémiades à s’ouvrir les veines, les « indignations » de commande habituelles pour de telles « révélations » et bla bla bla... Les zélites républicaines comme démocrates se succèdent sur les plateaux et les micros en tout genre pour jurer leurs grands dieux que non, au grand jamais, personne n’a jamais violé la sacrosainte Constitution, ni les droitsdelhomme, de la femme et de l’enfant-singe ; ils sont tous venus en choeur rassurer le bon peuple américain en lui affirmant la main sur le coeur et les larmes aux yeux qu’il vivait bien toujours dans la plus parfaite démokratie de l’univers et que ses droits, c’est à dire sa liberté de consommer sans entrave, ne sont en aucun cas égratignés par le monstre bureaucratique (NSA) chargé de veiller sur sa ... sécurité.
Ah, nous voici rassurés...
Néanmoins, nous apprenons (personne ne le savait avant cet article du Guardian, c’est juré) que la société Vérizon a 121 millions de clients mais que la branche visée par cet ordre de justice n’en a que 10 millions.
Une paille, vraiment pas de quoi en faire toute une histoire.
Peut-être bien, sauf que Vérizon n’est pas la seule société concernée.
L’accumulation d’une vaste banque de données téléphoniques n’est qu’une partie d’une campagne systématique pour rassembler le plus d’information possible sur tout le monde, citoyens américains et non citoyens. Jeudi 6 juin, le Washington Post a rapporté que la NSA et le FBI (Federal Bureau of Investigation) « sont branchés directement sur les serveurs centraux de neuf société Internet américaines, collectant des enregistrements, des vidéos, des photographies, des courriels, des documents et des journaux de connexion qui permettent à des analystes de retracer avec le temps les mouvements et les contacts d’une personne. »
Selon ce journal, les sociétés qui livrent l’information comprennent Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, Paltalk, AOL, Skype, YouTube et Apple. On doit assumer que le gouvernement a accès à toute communication électronique via Internet et téléphone, y compris le contenu des appels qui n’est pas inclus dans les ‘métadonnées’. Le Guardian a cité Russel Tice, un analyste du renseignement à la retraite de la NSA devenu dénonciateur qui disait « ce qui est en train de se passer est plus étendu et plus systématique que tout ce quiconque avait jamais suspecté ou imaginé. »
Il s’agit tout simplement de l’espionnage systématique de toutes les communications digitales et de leur contenu (quoi qu’on dise) de dizaines de millions d’Américains ; c’est à dire non seulement des appels téléphoniques mais de tout ce qui se passe sur internet, les courriers électroniques (email), les tchat etc... Tout est enregistré et stocké indéfiniment au cas où, un jour, « on » ait besoin de « preuves » contre tel où tel individu pour une raison X. Et ce d’autant plus qu’aujourd’hui n’importe qui peut-être arrêté et mis au secret sans avoir de compte à rendre à personne, c’est à dire sans avoir à donner aucune justification sur les raisons de l’arrestation.
The Washington Post and Guardian report today that the NSA is tapping directly into the central servers of 9 leading U.S. Internet companies – including Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, PalTalk, AOL, Skype, YouTube, Apple .. and soon Dropbox – and extracting audio, video, photographs, e-mails, documents and connection logs that enable analysts to track a person’s movements and contacts over time.
Comme l’a confirmé un ancien chef du NSA pendant trente ans, William Binney :
« the NSA is collecting some 100 billion 1,000-character emails per day, and 20 trillion communications of all types per year. »
Tout est enregistré et conservé pendant des années, au cas où on en aurait besoin.
Binney says that if anyone gets on the government’s “enemies list”, then the stored information will be used to target them. Specifically, he notes that if the government decides it doesn’t like someone, it analyzes all of the data it has collected on that person and his or her associates over the last 10 years to build a case against him. This includes whistleblowers, activists or even government insiders … like the head of the CIA.
Bien entendu tout cet horrible appareillage de surveillance générale de tous en permanence n’est qu’un des aspects d’un ensemble beaucoup plus vaste qui englobe à la fois les programmes de surveillance et d’assassinats par les drones, la surveillance et l’enregistrement de toute transaction financière par carte de crédit où autre, sans parler des microphones couplés à des vidéos installés désormais dans les bus où encore des microphones et vidéos installés dans les lampadaires des villes...
Et encore bien d’autres petites merveilles technologiques comme on les aime tant par les temps qui courent et qui permettent de nous enchainer toujours plus.
Mais rassurez-vous, chers lecteurs, comme l’a dit l’ex-sauveur de l’humanité, prix Nobel de la Paix (ahahah) :
« On ne peut pas vivre à 100 % en sécurité avec 100 % de vie privé ».
Eh oui, c’est bien là le problème ; d’une part ce que nous nommons « vie privée » n’est rien d’autre qu’une partie essentielle de la liberté individuelle, d’autre part vivre à 100 % en sécurité ne relève plus de la vie mais de la survie.
C’est un choix que chacun doit faire.
Prendre le risque de vivre, où survivre sans aucun risque.
Mais pour le moment tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.
lundi 2 juillet 2012
Big Brother européen : INDECT ? CE SERA CA !! NE LAISSONS PAS CE PROJET S'INSTALLER !
mardi 20 décembre 2011
Bernard Lugan censuré par la direction de I-Télé
A l’issue de la sortie de son dernier livre « Décolonisez l’Afrique », Bernard Lugan, le célèbre universitaire spécialiste de l’Afrique, avait été invité par Robert Ménart à l’émission animée par ce dernier et intitulée « Ménard sans interdits ». A cette fin Bernard Lugan accorda un entretien à Robert Ménard qui fût dument enregistré par ce dernier, entretien qui devait être ensuite passé au cours de l’émission qui se vante d'être "sans interdits". Cela ne manque pas de saveur étant donné que la direction de I-Télé a censuré l’interview en question ; en effet celui-ci fût interdit d’antenne.
Il est vrai que Bernard Lugan ne fait pas vraiment dans le « politiquement correct » à la BHL et compagnie, non plus que dans la profession d'anti-raciste, droits de l'hommisme et bla bla bla, cette sauce nauséabonde que l’on nous ressert à chaque plat qui passe et qui n’a d’autre qualité que de masquer la vérité des faits au profit d’une idéologie néfaste et dangereuse pour ceux mêmes au nom desquels elle prétend combattre. En l'occurence les africains et l'Afrique.
