dimanche 25 septembre 2011

Russie : Vladimir Poutine adoubé par Dimitri Medvedev.

Que ne faut-il pas lire de nos jours, chers lecteurs !
A en croire notre presstitute préférée c’était prévu d’avance, tout le monde le savait, cela ne faisait aucun doute pour personne et blablabla...

Extraordinaire !

Une fois encore soit on nous prend pour des c... soit la capacité de mémoire des habitants de Cochon sur Terre ne dépasse pas les trente secondes (selon notre théorie bien connue).
Où les deux à la fois, ce qui est le plus probable.

Tous ces « experts », « kremlinologues » et autres « spécialistes » qui n’ont cessé de détecter des crises entre le président russe et son premier ministre pendant des années, ceux là qui n’ont cessé de prendre leurs petits fantasmes de midinettes politiques germanopratines pour la réalité; les mêmes qui nous prédisaient avec les airs gourmands et gourmés de ceux qui sont en relation directe avec dieu que Medvedev et Poutine étaient à couteaux tirés ; ceux qui prennent la projection de leurs superstitions politiques pour des analyses en nous répétant à longueur d’année que l’un représentait la Russie « moderne », donc « progressiste » (forcément), et l’autre la Russie réac, ringarde et compagnie (on connaît le volapuk de ces gens là, et ce d’autant mieux que son répertoire en est très très limité) ; ceux encore qui nous prédisaient une candidature du Président Medvedev à la présidentielle contre Poutine et blablabla....

Eh bien figurez-vous, chers lecteurs, que tous ces crétins idéologiquement diplômés avaient raison ! Oui, oui, oui, ils avaient raison sur toute la ligne depuis le début. Que Poutine soit candidat à la présidentielle adoubé par Medvedev qui lui-même deviendra le chef de file de la liste de Russie Unie aux élections législatives pour finir Premier Ministre, eh bien oui, ils l’avaient prédit depuis le départ...
Nous voilà rassurés...
Manque de chance ils ont oubliés que les dirigeants Russes ne ressemblent pas aux nôtres, ces pantins incapables d’aucune conviction ni d’aucune perspective à plus long terme que celles des prochaines élections, ces marionnettes manipulées par les sondages et autres tartufferies dont notre digne époque se prétend si fière, comme l'ex sauveur de l'humanité vient de nous donner une preuve de plus avec son lamentable discours prononcé à l'ONU.

Eh bien tant mieux s’ils avaient raison à la fin !
Car c’est un gage de stabilité pour la Russie à l’aube d’une décennie qui s’annonce très agitée et qui risque d’accoucher de bouleversements que bien peu sont capables d’imaginer, sans parler de leurs conséquences.
Bien entendu, pour nos ayatollahs du progressisme, stabilité équivaut à stagnation voir régression (ô anathème !), vision à long terme signifie autoritarisme voir dictature etc... Poutine est assimilé à Staline, même si sa popularité peut faire s’évanouir de jalousie TOUS les politiciens de l’hémisphère occidental ; ils ne cessent de nous remémorer à quel point la Russie est corrompue (c’est bien connu nos démokraties ne le sont ABSOLUMENT pas), à quel point la Russie est un pays où les libertés sont inexistantes (les nôtres sont florissantes et se développent à vue d’oeil, bien entendu) etc, etc...

Laissons les pérorer dans leurs coins. De toute manière, et fort heureusement, leur audience ne dépasse pas Saint Germain, et encore... Quant aux Russes inutile de dire qu’ils ne savent même pas de quoi on parle.
Et ils ont bien de la chance !

Mais viendra un jour, chers lecteurs, où nous finirons par envier aux Russes leur stabilité politique tant critiquée... et peut-être même nous mettrons-nous à la réclamer pour nous aussi.

Mais pour le moment tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.

samedi 17 septembre 2011

Palestine : la nouvelle donne

C’est curieux car nos médias de désinformation préférés, ceux que certains de nos amis américains nomment la « presstitute », n’ont pas beaucoup parlé d’un article à notre avis très important paru Samedi dernier dans le NY Times.
Cet article est signé par le Prince Turki Al Fayçal, ancien directeur des services secrets saoudiens, ancien ambassadeur à Washington etc, bref un membre plus qu’éminent du gouvernement saoudien, membre de la famille royale du même pays. C’est-à-dire quelqu’un dont on ferait mieux d’écouter ce qu’il raconte, surtout lorsqu’il le dit publiquement par la voie d’un journal aussi symbolique que le NY Times. En bref quelqu’un d’informé qui ne parle certainement pas de son propre chef mais se fait le porte-parole officieux du gouvernement de son pays.
Or le message est d’importance.

L’article paru dans le NY Times n’est pas très long mais il est explicite, c’est le moins que l’on puisse dire. De plus la date de parution n’est certainement pas fortuite. Faire paraître un tel article de ce type le lendemain de « l’anniversaire » des dix ans de la destruction du World trade Center, c’est implicitement se ranger du côté de ceux qui proclament depuis des années que la motivation réelle de ceux qui commirent les attentats du 11 Septembre 2001 n’était pas religieuse mais bien plutôt essentiellement liée au problème palestinien et au soutien inconditionnel des USA à Israël. Bien évidemment cela va tout à fait à l’encontre de tout ce que l’on nous a seriné depuis dix ans à propos des islamistes fous de dieu etc...
Robert Fisk en parle très bien dans son remarquable article du 11 Septembre dernier :

But I'm drawn to Anthony Summers and Robbyn Swan whose The Eleventh Day confronts what the West refused to face in the years that followed 9/11. "All the evidence ... indicates that Palestine was the factor that united the conspirators – at every level," they write. One of the organisers of the attack believed it would make Americans concentrate on "the atrocities that America is committing by supporting Israel". Palestine, the authors state, "was certainly the principal political grievance ... driving the young Arabs (who had lived) in Hamburg" (souligné par nous).
The motivation for the attacks was "ducked" even by the official 9/11 report, say the authors. The commissioners had disagreed on this "issue" – cliché code word for "problem" – and its two most senior officials, Thomas Kean and Lee Hamilton, were later to explain: "This was sensitive ground ...Commissioners who argued that al-Qa'ida was motivated by a religious ideology – and not by opposition to American policies – rejected mentioning the Israeli-Palestinian conflict... In their view, listing US support for Israel as a root cause of al-Qa'ida's opposition to the United States indicated that the United States should reassess that policy." And there you have it.
(Sources : The Independant - Robert Fisk - 11.09.2011)

Relisez bien cette phrase chers lecteurs, c’est la plus importante du texte de Robert Fisk :

« In their view, listing US support for Israel as a root cause of al-Qa'ida's opposition to the United States indicated that the United States should reassess that policy." And there you have it. »
(Sources : The Independant - Robert Fisk - 11.09.2011)

C’est exactement ce que dit le Prince Turki Al Fayçal dans son article.
Il annonce officiellement que l’Arabie Saoudite a enfin pris conscience que le problème palestinien était LE problème à résoudre avant tout autre chose et que le soit-disant printemps arabe ne permettait plus aujourd’hui aux dirigeants de la région de l’ignorer sous peine de passer à la trappe comme les Moubarak, Ben Ali et compagnie.

The United States must support the Palestinian bid for statehood at the United Nations this month or risk losing the little credibility it has in the Arab world. If it does not, American influence will decline further, Israeli security will be undermined and Iran will be empowered, increasing the chances of another war in the region.
(Sources : NY Times - Prince Turki Al Fayçal - 11 Septembre 2011)

Car ne nous y trompons pas, chers lecteurs, si les Saoudiens et autres états arabes se prennent soudain d’une affection si grande pour cette cause palestinienne qu’ils ont tous soigneusement ignoré pendant des décennies pour cause d’alliance avec les USA (selon le deal passé entre Rossevelt et Ibn Séoud « sécurité contre pétrole », qui avait pour objectif essentiel d’assurer la libre circulation de l’or noir du Golfe Persique aux pays occidentaux) ce n’est certainement pas par charité mais bien plutôt par pure « real politik ».
Car, assurés de la protection des USA, eux-mêmes devenus les serviteurs inconditionnels d’Israël quoi que ce dernier puisse faire grâce au redoutable lobby israélien entretenu au Congrès US, le devenir des palestiniens n'intéressa absolument personne, y compris et surtout parmi les pays arabes eux-mêmes, pendant des décennies. A quoi bon se mettre à mal avec nos protecteurs si le devenir de nos régimes est assuré ?

Aujourd’hui la donne a changé fondamentalement.
Tout s’est trouvé chamboulé pour une raison très simple : le deal « sécurité contre pétrole » est devenu caduc car une des parties a rompu le contrat aux yeux de l’autre. En effet le déclin accéléré de la puissance des USA s’est spectaculairement traduit (aux yeux des pays du Golfe en tout cas) dans leur incapacité à protéger le régime de Moubarak ; cela a tout à coup envoyé un électrochoc aux pays membres du GCC et aux saoudiens en particulier.
Ils ont soudain compris deux choses :

1) les USA en déclin ne sont plus capables d’assurer leur sécurité ni la stabilité de leurs régimes.
2) s’ils veulent rester au pouvoir, où même en vie, ils ne pourront compter que sur leurs propres forces. D’où la réaction foudroyante et sans concession des saoudiens aux événements de Bahrein (voir nos posts à ce sujet) en particulier et du printemps arabe en général ; d’où leur prise en main de la Péninsule arabique, leurs très récentes commandes pharaonique de matériel militaire, leurs accords avec le Pakistan sur la mise à leur disposition par ce dernier d’une division entière qui pourrait être envoyée en cas de besoin pour défendre la péninsule arabique contre une révolte ; d’où également le recrutement par les UAE d’une équipe d’entraînement militaire pour des mercenaires, là encore d’origine pakistanaise principalement, qui serait destinée à servir de force d’intervention rapide (en plus de la division pakistanaise en réserve au Pakistan) en n’importe quel point de la Péninsule, Bahrein par exemple, où même ailleurs, pourquoi pas en Libye comme en court le bruit ici où là.