Vous pouvez vous rendre sur le site de Bernard Lugan : www.bernard-lugan.com et nous vous recommandons vivement d’acheter son dernier livre (comme les autres d'ailleurs) : « Décolonisez l’Afrique » qui vous donnera une perspective des événements de ce continent rafraichissante et lucide.
En attendant la Chronique de Cochon sur Terre reproduit ci-dessous l’intégralité de l’interview tel qu’il avait été prévu d’être projeté sur I-Télé.
Journaliste : Robert Ménard
Interviewé : Bernard Lugan
1) Dans votre livre vous écrivez que les Africains ne sont pas des « Européens pauvres à la peau noire » ; selon vous, c’est pourquoi toutes les tentatives de développement ont échoué en Afrique ?
Le refus de reconnaître les différences entre les hommes fait que nous avons imposé à l’Afrique des modèles qui ne lui sont pas adaptés. Nous l’avons fait avec arrogance, comme des jardiniers fous voulant greffer des prunes sur un palmier et noyant ensuite le porte-greffe sous les engrais. C’est ainsi que depuis 1960, 1000 milliards de dollars d’aides ont été déversés sur l’Afrique, en vain. De plus, nous avons voulu européaniser les Africains, ce qui est un génocide culturel. De quel droit pouvons-nous en effet ordonner à ces derniers de cesser d’être ce qu’ils sont pour les sommer d’adopter nos impératifs moraux et comportementaux ? L’ethno-différentialiste que je suis refuse cette approche relevant du plus insupportable suprématisme. Contre Léon Blum qui déclarait qu’il était du devoir des « races supérieures » d’imposer la civilisation aux autres races, je dis avec Lyautey qu’il s’agit de pure folie car les Africains ne sont pas inférieurs puisqu’ils sont « autres ».
2) Dans votre livre vous proposez de supprimer l’aide.
Oui, car l’aide, en plus d’être inutile, infantilise l’Afrique en lui interdisant de se prendre en main, de se responsabiliser. Dans la décennie 1950-1960, les Africains mangeaient à leur faim et connaissaient la paix tandis que l’Asie subissait de terribles conflits et d’affreuses famines. Un demi siècle plus tard, sans avoir été aidées, la Chine et l’Inde sont devenues des « dragons » parce qu’elles ont décidé de ne compter que sur leurs propres forces, en un mot, de se prendre en charge. Au même moment, le couple sado-masochiste composé de la repentance européenne et de la victimisation africaine a enfanté d’une Afrique immobile attribuant tous ses maux à la colonisation.
3) Vous dénoncez l’ingérence humanitaire que vous définissez comme un hypocrite impérialisme et une forme moderne de la « guerre juste », mais n’était-il pas nécessaire d’intervenir en Libye pour y sauver les populations ?
Parlons-en. Nous sommes en principe intervenus pour « sauver » les populations civiles de Benghazi d’un massacre « annoncé ». En réalité, nous avons volé au secours de fondamentalistes islamistes, frères de ceux que nous combattons en Afghanistan. Cherchez la logique ! Violant le mandat de l’ONU et nous immisçant dans une guerre civile qui ne nous concernait pas, nous nous sommes ensuite lancés dans une entreprise de renversement du régime libyen, puis dans une véritable chasse à l’homme contre ses dirigeants. Or, le point de départ de notre intervention reposait sur un montage et nous le savons maintenant. Que pouvaient en effet faire quelques chars rouillés contre des combattants retranchés dans la ville de Benghazi ? On nous a déjà « fait le coup » avec les cadavres de Timisoara en Roumanie, avec les « couveuses » du Koweït ou encore avec les « armes de destruction massive » en Irak. A chaque fois, la presse est tombée dans le panneau, par complicité, par bêtise ou par suivisme.
Mais allons plus loin et oublions un moment les incontournables et fumeux « droits de l’homme » pour enfin songer à nos intérêts nationaux et européens, ce qui devrait tout de même être la démarche primordiale de nos gouvernants. Nos intérêts étaient-ils donc menacés en Libye pour que nos dirigeants aient pris la décision d’y intervenir ? Etaient-ils dans le maintien au pouvoir d’un satrape certes peu recommandable mais qui, du moins, contrôlait pour notre plus grand profit 1900 kilomètres de littoral faisant face au ventre mou de l’Europe ? Nos intérêts étaient-ils au contraire dans la déstabilisation de la Libye puis son partage en autant de territoires tribaux livrés aux milices islamistes ? Sans parler des conséquences de notre calamiteux interventionnisme dans toute la zone sahélienne où, désormais, nos intérêts vitaux sont effectivement menacés, notamment au Niger, pays qui fournit l’essentiel de l’uranium sans lequel nos centrales nucléaires ne peuvent fonctionner…
4) Votre conception du monde n’a-t-elle pas une influence sur vos analyses et prises de positions ?
J’ai une conception aristocratique de la vie, je dis aristocratique et non élitiste, la différence est de taille, et alors ? Depuis 1972, soit tout de même 40 ans, je parcours toutes les Afriques, et cela du nord au sud et de l’est à l’ouest, ce qui me donne une expérience de terrain unique dans le monde africaniste ; c’est d’ailleurs pourquoi mes analyses ont du poids. Dès le mois de décembre 2010, dans ma revue, l’Afrique Réelle, j’ai annoncé ce qui allait se passer en Egypte trois mois plus tard. De même, dès le début, j’ai expliqué que le « printemps arabe » n’était qu’un mirage, un miroir aux alouettes autour duquel tournaient les butors de la sous-culture journalistique cependant que, méthodiquement et dans l’ombre, les Frères musulmans préparaient la construction du califat supranational qui est leur but ultime.
Voilà les propos que les téléspectateurs d’I-Télé n’ont pas eu le droit d’entendre.
lundi 2 mai 2011
USA et URSS : si les voies de Big Brother sont impénétrables elles se ressemblent étrangement.
Voici un exemple de plus de cette attention perpétuelle de nos gouvernements bien-aimés pour nous et nos semblables, une preuve de plus de l’amour qu’ils nous portent à nous tous, leurs consommateurs-contribuables préférés.
Aux USA cette adoration est devenu si insoutenable, si dévorante pourrions-nous dire, que Big Brother made in USA a décidé de rendre quasiment impossible l’obtention d’un passeport par un citoyen US désirant se rendre à l’étranger.
Jugez-en.
Voici ce que vous serez censés fournir comme renseignements si le document en question est adopté par l’administration US (c’est encore un projet). Vous êtes censés le remplir en moins de 45 minutes :
- Section A: Vos noms, prénoms, date et lieu de naissance, numéro de sécurité sociale (jusque là çà va).
- Section B: les noms, prénoms, lieux de naissance, date de naissance et citoyenneté de vos parents et beaux-parents (en cas de remariage), de votre conjoint, de vos enfants et petits-enfants (fin de partie pour votre chroniqueur).
- Section C: au cas où vous ne seriez pas nés dans un hôpital où une clinique, où si votre déclaration de naissance fût faite plus d’un an après votre naissance vous êtes priés de fournir les renseignements suivants, sinon passez à la section D :
5/6/7 - Adresse complète de votre mère un an avant votre naissance, au moment de votre naissance et un an après votre naissance (non, ce n’est pas une blague).
8 - Lieu de travail de votre mère au moment de votre naissance avec nom de l’employeur, son adresse et la date d’embauche (non, ce n'est toujours pas une blague).
9 - Indiquez si votre mère a reçu des soins avant votre naissance et après.
Si oui indiquez les noms et adresses des lieux médicalisés où cela fût effectué ainsi que les noms des docteurs qui pratiquèrent les dits soins et les dates des rendez-vous (non, nous ne l’avons pas inventé pour vous faire rire).
10 - Quel type de document votre mère utilisa t’elle pour entrer aux USA avant votre naissance ? (vous pouvez commencez à pleurer maintenant).
11 - Décrivez les circonstances de votre naissance (vous y étiez donc vous devez vous en souvenir parfaitement) ainsi que les personnes présentes en fournissant leurs adresses et leurs numéros de téléphone (sans commentaires).
12 - Indiquez toute cérémonie religieuse ayant eu lieu à l’occasion de votre naissance et/où tout document religieux ayant pu enregistrer votre naissance en indiquant les lieux et adresses des édifices sans oublier les dates où l'événement se produisit (toujours pas de commentaires).
- Section D: Indiquez la liste de tous vos lieux de résidences avec adresse et code postal, pays et date de résidence depuis votre naissance jusqu’à aujourd’hui (de moins en moins de commentaires).
- Section E: Listez tous vos emplois passés et présents aux USA et à l’étranger depuis votre naissance (!!!) en indiquant le nom de l’employeur, l’adresse de la société, les dates d’emploi, le nom de votre supérieur hiérarchique et son numéro de téléphone dans chacune des entreprises où vous avez travaillé (Au secours !!!).
- Section F: Indiquez la liste de toutes les écoles et universités où vous êtes allés en indiquant les noms, adresses et dates d’inscription (A l’aide !!!).
Combien de temps avez-vous mis, chers lecteurs, pour remplir cette demande de passeport ? 45 minutes ?
Félicitations, vous êtes donc un citoyen modèle de Cochon sur Terre.
Mais nous parions qu’aucun de nos estimés lecteurs n’est en mesure de répondre sur le bord du bureau de l’administration à chacune de ces questions abjectes. Nous en concluons donc que pas un de vous, chers lecteurs, n’êtes des citoyens modèles de Cochon sur Terre, ce qui nous réjouit au plus haut point.
Voilà donc un exemple de plus de l’extension toujours plus grande du flicage généralisé de toute la population, et par conséquent de la disparition toujours plus rapide de nos libertés. Il n’est pas nécessaire de crier pour la liberté des libyens où des Égyptiens lorsque c’est la nôtre qui s’évanouit tranquillement sous les coups d’une suite ininterrompue de mesure de ce genre qui sont d’autant plus insidieuses qu’elles ne sont jamais reliées les unes aux autres et qu’elles se font toujours au nom de notre sécurité, de nos droits et bla bla bla...
Mais n’oubliez pas qu’il arrive un point où la sécurité devient incompatible avec la liberté.
Nous y sommes depuis longtemps déjà mais cela n’empêche nullement le filet de se resserrer continuellement.
Maintenant veuillez vous poser cette question, chers lecteurs : si un gouvernement français vous demandait de répondre à ce genre de questionnaire pour avoir le droit de posséder un passeport, comment réagiriez-vous ?
Comme nous soupçonnons certains de nos estimés lecteurs d'exagérer quelque peu la réalité, où peut-être même d'avoir un peu trop d'imagination (...) nous vous fournissons ci-dessous le lien grâce auquel vous pourrez voir par vous-même le document incriminé. Cela vous montrera à quel point nous sommes "consensuels" et sans aucun parti pris à la Chronique de Cochon sur Terre...
Le lien vers le document de l'administration fédérale est ici : http://www.epic.org/privacy/id_cards/DS5513_Proposed_Form.pdf
Pendant ce temps-là tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes (vous voyez bien !).
lundi 13 décembre 2010
Wikileaks et Julian Assange : quand la démokracie met bas les masques.
En conséquence toute voie discordante du discours officiel est à tuer dans l’oeuf aussi vite que possible, par tous les moyens à disposition. C’est une question de survie.
Pour eux, c’est-à-dire les dignes et très démokratiques représentants de la nomenklatura, principalement aux USA.