Tout cela provoquera des changements spectaculaires de politique étrangère de la part des états arabes. Désormais orphelins de la protection US, ils ne peuvent plus se permettre de faire l’impasse sur la question palestinienne. Non seulement ils ne peuvent plus l’ignorer mais ils doivent l’intégrer dans leur politique générale et nous pouvons parier que cette question en sera un des axes principaux
De plus, cette érosion rapide de la puissance US et surtout l’extinction quasi complète de la crédibilité des USA dans la région ont une autre conséquence dont nous avons déjà parlé : la résurrection des rivalités ancestrales entre les puissances régionales, c’est à dire la Turquie, l’Egypte, l’Iran et la parvenue de la région, l’Arabie Saoudite. Chacune de ces puissances doit désormais lutter contre les autres afin d’assurer son hégémonie sur la région, où en tout cas limiter celle des voisins, en dépit des grands discours sur l’unité et bla bla bla. La lutte pour l’hégémonie dans la région entre la Turquie, l’Egypte et l’Iran n’est pas nouvelle ; cela fait des milliers d’années qu’elle dure mais elle avait plus où moins été mise sous le boisseau par l’alliance des états arabes avec les USA. Aujourd’hui elle réapparaît au grand jour, compliquée par la haine paranoïaque des Saoudiens pour l’Iran et les shiites.
Dés lors la question palestinienne devient un enjeu central dans la lutte entre ces puissances pour le leadership de la région. Chacune d’elle voudra prendre le rôle de champion de la cause des palestiniens afin de s’assurer d’une certaine suprématie dans la région ainsi que d’une popularité auprès des populations mise à mal par des décennies de « collaboration » avec les USA. D’où la politique d’Erdogan, qui lui vaut la sympathie de la majorité des populations arabes, d’où celle de l’Iran, bien que beaucoup plus ancienne à cet égard, d’où ce qui se passe aujourd’hui en Egypte, d’où celle des états du Golfe etc...

L’article du prince Turki Al Fayçal apparaît à cette aune comme l’officialisation par l’Arabie Saoudite, gardienne des lieux saints, de sa nouvelle politique étrangère.

Moreover, Saudi Arabia would no longer be able to cooperate with America in the same way it historically has. With most of the Arab world in upheaval, the “special relationship” between Saudi Arabia and the United States would increasingly be seen as toxic by the vast majority of Arabs and Muslims, who demand justice for the Palestinian people.
Saudi leaders would be forced by domestic and regional pressures to adopt a far more independent and assertive foreign policy. Like our recent military support for Bahrain’s monarchy, which America opposed, Saudi Arabia would pursue other policies at odds with those of the United States, including opposing the government of Prime Minister Nuri al-Maliki in Iraq and refusing to open an embassy there despite American pressure to do so. The Saudi government might part ways with Washington in Afghanistan and Yemen as well.
(Sources : NY Times - Prince Turki Al Fayçal - 11 Septembre 2011)

S’il en expose les grandes lignes en termes très vagues il ne laisse en revanche aucun doute sur le fait que l’Arabie Saoudite et les USA se retrouveront désormais en opposition frontale sur la plupart des questions régionales liées au Moyen-Orient, voir sur l’ensemble des questions liées au monde musulman en général. Ce qui revient à dire que les USA pourraient désormais être considérés comme des ennemis du monde musulman aux yeux des saoudiens. En poussant le bouchon un peu plus loin nous ne sommes plus très loin du « grand satan » de Khomeiny.

Ne nous y trompons pas, chers lecteurs : ce qui est bon pour l’Arabie Saoudite est valable pour l’ensemble des pays arabes, désormais en passe de se libérer complètement de la puissance US en raison à la fois de son effondrement comme de la pression du sentiment populaire au Moyen-Orient contre la politique US de soutien à Israël : c’est ainsi que l’Egypte et la Turquie sont quasiment sorties de l’orbite US, sans parler de l’Iran bien sûr qui, elle, en est sortie il y a trente ans. L’article du NY Times annonce la fin de l’alliance des régimes du Golfe Persique avec les USA et leur indépendance retrouvée sur le plan de la politique étrangère. Car si les dirigeants arabes ne veulent pas subir le même sort que le Shah, Moubarak, Ben Ali et compagnie, ils doivent réaffirmer l’indépendance nationale qui ne se comprend plus au MO sans un soutien tonitruant à l’incontournable et hautement symbolique question palestinienne ; en conséquence en opposition directe aux USA et à Israël.

Dans ce contexte, précisément, la demande palestinienne de reconnaissance de leur état par l’ONU et le Conseil de Sécurité dans quelques jours est un piège redoutable pour les USA. Il leur faut choisir entre leur alliance avec les états de la péninsule arabique, le monde arabe en général, ou le rejet de leur inféodation au lobby israélien. On connaît la réponse d’avance. Etant donné le spectacle affligeant des récentes capitulations sans conditions successives d’Obama face aux diktats de Netanyahu, relayé par son lobby au Congrès qui menace entre autre de ne pas soutenir financièrement la campagne électorale d’Obama l’année prochaine, cela n’étonnera que les naïfs où les aveugles congénitaux. Ce vote constituera donc certainement un point de non-retour pour tous les acteurs concernés car tout le monde sera forcé de prendre ostensiblement position sur cette question incandescente qui est LA question centrale qui détermine tout ce qui se passe au MO depuis des décennies, même si tous ont tenté d’en minimiser l’importance en dépit de l’évidence. Par conséquent ce vote, et il semble désormais assuré qu’il aura bien lieu en dépit des pressions considérables exercées par les USA sur Abbas pour le dissuader d’en faire la demande, ce vote donc servira à établir la nouvelle ligne de démarcation entre les « pour » et les « contre » ; il n’y aura plus d’équivoque possible. Ce sera l’officialisation de la rupture entre les USA et les états arabes. Chacun aura choisi son camp clairement : les états arabes et la Turquie pour la reconnaissance d’un état palestinien et les USA et Israël contre puisque les USA ont déjà annoncé qu’ils opposeront leur veto au Conseil de Sécurité contrairement à la France et à la Russie qui ont annoncé qu’elles voteraient en faveur de la reconnaissance. En revanche il est très probable que cela soit voté à l’Assemblée Générale.
Nous pouvons donc dire sans crainte d’être contredit par les événements que les jeux sont faits, la rupture consommée et que chacun devra prendre ses responsabilités et en assumer les conséquences. Mais en premier lieu ce vote constituera une défaite majeure pour les USA qui achèvera de les perdre dans l’esprit de tout habitant du Moyen-Orient ; deuxièmement il changera notablement les rapports de force en présence au Moyen-Orient au détriment des intérêts des USA et à plus long terme de ceux d’Israël.

Pour l’instant tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.

mardi 30 août 2011

Libye : Gadaffi avait raison !

Qu’il est doux le mois d’Août lorsqu’il s’achève par un goût de victoire si mérité.
"Nous avons libéré la Libye" !
Comme nous nous réjouissons tous d’avoir ainsi libéré les six millions de Libyens de l’emprise de l’horrible tyran, à côté duquel Saddam Hussein n’était qu’un enfant de choeur !
Comme nous fumes tous saisis d’une émotion incontrôlable à l’annonce de la libération de Tripoli par nos « protégés », ces rebelles que l’on connaît si bien et qui, pour le moment, nous sont si reconnaissant pour notre inconditionnel soutien moral dans leur combat pour la liberté (uniquement moral bien entendu puisque nous avions l’impératif devoir de respecter à la lettre la résolution de l’ONU bien connue)... Cet appui moral si pur qui reflète si bien la transparence immaculée de notre générosité libérée de tout attente d’une quelconque récompense en retour ; non, ce n’est pas tout à fait exact : nous ne désirons qu’être aimés ; en ce qui concerne l’eau fraîche c’est une autre histoire dont nous reparlerons plus bas.

Oui, décidément, chers lecteurs, nous sommes des gens admirables, nous ne cessons de vous le dire, mais en voici une preuve de plus, s’il en était encore besoin. Nous pouvons vraiment être fiers de nous (oui nous le sommes déjà, nous le savons, mais voici une occasion unique d’augmenter encore le stock de fierté que nous éprouvons déjà pour nous-mêmes).

Désormais les jeux semblent être faits (enfin selon la propagande officielle).
La Libye, parait-il, est libérée pour de bon de notre ex-allié aujourd’hui requalifié de tyran par tous ceux qui, hier encore, le recevaient chez eux où se rendaient chez lui avec transport, ceux-là même qui désormais veulent sa peau en la mettant à prix pour $1.6 million : les Sarkozy, Cameron, Obama, Berlusconi et compagnie, bref le gang des humanistes en goguette.
Entre nous $1.6 million çà fait vraiment petit joueur en comparaison de ce que toute l’affaire est censée nous rapporter. Rien que les investissements de l’état libyen à l’étranger s'élèveraient à quelques $150 milliards sans compter les réserves d’or de la banque centrale libyenne qui se monteraient à 143,8 tonnes (en admettant que çà n’ait pas disparu entre temps) et que l’on envisage avec délice de privatiser (rassurer-vous, chers lecteurs, tout le pays sera vendu à l‘encan, c’est promis !).
Mesquins en plus de tout, les humanistes !
Il se trouve que pour rafraîchir nos mémoires atteintes de fièvre aphteuse, voire d’encéphalite aggravée, c’est-à-dire afin de compenser notre incapacité congénitale à ne plus être capable de se souvenir d’un événement vieux de plus de trente secondes, wikileaks a fort opportunément publié les cables envoyés par l’ambassade des USA à Tripoli à son gouvernement au cours des dernières années. Grâce à quoi nous pouvons nous faire une idée des liens qui unissaient les USA et Gadaffi, sans parler de l’hypocrisie des polichinelles dangereux que l’on qualifie encore de politiciens aux USA.

En voici quelques passages cités par le WSWS :

The most damning of these cables memorializes an August 2009 meeting between Libyan leader Muammar Gaddafi and his son and national security adviser, Muatassim, with US Republican Senators John McCain (Arizona), Lindsey Graham (South Carolina), Susan Collins (Maine) and Connecticut “independent” Joe Lieberman.

McCain, the Republican presidential candidate in 2008, has in recent speeches denounced Gaddafi as “one of the most bloodthirsty dictators on Earth” and criticized the Obama administration for failing “to employ the full weight of our airpower” in effecting regime change in Libya.