Nous ne pouvons pas résister à vous donner, cher lecteur, un concentré des diverses réactions de nos parangons de vertus démokratiques, tous débordants d’amour pour les droits inaliénables de chaque citoyen du monde, sans parler de leur respect sacré et larmoyant pour la Constitution américaine, et particulièrement de son 1er Amendement, dont nous vous rappelons ici la teneur afin que vous puissiez vous rendre compte par vous-mêmes à quel point il est respecté à la lettre par les gouvernants bien-aimés des USA :
« Le Congrès ne fera aucune loi qui ne touche l’établissement où interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de parole où de la presse (souligné par nous), où le droit qu’à le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des tords dont il a à se plaindre. »
(1er Amendement de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique - 1791)
Voici donc quelques réactions de la nomenklatura occidentale, ces défenseurs acharnés de la liberté version CIA, des droits de l’homme, de la femme et des enfants en bas âge, des cochons aussi va sans dire, ainsi que de leur droit sacré à tous à la consommation de tout et n’importe quoi (le seul de tous nos droits qui soit resté intact jusqu’à aujourd’hui et le seul qui s’étendra toujours plus jusqu’à ce que mort s’en suive, soyez en sûrs chers lecteurs) :
la sénateur Diane Feinstein, digne progressiste de son état, démokrate au plus haut point, membre du parti du même nom :
« When WikiLeaks founder Julian Assange released his latest document trove—more than 250,000 secret State Department cables—he intentionally harmed the U.S. government. The release of these documents damages our national interests and puts innocent lives at risk. He should be vigorously prosecuted for espionage.
“The law Mr. Assange continues to violate is the Espionage Act of 1917. That law makes it a felony for an unauthorized person to possess or transmit "information relating to the national defense which information the possessor has reason to believe could be used to the injury of the United States or to the advantage of any foreign nation." ... Importantly, the courts have held that "information relating to the national defense" applies to both classified and unclassified material. Each violation is punishable by up to 10 years in prison.»
(Sources : The Wall Street Journal)
La pauvre chérie, malheureusement pour elle, a oublié quelques détails négligeables :
Ce n’est pas Julian Assange qui a subtilisé les documents. Il les a reçu d’une source faisant partie des deux millions de personnes ayant accès légalement aux dossiers classifiés du gouvernement US.
Contrairement aux affabulations de notre démocrate de choc Julian Assange et Wikileaks, en collaboration étroite avec les cinq journaux internationaux à qui ils ont transmis les documents, ont supprimé toutes références où toutes indications qui auraient pu mettre en danger la vie d’un individu quelconque. A ces fins ils ont même demandé à l’Ambassade US de Londres de les aider à faire le tri. Cette dernière n’a pas donné suite à ces demandes. De plus, et selon le Pentagone lui-même, il n’y aurait aucune victime à déplorer depuis la sortie des premiers documents sur l’Irak en Avril dernier.
Wikileaks est un organe de presse tout comme peuvent l’être le NY Times, le Guardian, le Figaro, Der Spiegel où El Pais. Wikileaks n’a pas fait plus que publier des documents qu’on lui a fourni, exactement de la même manière que l’ont fait les dignes organes de presse cités plus haut (et surtout le même nombre de documents soit 1269 à ce jour sur plus de 250.000) ; wikileaks n’est pas moins un organe de presse que ABC, CBS où tout autre site du même topo sur internet. En conséquence de quoi il devrait être protégé par le 1er Amendement de la Constitution des USA.
Un autre léger détail : Julian Assange n’est pas américain. Non, Mme la sénateur, le monde n’est pas américain et il se trouve que Julian Assange est citoyen australien (et nous espérons qu’il n’aura pas à le regretter étant donné l’attitude du premier ministre australien). En conséquence de quoi on ne voit pas comment il aurait pu trahir les USA... A moins que cette démocrate de choc ne fasse partie des ces membres de la nomenklatura US qui pensent que les USA « own the world », pour reprendre l’excellente expression de Noam Chomsky.
Le journaliste Jonah Goldberg, néo-conservateur :
« Why wasn’t Assange garroted in his hotel room years ago? » (Sources: National Review)
Evidemment cela aurait eu le mérite de simplifier les choses. Et puis on a l’habitude de ce genre de traitement dans nos régimes si friands de transparence, de démokratie, du droit des gens et bla bla bla... D’ailleurs, afin de vous convaincre chers lecteurs que nous ne sommes pas si paranoïaques que vous ne pourriez le penser, voici un court extrait d’un manuel que la CIA distribuait à ses agents en 1953, rendu public en 1997 :
"The most efficient accident, in simple assassination, is a fall of 75 feet or more onto a hard surface. Elevator shafts, stair wells, unscreened windows and bridges will serve... The act may be executed by sudden, vigorous [excised] of the ankles, tipping the subject over the edge. If the assassin immediately sets up an outcry, playing the 'horrified witness', no alibi or surreptitious withdrawal is necessary."
(Sources : Couterpunch)
Il est certain que dans le cas de Julian Assange il est un peu tard pour ce genre d'expédient. Gageons cependant que les méthodes décrites ci-dessus furent améliorées avec le temps, notamment grâce à la technologie et à toutes ces merveilles innombrables que le dieu progrès (alimenté par les $ 1000 milliards du budget annuel du Pentagone) nous fournit si généreusement tout au long de notre longue marche triomphale vers l’anéantissement général. Gageons donc, chers lecteurs, qu’on trouvera bien un moyen de se débarrasser des empêcheurs de mentir en rond tels que Assange.
- Erich Holder (Attorney General of the USA), digne démocrate lui aussi :
The US attorney general, Eric Holder, has announced that the Justice Department and Pentagon are conducting "an active, ongoing criminal investigation" into the latest Assange-facilitated leak under Washington's Espionage Act. Asked how the US could prosecute Assange, a non-US citizen, Holder said, "Let me be clear. This is not saber-rattling," and vowed "to swiftly close the gaps in current US legislation…"
In other words the espionage statute is being rewritten to target Assange (souligné par nous), and in short order, if not already, President Obama – who as a candidate pledged "transparency" in government - will sign an order okaying the seizing of Assange and his transport into the US jurisdiction. Render first, fight the habeas corpus lawsuits later.
(Sources : Alexandre Cockburn - Counterpunch)
A graver le plus profondément possible au fond de votre cervelas, chers lecteurs (et à ne jamais oublier) :
« In other words the espionage statute is being rewritten to target Assange ».
La modification d’une loi en fonction des besoins du jour avec effets rétroactifs est le signe le plus clair du meurtre définitif avec préméditation de l’état de droit dans un pays. A partir de là le citoyen devient sujet à l’arbitraire le plus complet et toute proclamation d’une liberté quelconque relève de la farce la plus sinistre.
Voire à ce sujet les expériences de l’Allemagne nazie, l’URSS, la Chine de Mao et autres régimes du même acabit.
- Tom Flanagan, ancien conseiller du premier ministre du Canada :
« Obama should put out a contract and maybe use a drone or something to rid the world of Mr Assange »
« ... I thinck Assange should be assassinated actually ... There is no good coming of this ...»
« ... I would not feel unhappy if Assange desapeared » he said in conclusion.
(Sources : CBS Show « Power and Politics »)
Ici nous nous trouvons face à des méthodes de la mafia ; en effet « passer un contrat sur un individu » est une procédure tout à fait caractéristique lorsqu’on confie à la mafia le soin d’éliminer quelqu’un. Cette déclaration est au propre comme au figuré un appel au meurtre qui peut parfaitement faire l’objet d’une plainte pénale comme l’ont d’ailleurs envisagé Julian Assange et ses avocats.
Les trois déclarations suivantes sont dues à trois probables futurs candidats à la présidentielle de 2012. Leurs propos nous montrent à quel point ils ont tous la stature adéquate pour devenir Président des USA.
Sarah Palin, probable futur candidate aux présidentielles (great !!!), à propos de Julian Assange :
« ... an anti-american with blood on his hands. »
« He should be hunted down like Al Quaeda’s leader Osama Bin Laden ...»
C’est effectivement ce que l’on pourrait souhaiter de mieux à Julian Assange étant donné le succès extraordinaire remporté par les USA et leurs caniches appointés pour capturer bin Laden qui court dans la nature depuis 9 ans.
- Rick Santorum, probable futur candidat aux présidentielles (argh !!!) :
... said Tuesday that Assange was guilty of "terrorism," and should be prosecuted as such.
(Sources : Huffington Post - 30.11.2010)
- Mike Huckabee, futur candidat aux présidentielles (argh !!! bis) :
Former Arkansas Gov. Mike Huckabee and possible Republican presidential candidate provided a harsh assessment of what he believes to be an appropriate punishment for the source of the latest WikiLeaks transmission of U.S. embassy cables, saying that "anything less than execution is too kind a penalty."
"Whoever in our government leaked that information is guilty of treason," Huckabee said, according to a report from Florida Independent. "They've put American lives at risk."
(Sources : Huffington Post - 30.11.2010)
La déclaration de ce dernier parait un peu plus articulée cérébralement parlant que celles de ces deux collègues puisqu’il ne parle que du où des Américains qui ont fourni les documents à wikileaks. Effectivement dans ce cas le terme de trahison pourrait s’appliquer, en tout cas selon les termes de « l’espionnage act » de 1917 qui ne fût concocté par Wilson que pour réduire au silence ceux qui s’opposait à l’entrée en guerre des USA (ils étaient la majorité) ; mais encore une fois «l’espionnage act» ne peut s’appliquer à Julian Assange en dépit des efforts désespérés de Erich Holder et de ses équipes de bureaucrates tortionnaires de lois pour tenter d’y faire tenir le cas de wikileaks et de son fondateur.
En tous cas nous ne pouvons plus ignorer qu’en cas de victoire électorale d’un de ces trois candidats à la Présidentielle de 2012 nous regretterons amèrement les Busch Jr, Cheney, Wolfowitz et compagnie qui feront figure d’enfants de choeur jouant dans leur bac à sable.
Cela dit rassurez-vous chers lecteurs la nomenklatura US ne fût pas la seule à se déchaîner contre wikileaks et Assange. Voici deux exemples aussi stupides que les autres, dont un français.
En effet notre effrayant ministre de l’industrie s’est cru obligé de se fendre d’une lettre au CGIET afin que cet organisme puisse lui fournir au plus vite les moyens de faire cesser l'hébergement du site wikileaks par l’entreprise française OVH. En voici quelques extraits truffés de mensonges et d’affirmations gratuites autant que dénuées de tout fondement juridique, sans parler de simple bon sens. Il ne fait que répéter les affirmations propagées par nos médias de désinformation qui tournent en boucle depuis deux semaines, répétées à satiété d’un air outré par tout crétin voulant se donner un air en dépit des preuves du contraire. Mais la vérité a t’elle quelque chose à voir là-dedans ?
« Cette situation n’est pas acceptable. La France ne peut pas héberger des sites internet qui violent ainsi le secret des relations diplomatiques et mettent en danger des personnes protégées par le secret diplomatique.
On ne peut héberger des sites internet qualifiés de criminels et rejetés par d’autres Etats en raison d’atteinte qu’ils portent à leurs droits fondamentaux. »
(Sources : Eric Besson - Nord Eclair )
Les commentaires sont inutiles (voir plus haut).
Le premier ministre australien réagit elle aussi à la publication des documents par wikileaks avec les mêmes faux arguments que le précité :
« I absolutely condemn the placement of this information on the wikileaks website. It is a grossly irresponsible thing to do and an illegal thing to do.»
(Sources : Julia Gillard, PM australien - Faifax radio)
« It would not happen, information would not be on wikileaks, if there had not been an illegal act undertaken. »
(Sources : Julia Gillard, PM australien - The Sydney Morning Herald - 07.12.2010)
Elle fût d’ailleurs remerciée avec enthousiasme par la nomenklatura US pour sa collaboration qui fut jugée, nous citons, « terrific ». Et cette aide fût si merveilleuse que le bruit court depuis quelques jours que les USA, encouragés par cette fructueuse collaboration faîte aux dépends d’un citoyen australien, auraient demandé au gouvernement australien de retirer sa nationalité à Julian Assange, acte qui relèverait de l’arbitraire le plus total. C’est pour cette raison, semble t’il, que les services gouvernementaux australiens cherchent fiévreusement un moyen de montrer comment Julian Assange a transgressé une loi australienne, tout comme leurs collègues US. Le problème c’est que Julian Assange n’a transgressé aucune loi australienne et qu’en dépit de la réthorique du pm australien sur la soit-disant illégalité sur laquelle repose les actions de wikileaks, il n’a pas été possible jusqu’à aujourd’hui de trouver quoi que ce soit de juridiquement probant. D’ailleurs à chaque fois que des journalistes ont demandé au pm australien sur quoi elle se basait pour affirmer que les actions de wikileaks étaient illégales elle n’a pas répondu. Et pour cause !