In the meeting held just two years ago, however, McCain took the lead in currying favor with the Gaddafis. According to the embassy cable, he “assured” them that “the United States wanted to provide Libya with the equipment it needs for its security” and “pledged to see what he could do to move things forward in Congress.”

The cable continues to relate McCain’s remarks: “He encouraged Muatassim to keep in mind the long-term perspective of bilateral security engagement and to remember that small obstacles will emerge from time to time that can be overcome. He described the bilateral military relationship as strong and pointed to Libyan officer training at U.S. Command, Staff, and War colleges as some of the best programs for Libyan military participation.”

The cable quote Lieberman as saying, “We never would have guessed ten years ago that we would be sitting in Tripoli, being welcomed by a son of Muammar al-Qadhafi.” It states that the Connecticut senator went on to describe Libya as “an important ally in the war on terrorism, noting that common enemies sometimes make better friends.”

The US embassy summarized: “McCain’s meetings with Muammar and Muatassim al-Qadhafi were positive, highlighting the progress that has been made in the bilateral relationship. The meetings also reiterated Libya’s desire for enhanced security cooperation, increased assistance in the procurement of defense equipment, and resolution to the C130s issue”

An April 2009 cable preparing Muatassim Gaddafi’s trip to Washington that month stresses plans for anti-terrorist training for Libyan military officers and potential arms deals. In its conclusion the embassy states: “The visit offers an opportunity to meet a power player and potential future leader of Libya. We should also view the visit as an opportunity to draw out Muatassim on how the Libyans view ‘normalized relations’ with the U.S. and, in turn, to convey how we view the future of the relationship as well. Given his role overseeing Libya’s national security apparatus, we also want his support on key security and military engagement that serves our interests.”

An August 2008 cable, a “scene setter” for the “historic visit” of Secretary of State Condoleezza Rice to Tripoli, declares that “Libya has been a strong partner in the war against terrorism and cooperation in liaison channels is excellent … Counter-terrorism cooperation is a key pillar of the U.S.-Libya bilateral relationship and a shared strategic interest.”
(Sources : WSWS - 26 Août 2011)

N’est-ce pas rafraîchissant, cher lecteur, de se remémorer combien nous cherchions TOUS (pas seulement les USA mais les Européens également) l’amitié de cet atroce tyran, celui-là même que nous nous sommes efforcés d’assassiner depuis des mois à coup de bombes et de missiles, sans aucun succès, et dont nous venons de mettre la tête à prix ?
Pourtant à lire les lignes ci-dessus l’ambiance paraissait au beau fixe. Quant aux Européens il suffit de se souvenir de l’accueil qui fût réservé au tyran il y a pas moins d’un an par Sarkozy où par Berlusconi...

Hummm, mais alors pourquoi chercher à se débarrasser soudainement d’un si bon allié ? Pourquoi courir de tels risques s’il faisait partie de la famille ?

Eh bien justement, chers lecteurs, ce n’était pas vraiment le cas. Le problème avec Gadaffi c’est que s’il avait fait amende honorable en ce qui concerne ses recherches nucléaires, s’il avait bien envoyé son uranium en Russie pour y être retraité, s’il avait bien collaboré efficacement avec les Occidentaux dans leur traque contre les salafistes et autres membres d’Al Quaeda, au point d’en être félicité par les USA, tout n’allait pas néanmoins pour le mieux dans le meilleur des mondes occidentaliste. En effet si l’Occident cajolait Gadaffi et supportait ses extravagances c’était uniquement parce-qu’il n’existait aucun autre candidat possible pour le remplacer et qu’une occasion ne s’était jamais vraiment présentée de le remplacer. Nous lui faisions donc de grands sourires à défaut d’opportunité pour mettre à sa place une marionnette qui n’aurait pas d’idées farfelues ; bref une potiche qui ne prendrait pas au sérieux les intérêts de son propre pays au profit de ceux de ses maîtres occidentaux : c’est-à-dire les nôtres, chers lecteurs, ceux des dignes consommateurs de Cochon sur Terre.

Car, encore une fois, ceux que nous nommons nos alliés ne doivent et ne peuvent en aucun cas avoir de visions politiques qui ne soient pas intégralement au service de NOS intérêts. Si par pur accident nos intérêts coïncident avec les leurs, tant mieux pour eux.
Si ce n’est pas le cas tant pis pour eux.

Voyez ce qui est arrivé aux Talibans ; voyez ce qui est arrivé à Saddam Hussein ; et maintenant Qadaffi.
Demain sera probablement le tour d’Assad le Syrien.
Et après-demain celui du régime iranien ?

Dans tous les cas, tout dingue qu’il puisse être, car il l’est tout de même, Gadaffi avait néanmoins des idées bien à lui ; et toutes n’étaient pas stupide. Enfin, dans une perspective libyenne évidemment. Et dans une perspective africaine également. Eh oui, chers lecteurs, le tyran d’aujourd’hui, notre allié d’hier, avait une vision politique qui était loin d’être bête. Le seul inconvénient est que cette politique s’opposait gravement à nos intérêts. Alors lorsque nos alliés d’aujourd’hui et nos ennemis de demain (nous en reparlerons) se rebellèrent contre notre allié d’hier et notre ennemi d’aujourd’hui et de demain, Sarko le Petit et toute sa bande d’humanistes en mal d’affection crurent voir là une opportunité inespérée pour se débarrasser du trublion afin de mettre à sa place des gens plus complaisants.
Il y a principalement trois éléments qui nous ont poussé à l’aventure :

1) La politique africaine de Gadaffi

Une des idées principales de Gadaffi est qu’il considérait la Libye comme un état africain. En conséquence de quoi les intérêts de la Libye, à ses yeux, étaient étroitement mêlés à ceux de l’Afrique. A partir de là, considérant la Libye comme étant un état africain, Gadaffi joua un rôle parmi les états africains qui, apparemment ne déplut pas tant que çà aux Africains puisque l’Union Africaine s’opposa bec et ongle à l’intervention en Libye et qu’elle ne semble toujours pas pressée de reconnaître le nouveau régime, si l’on peut dire.

Over 200 African leaders and intellectuals released a letter in Johannesburg, South Africa, stressing the "misuse of the United Nations Security Council to engage in militarized diplomacy to effect regime change in Libya", as well as the "marginalization of the African Union".
(Sources : Pepe Escobar - 26 August 2011)

In comments today, South African President Jacob Zuma announced that the African Union is not recognizing the Benghazi rebel council as the new government, calling instead for an immediate ceasefire as AU officials urge an inclusive transitional government to be put in place.
(Sources : Jason Ditz - 26 Août 2011)

L’argent du pétrole permit donc à Gadaffi de mener sa politique d’influence sur le continent africain.

For instance, Libya played an important role in financing the African Bank, thus allowing African nations to avoid the tender mercies of the World Bank and the International Monetary Fund. Libya also financed a continent-wide telecommunications system that saved African countries hundreds of millions of dollars by allowing them to bypass western-controlled networks. He also raised living standards. This does not make him a good guy, but it does say that Libya’s role in Africa cannot be reduced to simply “sinister.”
(Sources - Conn Halinan - 26 Août 2011)

Le problème est que cette politique africaine avait une fâcheuse tendance à s’opposer de front à la nôtre. Forcément puisqu’il voulait soustraire l’Afrique aux convoitises étrangères, et donc occidentales au premier chef. Or cet intérêt des occidentaux, comme des chinois, indiens et autres saoudiens etc... pour l’Afrique s’est exacerbé depuis quelques années pour deux raisons principales qui sont liées toutes deux par une menace de plus en plus prise en compte par les gouvernements du monde entier : la pénurie.
Pénurie de pétrole et pénurie de matières premières.
Or l’Afrique est désormais considérée comme le nouvel et dernier eldorado à exploiter avant l’assèchement définitif. Du coup la compétition s'amplifie pour mettre la main sur :

- les gisements de pétrole, connus et à découvrir, situés le long de sa façade Atlantique, notamment au large de la Namibie,
- les matières premières et les terres arables qui font l’objet d’une véritable razzia ces derniers temps par les non-africains au point que les populations locales s’en émeuvent sérieusement (voir ce qui s’est produit à Madagascar à ce sujet).

Pour résumer, l’idée de Gadaffi d’une Afrique indépendante, qu’il faisait avancer à coup de millions de pétrodollars, commençait à porter sur les nerfs des Occidentaux au fur et à mesure de leur intérêt grandissant pour le continent, et ce d’autant plus qu’ils ont aujourd’hui à faire face à la concurrence des chinois et autres nouveaux venus.

Le problème avec notre ex-allié c’est qu’il était très inventif. Il est vrai que, bien souvent, cela ne portait pas trop à conséquence. Mais parfois certaines de ses lubies pouvaient devenir franchement insupportables aux Occidentaux, voir même extrêmement dangereuses. L’une d’entre elle aurait pu être mortelle pour les USA. En effet Gadaffi voulait créer une monnaie commune pour toute l’Afrique, basée sur l’or : le gold dinar. Cette idée, en elle-même excellente en dépit de la tâche quasi insoluble de mettre d’accord tous les pays de l’Union Africaine, constituait une menace redoutable pour les USA qui se seraient soudain retrouvés incapables de payer leurs importations de pétrole et de matières premières en provenance d’Afrique car il leur aurait fallu payer leurs importations en vraie monnaie, c’est-à-dire en gold dinar et non en dollar de plus en plus dévalué.
Entre parenthèse, en dépit des efforts frénétiques des USA pour éliminer toute velléité de ce genre, c’est une idée qui devient de plus en plus crédible au fur et à mesure que le dollar est dévalué par les impressions compulsives de fausse monnaie par la FED afin de payer les extravagants déficits fédéraux tout comme les importations US. Cette idée de Gadaffi est à rapprocher de celle des pays du Golfe qui avaient émis l’idée de créer une monnaie commune dans laquelle ils pourraient facturer leur pétrole et leur gaz ; c’est également le même raisonnement qui consiste à demander la création d’une monnaie internationale de réserve basée en partie sur l’or afin de remplacer le dollar moribond.
Les USA en sont les plus farouches opposants bien qu’ils fassent tout ce qu’ils peuvent pour que cela arrive un jour, de même qu’ils ont tout fait pour éviter l’Euro et qu’ils continuent aujourd’hui à tenter de déstabilisr la monnaie unique pour la faire disparaitre. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité par le passé à utiliser la manière forte pour tuer dans l’oeuf de telles velléités.
A noter et à ne surtout pas oublier que Saddam Hussein avait déjà joué à ce petit jeu fin 2002 en acceptant d’être payé en euro plutôt qu’en dollar pour le pétrole qu’il exportait. On sait ce qui lui est arrivé et il ne faudrait surtout pas faire l’erreur de sous-estimer l’importance de cette question dans la décision d’envahir l’Irak, même si la question du pétrole joua le rôle principal que l’on sait.