Mais rassurez-vous, chers lecteurs, on se charge aux USA et ailleurs de trouver un moyen de torturer suffisamment les lois pour y faire entrer le cas Assange. Sinon il suffira d’en créer de nouvelles avec effets rétroactifs afin de pouvoir inculper Assange le plus démokratiquement du monde naturellement.
Pour résumer :
Julian Assange est accusé de trahison et de terrorisme par les « Représentants Exclusifs du Bien sur Terre » (REBT), individus sans scrupules, sans foi ni loi (comme vu plus haut), et surtout sans cervelle ; en vertu de ces accusations sans aucuns fondements ces sinistres REBT ont ouvertement appelé de leurs voeux son assassinat où à tout le moins son exécution.
Cela ne tient aucun compte du fait que :
- 1) Julian Assange est Australien ce qui annule toute possibilité de trahir les USA.
- 2) il n’a pas volé les documents mais les a publié.
- 3) s’il était jugé pour cela il faudrait également juger le New York Times et attaquer les quatre autres journaux (à savoir : El Pais, Le Monde, Der Spiegel et The Guardian) qui ont publié exactement les mêmes documents que wikileaks (c’est à dire 1269 à ce jour sur plus de 250.000 qui furent dûment expurgés de toute référence pouvant mettre en danger un individu quel qu’il soit, comme l’ont reconnu et le Pentagone et Robert Gate).
4) il existe un précédent. Lorsqu’il y eut la publication de documents secrets émanant du Pentagone par le New York Times en 1971 non seulement le journal ne fût pas condamné mais le journaliste (Ellsberg) qui obtint ces documents ne passa pas un seul jour en prison. De plus la Cour Suprême précisa :
"only a free and unrestrained press can effectively expose deception in government".
(Sources : US Supreme Court - 1971 - Pentagone papers leak)
- 5) tout ce qui précède explique fort bien l’acharnement hystérique des REBT (Représentants Exclusifs du Bien sur Terre) à vouloir faire dépendre Assange du fameux «espionnage act» puisque cela permettrait de le priver de la protection du premier amendement de la Constitution des USA. En effet s’il était considéré comme un espion il pourrait être jugé comme tel et non comme journaliste ; car dans ce dernier cas il n’aurait aucune chance d’être condamné, comme on l’a vu, au nom du premier amendement de la Constitution des USA.
C’est à ce point que l’on touche aux enjeux véritables de cette affaire qui, à notre avis, sont au nombre de deux.
La premier touche directement à la liberté de l’information. A ce titre nous parlons donc ici de l’avenir d’internet étant donné que c’est le seul média encore capable de résister d’une manière efficace à l’emprise de plus en plus totalitaire, version soft nous vous l’accordons, de nos gouvernants bien-aimés sur tout ce qui touche à l’information du public et par-delà à la liberté individuelle, où plutôt le peu qui nous en reste. Oui, oui, nous savons que nous allons être taxés de grossière exagération mais c’est justement ce qui aurait tendance à nous faire penser que la situation est peut-être encore pire que ce que nous affirmons puisque les esclaves d’aujourd’hui ne se rendent même plus compte de leur état contrairement à ceux qui les précédèrent. Ces derniers ne songeaient à rien d’autre qu’à se libérer ; ceux d’aujourd’hui ne songent à rien d’autre qu’à se débarrasser au plus vite de toutes les prérogatives qui faisaient de leurs ancêtres des hommes plus libres qu’ils ne le seront jamais plus eux-mêmes en dépit de ce qu’ils peuvent prétendre. Donc liberté d’information.
L’editorial du journal The Guardian a bien résumé l’importance de cette question d’internet à travers l’affaire wikileaks:
«In times when big business and big governements attempt to monitor and control everything, there is a need as never before for an internet that remains a free and universal form of communication. Wikileaks’chief crime has been to speak the truth to power. What is at stake is nothing less than the freedom of the internet. All the rest is sideshow distracting attention from the real battle that is being fought. We should all keep focus on the true target.»
(Sources : The Guardian - 10.12.2010)
Le second enjeu de toute cette hystérie, du côté US en tout cas, a pour but de divertir l’attention du monde du contenu des câbles diplomatiques publiés par wikileaks et les 4 journaux internationaux qui s’en sont chargés en collaboration avec le site internet.
En effet on a beaucoup voulu nous faire croire que le contenu de ces câbles diplomatiques ne contenait rien qu’on ne savait déjà, qu’il n’y avait aucune découverte sensationnelle, bref beaucoup de bruit pour rien.
Hum, curieux alors de s’agiter de la sorte s’il n’y avait rien de si extraordinaire que cela dans ces câbles. Etrange que l’on menace de mort le responsable de la publication de documents si peu intéressants ; étrange dans ces conditions qu’on le compare à un terroriste et qu’on lance des fatwas à travers le monde pour se payer son scalp.
Tout çà pour rien d’important ?
Il est vrai que la plupart de ces câbles ne nous apprennent pas grand-chose de très nouveau à propos des positions politiques des uns et des autres, des confirmations de ce que l’on savait sans en avoir de preuves, des magouilles en tout genre etc... C’est vrai, rien de vraiment nouveau même s’il y a néanmoins des éléments intéressants.
Cela dit il y a malgré tout une chose qu’il serait dans l'intérêt des USA de faire oublier le plus vite possible et qui nous parait être ce qui est le plus grave de tout ce qui fût publié jusqu’à maintenant (en gardant en mémoire que seuls 1269 documents ont été publiés sur les 250.000).
Nous voulons parler ici des instructions secrètes données par Condoleezza Rice et Hillary Clinton aux diplomates US de 33 missions diplomatiques US à travers le monde de collecter des informations très inhabituelles. Car il s’agissait non seulement d’espionnage mais aussi et surtout de recueillir des données personnelles sur des individus, souvent citoyens de pays soit-disant alliés où « amis ». Les autres ne sont pas oubliés, rassurez-vous, chers lecteurs.
« The intelligence gathering directives were sent from the intelligence operations office within the state department’s bureau of intelligence and research, which describe itself as the nexus of intelligence and foreign policy.
They made clear that the intelligence operation was not merely a useful addition to the work of a secret service, but that the intelligence community relies on state)reporting officers for much of the biographical information collected worldwide. Biographic reporting is defined in the cables as including «credit card account numbers, frequent flyer account numbers» as well as «compendia of contact information » (souligné par nous).
(Sources : The Guardian - 02.12.2010)
On apprend ainsi que les soit-disant diplomates US sont des espions comme les autres chargés de recolter toutes les données personnelles possibles et imaginables. Etrange non ? Pourquoi recueillir les numéros de cartes de crédit, les mot de passe de boîtes e-mail où les numéros de cartes de frequent flyer sans parler de l’ADN ?
De plus on apprend que les Nations-Unies elles-mêmes étaient, elles le sont toujours pas de panique ! l’objet d’une intense surveillance qui inclut l’obtention de :
«... biometric datas (souligné par nous) on permanent security council representatives, and passwords and personal encryption keys used by top UN officials - in possible contravention on international law. »
(Sources : The Guardian - 02.12.2010)
Dans un autre câble on apprend que les « biometric informations » comprennent l’obtention de l’ADN, des scan de l’iris et des empreintes digitales des diplomates ciblés, sans compter les numéros de carte de crédit, numéros de comptes en banque, copies de passeport etc...
Etrange non ?
"The only reason they can be asking for this information is to break into the communication systems or monitor them in some way."
(Sources : The Guardian - 02.12.2010)
Oui, ce serait une explication mais elle ne correspond pas vraiment avec l’utilité des données personnelles demandées dans la directive secrète envoyée par Clinton en 2009. En d’autres mots on n’a pas besoin du scan de l’iris ni du numéro de fax où du numéro de la carte de crédit du représentant de la France au Conseil de Sécurité des nations-Unies pour savoir ce que la France (ce pays «ami» qu’on aime tant et dont on respecte si bien la souveraineté...) va voter au prochain conseil. C’est une explication qui pourrait convenir en d’autres temps et avec d’autres pays. Mais nous avons affaire à un pays qui agit comme si le monde lui appartenait, pour plagier Noam Chomsky.
Non, chers lecteurs, ne soyons pas trop naïfs. Car le contenu de ces demandes font plutôt penser à de la préméditation d’usurpation d’identité aux fins d’obtenir de la cible qu’elle se comporte comme l’on veut et non comme elle le souhaiterait.
Ce genre de comportement ne vous fait-il pas penser à quelque-chose, chers lecteurs ? Un incident survenu il y a quelques temps au Moyen-Orient ? Souvenez-vous, un effort, que diable ! L’assassinat d’un Palestinien important à Dubaï l’année dernière par des barbouzes du Mossad qui avaient commis leur forfait sous une identité volée de touristes anglais dont les passeports avaient été copiés alors que ceux-ci passaient à la douane innocemment.
Vous voyez que l’on peut faire beaucoup de choses avec ce genre de données ; par exemple faire pression sur ceux dont on a volé et usé de l’identité de manière à les mettre en situation de ne pouvoir refuser ce qu’on leur demande de faire pour notre propre intérêt.
The directive has been characterized as the spy directive, but this is an unusual kind of spying. Usually, spying focuses on what other governments think, how they are likely to vote on US initiatives, who can be bribed, and on sexual affairs that could be used to blackmail acquiescence to US agendas.
In contrast, the information requested in the secret directive is the kind of information that would be used to steal a person’s identity.
Why does the US government want information that would enable it to steal the identities of UN officials and impersonate them?
Could it be that Washington wants to be able to impersonate UN officials and country delegates so that it can compromise them by involving them in fake terrorist plots, communications with terrorists real or contrived, money laundering, sex scandals and other such means of suborning their cooperation with Washington’s agendas? All the CIA has to do is to call a Taliban or Hamas chief on a UN official’s telephone number or send a compromising fax with a UN official’s fax number or have operatives pay for visits to prostitutes with a UN official’s credit card number.
The report in the Guardian on December 2 that the CIA drew up the UN spy directive signed off by Hillary Clinton is a good indication that the United States government intended to compromise the United Nations and turn the organization, as it has done with so many governments, into a compliant instrument of American policy, to an extent even greater than is already the case.
Perhaps there is another plausible explanation of why the US government desired information that would enable it to impersonate UN officials, but as a person who had a 25-year career in Washington I cannot think of what it might be.
(Sources : Paul Craig Roberts - Counterpunch - previous editor of the Wall Street Journal and former Assistant Secretary of the US Treasury)
Avouez cher lecteur que c’est tout de même embarrassant ce genre de révélations et qu’on a plutôt interet à les faire oublier le plus rapidement possible. Surtout lorsque les cibles sont des pays que l’on qualifie publiquement d’alliés où même d’amis alors qu’on les traite tout aussi mal que ses vrais ennemis.
On comprend mieux l’acharnement des USA sur wikileaks et son fondateur.
"What this shows about the US's own conduct is that it is really trying to discredit WikiLeaks by shifting the focus from wrongdoing by the United States in places like Afghanistan, Iraq, spying on the United Nations and so on - and instead, trying to focus all the legal attention, all the attention on crime and illegality, to WikiLeaks."
Ben Saul says the lack of a US indictment suggests the Justice Department does not have the evidence it needs to put Assange or WikiLeaks on trial under existing US law.
Saul says that as a result, US officials appear to be waging a kind of "global legal war" against Assange and WikiLeaks, which he says is aimed at discrediting the group as an illegal, even "terrorist", organization.
"Some US politicians and commentators have even called for the assassination or killing of Julian Assange. This is pretty extraordinary and lawless stuff," Saul says.
(Sources : Ron Synovitz - Asia Times - 10.12.2010)
Mais il y a pire, cher lecteur. Car il se pourrait bien que certains pays ne se décident à porter plainte contre les USA, où contre Hillary Clinton, où les deux, à la Court Internationale de Justice.
Une plainte contre Tata Hillary par exemple, Secrétaire d’Etat des USA, pour espionnage contre des diplomates du Conseil de Sécurité de l’ONU ?
Ce serait très divertissant.
A leading expert on UN law today said the proposed activity in the directive breached two international treaties and could lead to the US being censured by the UN general assembly or even, in extreme circumstances, prosecution at the international criminal court.