2) La question géostratégique de la Libye.

Bien entendu la question énergétique est vitale pour notre espèce divine afin de lui permettre de poursuivre dans les meilleures conditions de confort sa course au suicide collectif.
« Le premier arrivé a gagné ».
Mais nous risquons fort d’y arriver tous en même temps au train où vont les choses... Au moins il n’y aura pas de jaloux car il n’y aura pas de laissés pour compte, ce qui ne serait franchement pas démokratique.
Egalité pour tous, tel est notre mantra.

Nous avons donc un besoin insatiable d’énergie, nous en consommons de plus en plus grandes quantités alors même que les réserves disponibles connues et faciles d’accès baissent de plus en plus. D’où la nécessité de trouver toujours plus de nouveaux champs de pétrole dans des endroits de plus en plus inaccessibles, ce qui augmente le prix structurel de ce même pétrole puisqu’il devient de plus en plus cher à extraire. Désormais un pétrole a moins de $90 semble quasiment impossible sur la longue durée puisque les producteurs ne s’y retrouveraient pas.

L’Occident a enfin pris conscience de sa dépendance à cet égard même si nous pouvons affirmer sans crainte que toute la politique des USA depuis les accords entre eux et le roi Ibn Seoud au sortir de la seconde guerre mondiale a eu pour but principal la sécurisation de l’accès aux ressources pétrolières. Mais à cette époque personne ne soupçonnait le danger de l’épuisement des ressources. Désormais, et pour cette raison, cette sécurisation de l’accès aux sources s’est étendue à toutes les énergies en général ainsi qu’aux matières premières. Plus ces matières premières tendent à se faire rares plus la compétition pour se les approprier s’accentuent entre les anciens acteurs, nous, et les nouveaux, les Chinois, Indiens et autres...
Dans cette perspective l’Afrique est soudain devenue essentielle pour le contrôle de notre approvisionnement en pétrole comme en matières premières.

Africa has increasingly become a chess piece in a global competition for resources and cheap labor. It is no accident that the U.S. recently formed an African Command (Africom)—the Libyan War was the organization’s coming out party—and is training troops in countries that border the Sahara. It is already intervening in Somalia, and a recent story in the New York Times about an “al-Qaeda threat” in Northern Nigeria should send a collective chill down all our spines. NATO has already “war gamed” the possibility of intervention in the Gulf of Guinea
to insure oil supplies in the advent of “civil disturbances” that might affect the flow of energy resources.
(Sources : Conn Halinan - 26 Août 2011)

Nous avions toujours considéré l’Afrique comme notre arrière-cour naturelle, sans craindre aucune concurrence extérieure. De même pour les états du Maghreb, auxquels nous ajouterons la Libye. Ils constituaient notre chasse gardée. Or depuis quelques années, comme on sait, plusieurs nouveaux venus ont osé pénétrer par surprise sur ces terres que nous considérions comme acquises. Et ces nouveaux venus se sont taillés un certain succès à notre plus grande stupeur d’abord, qui fit place à de l’inquiétude ensuite puis à de la fureur.

Une des meilleure preuve de cet interêt croissant pour le continent africain par les USA fût la création d’Africom en 2007.

“AFRICOM is a new U.S. military headquarters devoted solely to Africa. AFRICOM is the result of an internal reorganization of the U.S. military command structure, creating one administrative headquarters that is responsible to the Secretary of Defense for U.S. military relations with 53 African countries.”

“United States Africa Command, in concert with other U.S. government agencies and international partners, conducts sustained security engagement through military-to-military programs, military-sponsored activities, and other military operations as directed to promote a stable and secure African environment in support of U.S. foreign policy.”
(Sources : www.Africom.mil)

En réalité Africom a trois buts tout à fait précis, définis clairement par de nombreux officiels :
- Lutter contre le terrorisme en Afrique même
- Protéger les approvisionnements en pétrole mais aussi en matières premières (A ce propos ne pas oublier que les USA importent 24% de leur pétrole d’Afrique).
- S’opposer à la présence grandissante de la Chine sur le continent.

Mais Africom avait jusqu’à aujourd’hui un sérieux problème ; sa création en 2007 suscita une levée de boucliers parmi les états africains, à tel point que pas un d’entre eux n’accepta sur son territoire l’implantation de la structure d’Africom. Les USA se résignèrent donc à installer Africom à Stuttgart en attendant de trouver un pays d’accueil.
Comme pays d’Afrique on peut trouver mieux !

Hummm...

Vous comprenez, chers lecteurs, à quel point cette révolte tribale contre Gadaffi est bien tombée dans cette perspective. Quelle meilleure base que la Libye pour superviser des opérations en Afrique destinées à conforter notre mainmise sur ces matières premières indispensables à notre mode de survie ? Et ce d’autant plus que cela donne la possibilité de faire d’une pierre deux coups puisque cela permet de faire de la Méditerranée un lac entièrement sous contrôle occidental en y installant une base navale de l’OTAN. A ce sujet nous n’oublierons pas les sueurs froides que connurent les USA lorsque Gadaffi envisagea d’accorder aux russes la possibilité d’établir une base navale en Libye il y a quelques années de cela (voir wikileaks à ce propos).
Désormais avec une Libye théoriquement sous contrôle la Méditerranée serait entièrement verrouillée et les USA auraient une formidable base d’opération africaine ce qui aurait été inenvisageable sous Gadaffi.

3) La Libye, eldorado inexploité pour de pauvres Occidentaux frustrés depuis trop longtemps.

Il faut bien comprendre, chers lecteurs, les sentiments de frustration des Occidentaux vis-à-vis de Gadaffi et de sa politique pétrolière.
Imaginez-vous un pays de six millions d’habitants, à deux pas de chez nous, le premier producteur de pétrole d’Afrique et le 12 ème du monde, avec des réserves de pétrole connues de 46 milliards de barils, d’une qualité excellente, sans parler des sérieuses perspectives de nouvelles découvertes considérables. Le problème est que notre ex-allié non seulement ne voulait pas nous laisser exploiter ce pétrole comme nous l’aurions voulu, mais en plus il s’obstinait à nous refuser la possibilité de faire des recherches pour découvrir de nouveaux gisements dont on a de bonnes raisons de croire qu’ils n’attendent que nous pour se faire exploiter jusqu’à ce que leur assèchement s’en suive...
De plus le Guide se montrait radin.

“Colonel Qaddafi proved to be a problematic partner for international oil companies, frequently raising fees and taxes and making other demands. A new government with close ties to NATO may be an easier partner for Western nations to deal with. Some experts say that given a free hand, oil companies could find considerably more oil in Libya than they were able to locate under the restrictions placed by the Qaddafi government.”
(Sources : The New York Times )

Vous rendez-vous compte qu’il voulait la plus grande part des revenus pétroliers pour lui et non les laisser à nos chères « majors » ? Impossible d’obtenir de lui un partage équitable des bénéfices, 50/50 par exemple. Impossible non plus d’obtenir une exclusivité pour l’exploitation du pétrole libyen. Car il s’obstinait à permettre aux russes, aux chinois où même aux Brésiliens de faire leurs propres prospections en vue de développer de nouveaux champs pétrolifères et gaziers.
Un comble tout de même !
Les russes, les chinois où les brésiliens qui ont investi des milliards en Libye risquent désormais de perdre corps et biens tous leurs investissements car, heureusement, nos braves «rebelles» pleins de bons sens et surtout de bons sentiments ont bien compris où se trouvent leur intérêt : du même côté que le nôtre.

"We don't have a problem with Western countries like the Italians, French and UK companies. But we may have some political issues with Russia, China and Brazil."
(Sources : Abdeljalil Mayouf, information manager at the "rebel" Arabian Gulf Oil Company)

Ce n’est bien entendu pas dans l’intérêt de la Libye de procéder ainsi ni dans celui des Européens. Quel est l’intérêt pour nous, Européens, de nous mettre à dos des pays avec qui il faudrait bien au contraire renforcer nos liens ? De plus on peut profiter de la situation sans les spolier ; il suffit de respecter et d’appliquer leurs contrats passés avec Gadaffi et de les exclure gentiment et sans vagues des nouvelles concessions qui seront accordées exclusivement aux sociétés des pays de l’OTAN qui ont pris l’initiative totalement désintéressée de sauver le peuple libyen des griffes de son bourreau, notre ex-allié.

Nous avons parlé du pétrole et accessoirement du gaz comme récompense pour notre désintéressement légendaire.
Mais il y a également les juteux contrats qui vont devoir être passés pour reconstruire tout ce que nous avons consciencieusement détruit depuis six mois, toutes ces cibles choisies avec tant de circonspection et de doigté, comme le prouvent les milliers de morts qualifiés administrativement de « dommages collatéraux ».
Ici aussi « y a bon banania ».
Mis il y a encore d’autres opportunités tout à fait inattendues. Tout à l’heure, au début de cet article, nous vous avons parlé d’eau fraîche... Eh oui, de l’eau fraîche ! Eh bien figurez-vous qu’il semblerait qu’il y ait dans le sous-sol libyen les plus grandes réserves aquifères de la planète. Inutile de souligner que nos sociétés nationales, qui sont les leaders mondiaux de ce secteur, en salivent à l’avance. Remarquez qu’il y a de quoi car certains parlent de 1000 ans de réserves ! Nous ne sommes pas des spécialistes de la question mais même si nous divisions le chiffre par deux où trois cela laisserait néanmoins de belles perspectives de développement pour nos entreprises nationales.
Comme quoi il n’y a pas que le pétrole dans la survie des citoyens de Cochon sur Terre ! Il y a l’eau également !