The targeting of diplomats from North Korea and the permanent representatives of the security council from China, Russia, France and the UK leaves the US government exposed to action from any of those countries.
Dapo Akande, lecturer in international law at Oxford University, said: "Obtaining passwords and information on communications systems violates the 1947 headquarters agreement between the US and UN and the general convention on the privileges and immunities of the United Nations.
(Sources : The Guardian - 02.12.2010)
En Australie des voix s’élèvent pour demander au gouvernement de porter plainte contre les USA pour violation des lois internationales envers les diplomates. Seront-elles suivies d’effet ? Hum, il vaudrait mieux être pessimiste à ce niveau la.
Malheureusement.
Cependant, au-delà du cas de Julian Assange, et en ce qui nous concerne tous, où plutôt devrait nous concerner, c’est la mise sous tutelle d’internet qui est en jeu, où plutôt le risque de sa mise sous tutelle. Car ne nous y trompons pas tous les gouvernements cherchent tous les moyens possible pour y parvenir puisque cela reste le seul endroit où il règne une véritable liberté d’expression. Il semble pour le moment que ce danger soit plutôt bien compris mais ne sous-estimons pas la force d’inertie de Cochon sur Terre.
N’est-il malgré tout pas surprenant qu’il n’y ait eu aucune manifestation de soutien à Julian Assange ; nous sommes surpris (vraiment ?) du silence assourdissant qui a accueilli sa mise en détention, de l’absence de protestation de la part de tous les défenseurs acharnés de la liberté et bla bla bla, ceux-là même par exemple qui manifestaient il y a peu avec tant d’enthousiasme pour leur retraite à 60 ans alors qu’ils en ont supposément 18 (il est vrai qu’il n’était pas question de liberté c’est le moins qu’on puisse dire).
Au fond nous avions peut-être tord et ils avaient peut-être raison de manifester ; ils sont probablement beaucoup plus proche de la retraite que nous ne le pensions puisqu’ils ne savent manifester rien d’autre que de l’apathie pour défendre une cause menacée d'élimination et supposée être celle de gens épris de liberté, donc jeunes, en esprit en tous cas.
Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a bien peu de monde dans les rues pour cette cause juste.
C’est vrai qu’il fait froid. Et puis il y a du verglas, c’est dangereux, même si on est assuré...
Attendons l’été. Mais l’été ce sont les vacances.
Bon, alors attendons et puis ce n’est peut-être pas si grave que çà, hein ?
Après tout on en a vu d’autre, allez...
Pendant ce temps Julian Assange est en prison et nos gouvernants bien-aimés s’emploient à trouver le moyen démokratique de l’éliminer démokratiquement tandis que tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.
lundi 15 février 2010
Accord Swift aux chiottes; merci aux Eurodéputés!
Enfin une bonne nouvelle !
Le Parlement Européen a rejeté par 378 voix contre 196 et 31 abstentions l’accord passé entre les ministres des Affaires étrangère européens et les USA.
Nos dignitaires à la petite semaine se sont en effet empressés de signer comme des moutons, c’est à dire les yeux fermés et les oreilles bouchées par leur propre lâcheté et leur bêtise congénitale, ce que les américains et leurs réseaux européens leur demandait. A savoir l’autorisation donnée à la société Swift de transmettre aux autorités US tous les renseignements que ces dernières pourraient leur demander sur les données personnelles et financières des européens ayant pu exécuter des transactions financières par l’intermédiaire de la dite société européenne.
Tout cela, bien entendu, au nom de ... devinez quoi ? au nom de notre SECURITE bien sûr ! Notre Sacro Sainte SECURITE (SSS) ! Heureusement qu’elle est là celle-ci car sans quoi le monde serait vraiment ennuyeux (surtout pour nos gouvernements en réalité) ! Et puis, cerise sur le gâteau, au nom de la lutte contre le terrorisme. Eh oui, ne l’oublions pas celle-ci non plus...
Donc au nom de notre Sacro Sainte Sécurité (SSS) nos crétins de ministres européens, ceux qui sont censés nous représenter (ah ah ah!, rassurez-vous c’est une blague, de mauvais goût nous vous l’accordons), bref ces gens délicats se sont pliés en quatre pour signer au plus vite les demandes pressantes du gouvernement US afin qu’il puisse piller directement dans le système de la société Swift toutes les données relevant de la vie privée de citoyens européens qui pourraient lui faire plaisir, et ce en toute légalité. Vous pourrez nous dire que cela représente un progrès dans le sens où de 2001 à 2006 le gouvernement US le faisait déjà mais en toute illégalité jusqu’à ce que le scandale sorte dans les journaux... Donc, oui, en quelque sorte c’est un progrès.
Nos pauvres ministres étaient si pressés de nous protéger au plus vite (comme on les comprend!) qu’ils signèrent les autorisations, sous forme d’accord tout à fait égal entre les deux parties évidemment, la veille de l’entrée en vigueur des nouvelles prérogatives du Parlement Européen telles que définies par le Traité de Lisbonne (vous savez bien celui pour lequel nous, citoyens européens, avons tous voté à une écrasante majorité, comme dans toute démocratie qui se respecte...).
Pas de chance, pour nos «représentants» et les américains, le Parlement Européen était de très mauvaise humeur car il n’avait pas digéré le tour de passe passe des ministres qui le privait de mettre son grain de sel à propos de cet accord. Le dit Parlement, très en colère, vient donc non pas de mettre son grain de sel mais de lancer un énorme pavé dans la marre en invalidant le soit disant accord pour au moins trois raisons:
- l'accord brise la protection des données prévue en Europe,
- l'accord est trop intrusif dans la vie privée des citoyens européens par rapport à son objectif,
- il n'existe pas de contrepartie américaine qui ne fournit aucune information aux autorités du contre terrorisme européennes sur les transferts bancaires sur son propre territoire.
Gros mécontentement des américains qui se disent très frustrés de ne pouvoir assurer la protection de nous autres, les 500 millions d’Européens.
Mais apparemment le parlement européen ne connaît pas le sens unique qui est précisément la caractéristique principale de ce que l’administration US nomme un «accord équilibré entre les deux parties».
Merci donc aux eurodéputés qui ont voté contre cet accord scandaleux.
Mais pour le moment tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.