Tous ces charmants projets de développements économiques, d’installations militaires et autres plans sur la comete, tout cela est bien joli mais il faudrait d’abord contrôler le pays ; pour ce faire il faudrait contrôler les soit-disant rebelles et éviter une guerre tribale d’envergure comme cela est actuellement le cas en Somalie par exemple.
Et, chers lecteurs, c’est loin d’être gagné pour plusieurs raisons :

- D’abord les soit disant «rebelles» sont des groupes disparates non seulement idéologiquement mais éthniquement qui n’ont rien en commun à l’exception de leur haine de notre ex-satrape préféré. Qu’y a t’il de commun entre les berbères du Sud-Ouest et les tribus islamistes de Cyrénaique d’où est partie la révolte ? Qu’y a t’il de commun entre des monarchistes senoussis de Cyrénaique, d’anciens pontes laics du régime Gadaffi et des islamistes extrémistes revenus d’Afghanistan où d’Irak ?
- Les islamistes sont les combattants des "rebelles".
Avez-vous déjà entendu parler du LIGF, chers lecteurs ? Cela signifie : Libyan Islamist Fighting Group. Abdelhakim Belhaj est le fondateur de ce groupe de djihadiste. Après avoir fait ses armes en Afghanistan contre les soviets dans les années 80 il créa deux camps d’entrainement pour djihadistes lorsque les Talibans prirent le pouvoir en 1996. Puis il fût arrêté par les Américains en 2003 en Malaysie après avoir sévi au Pakistan et en Irak bien sûr où il était au mieux avec Al Quaeda. En 2004 les Américains le transférèrent à la Sécurité de Gadaffi où il passa très certainement de très bons moments jusqu’en 2010 date à laquelle il fût relâché avec 211 de ses camarades. En 2007, le numéro 2 de Al Quaeda, Zawahiri, annonça la fusion du LIGF avec Al Quaeda pour former le Islamic Maghreb (AQIM). Behlaj en est le chef. La bonne nouvelle c’est que c’est ce même Behlaj qui est le commandant militaire des rebelles qui ont « pris » Tripoli...

Nous voilà donc avec Tripoli aux mains des djihadistes d’Al Quaeda, fournis gracieusement en armes et en entraînements intensifs pendant deux mois par vos impôts, chers lecteurs. Ils ont également fait le plein d’armes et de munitions dans les dépôts abandonnés par Gadaffi.
Pensez-vous vraiment que ces « gens » laisseront gentiment le terrain conquis lorsqu’il s’agira de créer un état nouveau, une constitution nouvelle etc ? Nous avons quelques difficultés à croire que ces « gens » accepteront un régime autre que celui réglé par la sharia, comme ils l’ont déjà proclamé d’ailleurs eux-mêmes.
En réalité toutes les malchances convergent pour que la Libye devienne le théâtre d’une guerre civile inextricable et dans laquelle nous ne devrions pas nous mêler car cela aboutirait à un autre fiasco du type Somalie.
En revanche un tel scénario est probablement ce que prévoit Gadaffi qui reste assuré du soutien de la tribu de sa femme les Warfallah. Dans ce cas le faible gouvernement de marionnettes soutenu par l’Occident aurait à combattre deux ennemis : les djihadistes-Al Quéda de Behlaj, abondamment pourvus d’armes et de munitions d’une part, et d’autre part les Warfallah de Gadaffi. Ce qui amènera à une occupation du pays par des troupes étrangères, probablement pas occidentales dans un premier temps mais plutôt des mercenaires entraînés en Arabie Saoudite et en UAE, om bien un mixte des deux. Nous verrons bien mais dans tous les cas de figure l’intervention de troupes étrangères sur le sol Libyen ne fait pas beaucoup de doutes.

Gadaffi avait donc raison.
Il a souvent répété depuis le début de la guerre civile :

1) que l’insurrection était soutenue par l’étranger et Al Quaeda
2) que cette insurrection n’était que le prélude à une occupation étrangère pour s’emparer des ressources naturelles du pays.

A moins qu’il ne l’en empêche... en collaboration avec Al Quaéda...
Quelle ironie, chers lecteurs !

Mais pour le moment tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.

dimanche 7 août 2011

S&P dégrade la note des USA : ce n'est qu'un début.

On nous avait prévenu, nous l’attendions sans grande conviction, certains l'espérait d’autres la craignait, tous se demandait non pas SI mais QUANT cela arriverait
Depuis Vendredi soir c’est fait.
Les USA ont perdu leur note AAA par la vertu de l’agence de notation Standard & Poor. Nous savons que Vendredi l’administration US a tenté de convaincre S&P de ne pas dégrader la note des USA. Mais l’agence de notation a passé outre.
Désormais la note des USA est AA+ avec perspective négative.
La rumeur courrait déjà les salles de marché tout au long de la journée de Vendredi ce qui a provoqué l’accélération de la chute des marchés jusqu’à l’annonce officielle faite vers huit du soir ce même jour. Bien entendu l’Administration s’est empressée de condamner ce crime de lèse-majesté en déclarant notamment que l’agence s’était trompé dans ses calculs de US $ 2.000 milliards ce qui, selon elle, aurait permis de ne pas dégrader la fameuse note.

US $ 2.000 milliards ! C’est étonnant de voir l’administration US se préoccuper d’une somme aussi mesquine alors que les mêmes ne sont pas du tout gênés d’avoir des déficits annuels de US $ 1.500 milliards.
A ce propos la mascarade du relèvement du plafond de la dette n’a pas aidé à redorer l’image du pays. Bien au contraire cela a permis de convaincre même les plus obtus que jamais une administration US ne fera quoi que ce soit pour limiter les déficits annuels exorbitants du pays. Ni les démocrates ni les républicains. Certains veulent bien limiter les déficits mais refusent toute augmentation d’impôts ; les autres ne veulent pas limiter les dépenses sociales, où le moins possible, mais veulent augmenter les impôts. Et tous se retrouvent unis pour refuser toute limitation des dépenses militaires. Or le budget du Pentagone, bon an mal an, tourne autour de US $ 1.000/1.200 milliards.
Hummm... l’empire coûte cher.
La vérité est que le complexe militaro-industriel a ruiné le pays.

Et le cirque du relèvement du plafond de la dette, qui n’était rien d’autre qu’une bataille pour limiter les possibilités de manoeuvre d’Obama en vue des élections présidentielles, les fameuses négociations acharnées, cette lutte de tigres de papier, n’a abouti qu’à un vague compromis parfaitement ridicule si on garde en perspective la situation budgétaire des USA.
On nous a jeté à la figure, sans grande conviction il est vrai, que l’oligarchie au pouvoir était arrivée à un compromis « historique », comme d’hab... On nous a presque fait croire que l’oligarchie US avait à nouveau sauvé le pays du désastre. Qu’on se le dise le Congrès des USA a promis de faire un effort d’économie inouï de US $ 2.000 milliard. Non, pas chaque année, mais sur dix ans ! Ce qui signifie un vraiment très maigre US $ 200 millions par an. Autant dire que c’est de la pure rigolade si on garde en mémoire que le déficit de l’état fédéral est de US $ 1.500 milliards pas an...
Or l’agence S&P avait annoncé pendant l’épique « bataille » pour le relèvement du plafond de la dette qu’il faudrait au moins US $ 4.000 milliards d’économie sur dix an pour éviter une dégradation de la note du pays. S&P pensait-elle vraiment que le Congrès voterait une réduction des dépenses fédérales de cette ampleur, même si c’était déjà notoirement insuffisant puisque la dette n’aurait pas cessé d’augmenter pour autant. C’est douteux.

On ne cesse de nous dire que que le déficit des USA est d’environ 11% par an. Mais 11% par rapport à quoi ? Par rapport au GDP cher lecteur, vous le savez. En ce cas nous trouvons déjà que 11% est énorme bien évidemment. En réalité cette manière de comparer le déficit au GDP n’est pas forcément la plus parlante. En revanche, là où cela devient intéressant et beaucoup moins abstrait, c’est lorsque l’on se pose la question de savoir non seulement quand mais surtout comment l’état va pouvoir rembourser ses dettes. Car pour pouvoir rembourser ses dettes nous devons savoir à combien se montent nos revenus puisque ce ne peut-être qu’en fonction de ces derniers que vous serez capables de payer vos dettes. C’est assez logique. Pour nous en tout cas. Pour les oligarques qui nous gouvernent cela ressemble à de la science fiction.

Prenons un exemple très simple basé sur la situation des USA avec des sommes compréhensibles pour tous.

Vous avez un revenu d’environ US $ 34.000 par an.
Vous avez une dette de US $ 140.000.
Et vous devez emprunter à peu près US $ 15.000 par an pour joindre les deux bouts.

Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans cette situation ?

N’est-il pas plutôt inquiétant de voir que la moitié de vos dépenses se font à crédit ? Pour chaque dollar dépensé vous en empruntez 0,5.
Peut-être parviendrez-vous à payer encore les intérêts de votre dette tant que ceux-ci seront maintenus au ras des pâquerettes, mais pour le remboursement du principal c’est impossible. Et lorsque vos amis chinois ne vous prêteront plus d’argent par crainte de perdre tout ce qu’ils vous auront prêté, les taux d’intérêts monteront si haut que vous ne pourrez plus payer les intérêts non plus.

Il n’y a que deux solutions pour éviter la faillite :
1) soit on ajuste ses dépenses à ses revenus
2) soit on augmente ses revenus pour couvrir ses dépenses

On l’a vu la solution numéro 1 est impossible.
La solution numéro deux l’est tout autant. Pourquoi ? Parce-que les revenus de l’état fédéral , comme ceux des états fédérés et des villes, sont en chute libre du fait de la récession, qui n’a jamais disparue quoi qu’on en ait dit. L’augmentation constante du nombre de chômeurs ne fait que creuser la chute des revenus des gouvernements.
A ce propos l’étude des chiffres publiés par l’administration ce Vendredi sont éclairant en dépit des cris triomphants et mensongers de certains.

Qu’on en juge.

On nous cite deux chiffres afin de nous prouver combien la situation est en passe de s’améliorer :

- Le premier concerne les 117.000 emplois crées au mois de Juillet.
Officiellement il y eut donc 117.000 emplois créés au mois de Juillet, chiffre obtenu par la soustraction des 37.000 emplois perdus dans le secteur gouvernemental au gain de 154.000 emplois dans le secteur privé. Le problème est que si on fait la moyenne des trois derniers mois le gain n’est que de 72.000 emplois contre 256.000 pour les trois mois précédents... Or si on tient compte de l’augmentation de la population en âge de travailler depuis Décembre 2007 (4.3 millions personnes), à laquelle il faudrait ajouter ceux qui ont perdus leur emploi depuis cette même date, on aboutit au chiffre de 11.1 millions emplois à créer. Si l’on voulait, à partir de ces chiffres, revenir au niveau d’emploi d’avant la récession il faudrait créer 400.000 emplois par mois pendant trois ans.
Hummm...

- Le second chiffre mirobolant concerne la soit-disant chute du chômage de 9,2 % à 9.1 % ce mois-ci.
La vérité est que cette chute apparente n’est qu’un artifice comptable. La réalité est que cette baisse du chômage n’est due qu’a la disparition des listes du chômage officiel de 193.000 personnes qui ont eu la malchance de se retrouver au chômage depuis plus d’un an depuis début Juillet. Ils ne sont donc plus comptés dans les listes officielles du chômage. Malgré tout ils n’ont toujours pas de travail.
La réalité donc est que le nombre total de personnes qui avaient un travail en Juillet a chuté de 38.000 par rapport au mois précédent.

Ce qui signifie, cher lecteur, que la chute des recettes fiscales va se poursuivre et que les USA se retrouvent dans une impasse.

C’est pour cette raison que nombreux sont ceux qui comparent la situation des USA à celle de la Grèce. Mais il existe une différence : la Grèce ne peut pas créer d’argent «out of thin air» pour payer ses dettes. Les USA, oui. Et c’est ce à quoi a servi le QE2 puisque plus de 70 % de la dette émise par les USA depuis Novembre 2010 a été acheté par la FED et ses fidéis commis. C’est pour cette raison que techniquement les USA pourraient ne jamais se retrouver en faillite (sauf si le plafond de la dette n’est pas relevé dans un an et demi) puisqu’ils pourront toujours imprimer l’argent dont ils auront besoin. Mais cela tuera définitivement le dollar, sans parler de la destruction du pouvoir d’achat des Américains (on parle de -20% au minimum) ni du probable coup de frein très brutal des importations des USA, sans parler de la question énergétique. Avec une monnaie de singe comment acheter du pétrole au prix fort où, pire encore, du pétrole facturé dans une monnaie autre que le dollar, comme il en est de plus en plus question ?
A ce moment là il ne faudra plus comparer les USA avec la Grèce. Ce sera probablement bien pire ; la comparaison se fera avec le Zimbabwe où avec la République de Weimar, de triste mémoire étant donné le résultat que cela a donné.

Désormais le monde fonctionne sans boussole ni économique ni politique. Encore une fois c'est la multipolarité économique et politique qui se rappelle à notre bon souvenir et que désormais plus personne ne pourra faire semblant d'ignorer. Selon Mohamed El-Erian, the chief executive of PIMCO, the world’s biggest bond fund :

“… Friday’s downgrade will erode over time the standing of the global public goods [the US] supplies—from the dollar as the world’s reserve currency to its financial markets as the best place for other countries to outsource their hard-earned savings. This will weaken the effectiveness of the US as the global anchor, accelerating the unsteady migration to a multi-polar system while increasing the risk of economic fragmentation.”
(Sources : Financial Times - 6 Août 2011)

Alors qu’est-ce que la dégradation de la note des USA aura comme conséquence immédiate ?
Hummm...
« Immédiate » nous n’en savons rien.
Nous verrons cela demain matin à l’ouverture des marchés. S’il y a une fuite éperdue hors des bonds du trésor US et des actifs libellés en dollar, la situation pourrait se dégrader à une vitesse impressionnante, les marchés chuter à la verticale. Cela signifierait également que les taux d'intérêts des bonds du trésor US monteraient en flèche, augmentant du même coup le coût de la dette du pays dans des proportions qu’il ne pourrait plus soutenir. Cela accélérerait la mise en place d’un QE3, 4, 5 etc pour être en mesure de payer les factures de l’état fédéral ce qui aboutirait à une nouvelle dégradation du désormais AA+. Et cela entraînerait immanquablement une chute encore plus vertigineuse du dollar et la perte définitive et officielle de son statut de monnaie de réserve etc... Bref un cataclysme financier et une situation interne extrêmement précaire pour les USA avec des risques très sérieux d’émeutes et de révolte, voire pire , comme s’y prépare l’armée US depuis quelques temps.

En ce qui concerne le début de la semaine la question est de savoir si les fonds de pension, les compagnies d’assurance où encore les banques centrales, qui sont tenus par les législations de ne détenir en portefeuille que des actifs estampillés AAA, se verront forcé de vendre leurs actifs libellés en dollar et autres bonds du trésor, où pourront-ils les garder en considérant que seule une agence de notation sur trois a dégradé les USA ?
Nous le saurons dés demain.
En revanche à moyen terme ce scénario est quasiment inéluctable.

Il nous semble que cette dégradation de la note des USA, outre ses effets financiers et économiques, est avant tout très importante symboliquement. Et ce symbolisme aura certainement une portée immense sur la communauté internationale, et ce d’autant plus après la comédie lamentable du relèvement du plafond de la dette. Cela pourrait bien être l'événement marquant le début de la prise de conscience officielle par la communauté internationale que les USA ne sont définitivement plus ce que l'on croyait qu'ils étaient encore. (Ce n’est pas trop tôt nous direz-vous avec raison). C’est-à-dire, en quelque sorte, la mort officielle du mirage de «l’american dream» et la fin du soit-disant «superpower». En gros cela signifie qu’il faudra faire désormais sans eux, c'est à dire sans leurs interventions incessantes dans les affaires du monde. Il faudra donc s’attendre à des remises en cause de plus en plus virulentes, voire violentes, de ce qui reste de ce système à mesure que sa disparition dans les esprits fera place à un vacuum d’autant plus grand à mesure que les USA cesseront d'être les interlocuteurs incontournables dans les affaires internationales. Et il ne faudra pas être surpris par la vitesse que se processus prendra car il est déjà en cours, comme nous l’avons mainte fois souligné.
L’effet psychologique de cette dégradation de la note des USA sur le long terme sera encore plus important et dévastateur pour le système que son impact sur les marchés financier. Car cette dégradation de la note des USA est non seulement une sorte d’acte de décès officiel du système dont les USA étaient les promoteurs et les farouches gardiens, mais c’est également une invitation subliminale à se mettre en quête d’un autre genre d’organisation pour sauver les meubles. Nous pouvons donc parier sans trop de crainte de se tromper que nous serons les témoins dans un avenir proche d'événements sur la scène internationale que nous n’aurions pas cru possible avant hier ; et ce avec d’autant plus d’impunité qu’il n’y aura plus personne pour empêcher le remplacement du système "actuel

Vendredi fût l'acte de naissance officiel du retour de la multipolarité dans les affaires du monde.

Mais pour le moment tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.

dimanche 17 juillet 2011

Affaire Murdoch : petits réglements de compte entre amis...

Le Vendredi 15 Juillet 2011 ne fût pas un bon jour pour Rupert Murdoch. Dans la même journée deux de ses plus fidèles lieutenants ont été contraints à la démission face à l’ampleur du scandale qui se développe de manière spectaculaire et à une vitesse foudroyante. C’est ainsi que Rebekah Brooks, chief executive de News International, la branche anglaise de News Corp, et Les Hinton, le bras droit de Rupert Murdoch et chief executive de Dow Jones, l’éditeur du Wall Street Journal, ont annoncé leur départ du groupe Murdoch hier à quelques heures d’intervalle.

Depuis que le Guardian a révélé le piratage de la boite vocale du téléphone portable de Milly Dowler il y a trois semaines par un journaliste de News of the World, le scandale a pris des proportions telles qu’il menace désormais l'existence du groupe Murdoch lui-même.

Pourquoi ?

Parce-qu’un article du Daily Mirror a insinué il y a quelques jours que des journalistes de News Corp, la branche US de l’empire Murdoch, avaient tenté d’avoir accès aux boites vocales des portables de victimes de 9/11. Du coup six membres du Congrès US des deux partis ont demandés une enquête officielle :

Members of Congress from both major parties have warned of "severe" consequences if a report in the Daily Mirror – that the News of the World attempted to access the voicemails of victims of the al-Qaeda attacks or other Americans – is true.
Six members of Congress, from both parties, have called for official inquiries into whether the illegal practices displayed by News of the World in the UK were ever repeated by News Corp's print or other businesses within the US.
They include senators who wrote to the US attorney general, Eric Holder, also asking whether Murdoch's company broke anti-bribery legislation under the Foreign Corrupt Practices Act. The senators referred to bribes by News of the World reporters to London police officers.
"The reported allegations against News Corp are very serious, indicate a pattern of illegal activity and involve thousands of potential victims. It is important to ensure that no United States laws were broken and no US citizens were victimised," the senators wrote.
(Sources : The Guardian - 16 Juillet 2011)

Le FBI a donc ouvert une enquête officielle à ce sujet.
Si jamais il était prouvé que des journalistes de News Corp avaient tenté de violer les boites vocales de certaines victimes de 9/11 en demandant l’aide de policiers de NY, il est certain que Fox News disparaîtrait car les 27 licences pour émettre sur le territoire US qui appartiennent à News Corp. lui seraient enlevées sans l’ombre d’un doute ; le reste du groupe survivrait-il ?

De plus la pression monte autour de Erich Holder pour ouvrir une autre enquête contre News Corp. afin de savoir si cette société a violé le Foreign Corrupt Practice Act :

Employees of Murdoch's now-shuttered News of the World tabloid have been accused of hacking into personal voicemail and paying bribes. British authorities are investigating.
Legal experts in the United States said News Corp could face scrutiny on this side of the Atlantic Ocean as U.S. officials probe whether any of the allegations, if proven true, violate the U.S. Foreign Corrupt Practices Act.
That law makes it a crime for any company with U.S. ties to bribe foreign officials to obtain or retain business.
British media outlets reported that News of the World reporters bought phone details for the royal family from a security officer. The Daily Mirror newspaper reported, citing an unidentified source, that News of the World reporters had also offered to pay a New York police officer to retrieve the private phone records of victims of the September 11 attacks.
(Sources : Reuters)


Rupert Murdoch's News Corporation empire could face a bill of more than $100m (£62m) if US authorities launch an investigation into corruption following allegations that the News of the World routinely made payments to police officers totalling more than £100,000.
If convicted the company would face a fine many times that size, lawyers have warned.
Mike Koehler, an FCPA expert and law professor at Butler University, said: "Enquiries often start with a limited set of facts but very quickly morph into an examination of the entire business. They tend to be very cumbersome and because they are newsworthy they cause a lot of reputational damage."
(Sources : The Telegraph)

Le problème pour News Corp. est que toutes les tentatives faîtes jusqu’à maintenant pour circonscrire les conséquences du scandale ont échouées. Non seulement elles ont échoué à le limiter mais elles ont contribué à l’étendre encore plus rapidement car tout succès où semblant de succès contre Murdoch encourage ceux qui se taisaient auparavant à réclamer plus encore.
- Ainsi la fermeture de News of the World (le seul des journaux anglais du groupe avec The Sun qui gagnait de l’argent) afin de protéger Rebekah Brooks n’a pas suffi.
- Ensuite Murdoch a dû renoncer au rachat de BskyB (dont il détient déjà 39%) face à la pression de l’opinion publique et des parlementaires, soudain tous unis contre cette opération. Cette acquisition était quasiment assurée et aurait permis d’assurer au groupe GBP 1 milliard de revenus annuel pour un prix d’achat de GBP 7 milliards, permettant ainsi de compenser les pertes des journaux de la branche anglaise, notamment The Times et The Sunday Times car The Sun ne perd pas d’argent comme déjà dit.
Puis Rebekah Brooks a été forcée de démissionner Vendredi face à l’extension de la crise et sous la pression de certains actionnaires dont le Prince AL Waleed.
- Désormais il faut protéger le joyau de l’empire, c’est-à-dire News Corp et ses filiales US (Fox News, 20th Century Fox movie studio, Dow Jones, The Wall Street Journal etc...) de la propagation du scandale aux USA.
D’où la démission de Les Hinton, le bras droit de Rupert Murdoch et son plus ancien collaborateur, ancien Chief executive de News international .

Certains avancent déjà que le prochain à être éjecté pourrait bien être le fils de Rupert Murdoch lui-même, James Murdoch, chairman et Chief executive de News Corp. pour l’Asie et l’Europe depuis 2007, successeur présumé de son père jusqu’à il y a quelques jours.

But even if he does, his inheritance will not be the one anticipated until barely a fortnight ago. In Britain and the US, and probably other countries, politicians and the police and shareholders are likely to treat News Corp in a starkly different way from now on. "The company will be under enormous pressure for a very long time," says Enders. Many think it will never recover. James's role as News Corp head could be not to secure world domination but to manage decline.
Or he could face worse. Last Friday, the former Labour home secretary Alan Johnson suggested that James Murdoch could be prosecuted, and ultimately go to jail, under the 2000 Regulation of Investigative Powers Act, which states that company directors face "criminal liability" if found guilty of "consent", "connivance" or even "neglect" when their business is involved in the unlawful interception of communications.
(Sources : The Guardian - 14 Juillet 2011)

En attendant de voir comment tout cela finira, nous pouvons malgré tout faire quelques remarques sur ce scandale somme toute très distrayant. Car, comme de bien entendu, les hyènes sont sorties de l’antre où elles s’étaient si silencieusement réfugiées pendant trente ans. C’est long trente années de silence ! Et soudain, tout le monde aboie à la mort, tout le monde montre les crocs, tout le monde se montre surexcité par l’odeur du sang, tout le monde fait tout à coup preuve d’un courage ADMIRABLE... en groupe bien sûr, et ce d’autant plus que le groupe est large et consensuel... ah ah ah. Tous les partis politiques unis dans un même combat pour la liberté de la presse, la démokratie et bla bla bla...
Comme d’hab...

Quelle cochonnerie, chers lecteurs !

Tous ces politiciens qui ont cautionné Murdoch pendant trente ans, tous ces premiers ministres (tous les uns après les autres) qui ont soigné Murdoch pour bénéficier de ses bons offices lors de leurs campagnes électorales où pour soutenir leur politique ; tous ces journalistes qui se sont « écrasés » pendant des années sous ce qu’ils nomment aujourd’hui le règne de la terreur de Murdoch et qui, du jour au lendemain, lui crachent à la figure à longueur d’éditoriaux etc... Tous ces gens qui n’ont jamais rien dit jusqu’à aujourd’hui et qui, sans le Guardian et le scandale monumental que son article a enclenché, seraient toujours aujourd’hui en train de lécher les bottes de cet « affreux » dictateur comme ils le faisaient tous il y a encore un mois à peine :

It was only last month (en Juin 2011) that Miliband himself attended News International’s summer party in London, alongside shadow chancellor Ed Balls, two of his closest advisers, Tom Baldwin and Stewart Wood, shadow home secretary Yvette Cooper and shadow foreign secretary Douglas Alexander. The Guardian noted at the time that Labour luminaries outnumbered a Conservative delegation headed by Cameron and his wife, Samantha.
(Sources : WSWS - 11 Juillet 2011)

Quelle rigolade !
Quelle hypocrisie !

It was only a few weeks ago that Rupert, his son James, daughter Elisabeth and Rebekah Brooks were the talk of the town; hailed as the king-makers to the political classes. At the Murdochs' summer party, there was the usual mish-mash of politicos from David and Samantha Cameron to Ed Balls and Yvette Cooper, alongside celebrities such as Mariella Frostrup, all paying homage at Kensington's elegant restaurant, the Orangery.
(Sources : The Independant - 17 Juillet 2011)

Sans parler du concert assourdissant de ceux qui prétendent aujourd’hui (les mêmes qui assistaient à la summer party dont il est question plus haut) qu’ils ignoraient tout de la dégradation épouvantable du métier de journaliste (si l’on peut dire) dues aux pratiques quasiment mafieuses du groupe Murdoch telle que décrites ci-dessous :

Two weeks into the latest stage of the scandal over phone hacking and other illegal activities by Rupert Murdoch’s News International group in Britain, revelations continue to pour out, each more damaging than the last.

It has been revealed that News of the World, which endlessly banged the drum of “law and order,” over the course of many years tapped into the mobile phones of thousands of people, including politicians, government ministers, police, members of the royal family, film celebrities and journalists.

It and other Murdoch newspapers stand accused of illegally obtaining the personal records of prominent government officials. Former Prime Minister Gordon Brown has accused Murdoch’s Sunday Times of using “known criminals” to access his financial and legal files, with the aim of “bringing me down as a government minister.”

These accusations have been accompanied by numerous reports of the Murdoch press’s modus operandi of bribery, blackmail and intimidation.
(Sources : WSWS - 14 Juillet 2011)

A les entendre tous, les journalistes, les politiciens et compagnie, personne ne savait rien, personne ne voyait rien, ils nageaient tous dans l’innocence la plus absolue, ils se sont fait avoir comme des enfants de choeur et bla bla bla...
Comment pouvaient-il se douter de quoi que ce soit les pauvres chéris ?

La vérité c’est que les Tories et le Labour étaient en compétition pour s’attirer les bonnes grâces de Murdoch et que celui-ci a soutenu alternativement les uns et les autres en fonction de leur complaisance et de leur alignement sur ses propres objectifs politiques et économiques. Après avoir soutenu Thatcher dans sa lutte contre les syndicats et la conversion de la société anglaise à l’économie ultra-libérale, Murdoch donna son soutien à Blair dont il a supportait ardemment la politique d’alignement complet sur les USA.

Murdoch is forever associated with the Conservative governments of Margaret Thatcher and John Major, and above all with Thatcher’s brutal assault on the working class. He cheered on her deregulation of the City of London, privatisations and tax cuts for corporations and the rich from which he benefited more than most. News of the World’s parent company, News International, carried out an infamous union-busting operation, sacking 6,000 print workers and transferring production to Wapping in London’s East End in 1986.
Then, after Murdoch decided that the Tories had exhausted their usefulness as a vehicle for attacking the working class and enriching the ruling elite, he switched support to Labour—which was more than ready to do his bidding. Murdoch dictated government policy to such a degree that Lance Price, a media advisor to former Prime Minister Tony Blair, called Murdoch “the 24th member of the Cabinet.” Price added, “His presence was always felt.”
Murdoch himself has publicly boasted of setting the agenda of the Labour government on Europe and “the breakdown of law and order in Britain.” The Murdoch press has relentlessly promoted wars of aggression, most notably the illegal invasion of Iraq in 2003. Blair telephoned Murdoch personally on three occasions in the days leading up to the US-British invasion.
(Sources : WSWS - 11 Juillet 2011)

Puis vint la rupture avec Brown et le soutien du Sun aux Tories et à Cameron lors des dernières élections avec le résultat que l’on sait.
Brown crût-il en une fidélité quelconque de Murdoch aux Travaillistes où à lui-même ? Pourtant, au cours de la lutte qui opposa Blair à Brown il soutint fermement le premier.
Naïveté ?
Aveuglement ?
Stupidité où arrogance ?

En tout cas le ressentiment de ce traitement peut expliquer les propos de l’ex-Premier Ministre à la Chambre des Communes cette semaine :

Brown accused News International of “lawbreaking often on an industrial scale, at its worst dependent on links with the British criminal underworld.”
Murdoch’s media “marched in step” with “members of the criminal underworld” and functioned as a “criminal-media nexus”.
(Sources - WSWS - 16 Juillet 2011)

Bien sûr il fût attaqué de toute part pour hypocrisie etc... ce qui est vrai bien entendu, mais le fait qu’il fût un temps la créature de Murdoch et qu’il se sépara de son ancien maître ne doit pas nous empêcher de reconnaître la vérité lorsqu’elle est mise à jour, même si celui qui la déclame haut et fort fût lui-même compromis avec ceux qu’ils dénonce aujourd’hui. Les faits sont là, connus de tous depuis toujours, y compris et surtout par ceux qui en ont profité le plus.
Et ce d’autant plus que le scandale du News of the World est connu depuis longtemps de tous et que chaque gouvernement tenta de l’étouffer, y compris celui de Brown, jusqu’à ce que tout explose avec l’article du Guardian.

The News of the World hacking scandal first came to light in 2006 and was swept under the carpet by the Metropolitan Police, without challenge by the Labour governments of Blair and his successor, Gordon Brown. On April 9, an anonymous ex-minister told the Guardian that Murdoch had “relayed messages to Brown last year via a third party, urging him to help take the political heat out of the row, which he felt was in danger of damaging his company.”
(Sources : WSWS - 11 Juillet 2011)

Bref, la complicité de toute la classe politique est évidente, comme celle de la presse d’ailleurs, ainsi que l’a rappelé David Cameron Vendredi 15 Juillet :

“The truth is, we have all been in this together—the press, politicians and leaders of all parties—and yes, that includes me.”

Aujourd’hui, à l’instant où nous écrivons ces lignes, Rebekah Brooks a été arrêtée et Ed Milliband a appelé à un démantèlement de la branche anglaise du groupe Murdoch, News International, ainsi qu’au vote d’une loi interdisant à tout groupe de média de posséder plus de 20% de part d’audience dans le pays afin d’éviter une influence trop importante sur le public... Il pourrait ajouter, par voie de conséquence, sur les gouvernements successifs, la classe politique dans son ensemble ainsi que sur la presse elle-même.

La corruption des esprits fût générale et cela se produisit par l’intermédiaire de deux phénomènes non reliés au départ mais qui s'emmêlèrent par la suite jusqu’à en devenir inextricable.
Le premier fût la progressive prépondérance du groupe Murdoch sur les médias anglais. Cette domination de fait obligea les journaux survivants à s’adapter aux méthodes Murdoch sous peine de disparaître. Or Murdoch voulait vendre le plus possible afin de rentabiliser ses journaux qui gagnaient de moins en moins d’argent. The News of the World était l’un de ceux qui n’en perdait pas, c’était celui qui avait le plus gros tirage de loin mais c’était aussi celui dont la qualité des articles était tombée le plus bas ; le caniveau était encore trop haut pour lui. Ce tabloid avait besoin de scandale pour vendre toujours plus, comme les autres d’ailleurs ; par conséquent on devenait de moins en moins regardant sur la qualité de ce que l’on présentait à la une et ainsi de suite... Tous ses concurrents lui emboîtèrent le pas, d’abord pour survivre, et ensuite par appât du gain... Ce qui entraîna un délabrement général de la qualité de la presse outre manche, sans parler des méthodes pour obtenir des scoop à sensation. Seuls quelques rares exceptions survécurent comme The Guardian où The Independent (qui appartenient à un russe).

Murdoch's press has infected our public discourse. Rival newspapers have been forced to compete for lurid headlines, for fake scandals, for manufactured celebrity gossip, to which the vindication of public interest could never apply. But of course the public was interested. The public, or some of the public, would flock to attend public hangings, as they do in Iran, given half the chance. Bad journalism drives out good, and we have been forced to witness honourable newspapers disingenuously evading the censure of high-minded people like me by doing round-ups of other papers' more disgraceful stories, just to make sure we don't miss out on the big and little names in sensational affairs and divorces and financial shenanigans and allegations about rigged decisions in Britain's Got Talent.
(Sources : The Independant - 16 Juillet 2011)

Le second phénomène fût la peur des politiciens, comme des journalistes d’ailleurs, de la puissance de nuisance que possédait le groupe Murdoch à travers ses journaux à scandale précisément. Un article à sensation sur tel où tel et une carrière où une réputation pouvait être brisée en une journée. D’où la cour des uns et des autres entreprise auprès de Murdoch et de ses sbires. Chacun devait s’assurer qu’il ne serait pas la prochaine victime du News of the World où du Sun.

Successive governments have been afraid of Murdoch; the PCC had cause to be afraid of Murdoch (one of its founders); overpaid footballers and well-paid actors were afraid of Murdoch's empire; it now appears that anyone, however humble, who was related to anyone who died a sensational death had reason to be afraid of Murdoch, although they (unlike the politicians) genuinely would not have known this. No wonder they all want revenge.
(Sources : The Independant - 16 Juillet 2011)

No wonder they all want revenge.
Exact, ils veulent tous se venger aujourd’hui qu’ils en ont la possibilité. L’establishment fût humiliés, mal traité et méprisé par Murdoch et ses sbires qui ne se privaient pas de dicter leurs volontés et leurs desiderata avec une arrogance supportée uniquement par la peur qu’en avaient les politiciens, les journalistes et autres. Lorsque l’on peut mettre sur écoute n’importe que téléphone portable, y compris celui du Premier Ministre où d’un membre de la famille royale, comment savoir ce qui pourrait sortir dans un journal à scandale le lendemain matin sur soi ?
Mais Murdoch est ses sbires ont commis une insigne maladresse qui ne s’oublie pas et qui ne se pardonne pas non plus. Cette maladresse est d’avoir manqué de discrétion et de tact vis-à-vis de ceux sur qui ce pouvoir était exercé. Dans ces situations-là il faut savoir rester le plus en arrière possible et évoluer dans l’ombre. Murdoch, lui, évoluait en pleine lumière et ne manquait jamais de se vanter de l’influence qu’il possédait sur les locataires du 10 Downing street entre autre.
No wonder they all want revenge.
Mais si l’establishment britannique l’a courtisé outrageusement, Murdoch n’a jamais été considéré comme l’un des leurs. Un parvenu tout au plus, même pas anglais de surcroît...

I don't really like to say this, for fear of being accused of racism, but Rupert Murdoch isn't even British. I don't see why the British press and media should be dominated by one family company, just as I've always thought it unwise for us to sell off so many of our utilities to foreigners. We should be more wary, and keep our own interests at heart. If he were British, we could call him to account. It is cheering to see the British Parliament aiming once more to take control of its own destiny. It is cheering to see Vince Cable's agenda (if not his tactics) vindicated. It was painful but cathartic to see the long-suffering Gordon Brown pour forth his pain, pain that Sky News last night dismissed as nothing but bitterness, bile and revenge. What did Murdoch and Sky expect? The game has changed.
(Sources : The Independant - 16 Juillet 2011)

Vous voyez cher lecteur l’humiliation qui ressort de cet article de The Independent , cette humiliation contenue pendant trente ans par la peur ? Maintenant que la peur a disparu la haine a pris sa place, elles sont si proches...

No wonder they all want revenge.

Ne nous étonnons donc pas aujourd’hui d’assister à une telle ruée unanime contre celui qu’ils faisaient tous semblant d’adorer il y a à peine quelques semaines...
A notre avis les Anglais iront jusqu’au bout car désormais ils sont sûrs de gagner la partie. Ils ont peut-être tord mais ils se sentent les plus forts. Le chef de file de cette attaque en règle contre Murdoch est Ed Miliband, leader du Labour. De plus cette mise à mort est devenue une entreprise politiquement extrêmement porteuse car fondamentalement populaire ; nous pouvons donc miser sur le fait qu’il risque d’y avoir une sacrée surenchère et que la victime haïe sera News Corp, Murdoch père et fils etc... Peut-être même News Corp. devra t’elle cesser ses opérations en Grande-Bretagne comme cela a déjà été entendu ici où là.

Quelles seront les conséquences de toute cette affaire en Angleterre ?
Il est encore très tôt pour en juger mais il y en a une qui risque de se faire sentir rapidement malgré tout.
Murdoch était la tête de pont des USA en Angleterre, l’agent de propagande des néo-cons et des intérêts US dans ce pays. Aujourd’hui on peut affirmer que l’instrument principal de cette influence est en situation de mort clinique même s’il n’est pas encore débranché. Et nous sommes prêt à parier que cela aura une influence importante sur la politique étrangère du Royaume-Uni dans un avenir pas trop éloigné. Peut-être pas demain bien sûr mais plus les politiciens anglais se seront habitués à penser librement, hors d’atteinte de l’influence US, tout cela combiné à l’aggravation terrible de la situation du pays, oui certainement cela contribuera à modifier la politique étrangère du Royaume-Uni.
Dans quel sens ?
Affaire à suivre.

Les conséquences aux USA ?
On peut envisager cela selon deux perspectives.
- Sur le plan intérieur tout dépendra de l’enquête du FBI et de ses résultats. Si jamais Fox News perd ses droits de diffusion aux USA les répercussions seront probablement essentielles sur la politique américaine étant donné que Fox News est le vecteur de propagande le plus important des idées néo-cons et ultra-libérale dans les médias US. Sa disparition serait un coup terrible pour les tenants de cette idéologie et leur influence en sera certainement très érodée. Cela ajoutera encore un ferment de plus à la déstructuration générale du système qui est en cours.
Sur le plan extérieur il nous semble que cela pourrait sonner symboliquement le début officiel du recul de l’influence US sur l’Europe, en attendant le retrait des troupes US auquel Robert Gates a fait allusion à Bruxelles lors d’une réunion de l’OTAN il y a quelques jours. Que cela débute par le Royaume-Uni, le pays le plus inféodé et à priori celui où l’influence impériale US semblait la plus hors d’atteinte pourrait étonner à priori. Mais contentons nous de prendre acte des faits car par les temps qui courent tout sera toujours possible y compris l’inattendu.

N’oublions pas que nous sommes entrés en « terra incognita » et que le monde navigue à vue. Nous avons quitté les terres connues du système qui nous régentait depuis 1945, et même avant d’une certaine manière, et nous nous trouvons aujourd’hui face à l'effondrement de son promoteur et bénéficiaire principal, les USA, sans que rien ne soit en place pour le remplacer. Nous n’avons pour le moment aucune solution de rechange tandis que le chaos s’étend toujours plus. Nous nous trouvons désormais en mer, sans repère ni boussole face à une tempête qui menace de se déchaîner. Soyez sûrs, chers lecteurs, que cette affaire Murdoch n’a pu éclater qu’en raison de l’état déjà avancé de déstructuration du système. L'ironie de l'histoire est que cette affaire accélérera à son tour le processus d’auto-destruction du système dont News Corp était l’un des piliers avancé.
Les prochaines semaines seront très instructives.