vendredi 14 janvier 2011

L'affaire Khodorkovsky - 2eme partie -



2. Khodorkovsky : du paria au martyr.


Khodorkovsky est né en 1963 de parents qui travaillaient dans la même entreprise ; sa mère était ingénieur et son père « technicien en chef ».
Il a mené des études de chimie à l’université tout en gravissant les échelons des sections des «Jeunesses communistes» de son université dont il finira par devenir un des responables.

Les Komsomols

C’est là un point capital dans la vie de Khodorkovsky pour trois raisons:

- A l’époque soviétique faire partie des Komsomols était la voie impériale, peut-être la seule, pour s’ouvrir les portes du pouvoir où à tout le moins d’entrer dans la sphère de la haute hiérarchie du parti, c’est à dire la nomenklatura ; et par conséquent d’avoir la possibilité d’obtenir les postes les plus intéressants de la société soviétique d’alors.
- De plus c’est par son passage dans les Komsomols que Khodorovsky se créera les réseaux qui, plus tard, lui permettront de « faire fortune »...
- C’est grâce au fait qu’il était responsable des komsomols de son université qu’il aura à sa disposition les fonds d’Etat qui lui permettront de mettre sur pied ses premières affaires.

C’est ainsi qu’en 1987, lorsque les décrets de Gorbatchev sur l’autonomie de gestion des entreprises paraissent, il crée une entité nommée MENATEP, coopérative ayant pour but d’encourager l’invention et l’innovation dans le secteur industriel. Ces coopératives des Jeunesses communistes étaient une idée de Gorbatchev qui voulait introduire la compétition dans l’économie soviétique afin de promouvoir la productivité des entreprises d’Etat et améliorer la qualité des produits par la compétition avec ces coopératives financées par le Parti à travers les Komsomols. D’où l’importance essentielle à cette époque d’être à un poste de responsabilité dans les Komsomols puisque l’on avait à sa disposition les fonds d’Etat distribués pour encourager l’initiative privée. La plupart de ces coopératives finirent entre les mains de ceux qui distribuaient ces fonds précisément. Khodorkovsky ouvrit un café, puis transforma sa coopérative en entité commerciale ce qui lui permit de se lancer dans toute sorte de commerces, jeans délavés, cognac français fabriqué en Pologne (sic), et surtout la vente d’ordinateurs, commerce très lucratif à cette époque puisqu’il consistait à importer des ordinateurs dont plus personne ne voulait à l’Ouest en raison de leur vétusté et à les vendre en Russie avec de très grosses marges.

Menatep

Mais les affaires sérieuses commencèrent lorsque MENATEP se transforma en banque en 1990. A ce moment-là l’Union Soviétique était en train de disparaître et les Komsomols étaient devenues des coquilles inutiles mais remplies de l’argent que le Parti leur avait abondamment fourni pour encourager les fameuses coopératives de Gorbatchev. Cet argent d’Etat ne fût pas perdu pour tout le monde. Les responsables des Komsomols se l’approprièrent tranquillement et c’est de cette manière que les premières banques du pays furent crées, dont celle qui deviendra une des principales, MENATEP.
Mais tout le monde ne créa pas de banque. En revanche tout le monde en eut soudain un urgent besoin, la marché noir et les trafics les plus douteux se développant à la vitesse de l’éclair, c’est-à-dire en proportion de l’effondrement de l’autorité de l’Etat. C’est ainsi que ces banques nouvelles se montrèrent particulièrement accommodantes et compréhensives pour les demandes de ces nouveaux clients enrichis par l’appropriation illégale de biens d’Etat comme par les trafics les plus divers et les moins avouables. MENATEP fût une des plus active, celle vers qui tous les anciens apparatchiks reconvertis dans le « commerce » dirigeaient les fonds qu’ils voulaient mettre à l’abri. Car Menatep fournissait des «services financiers» très particuliers à ces groupes de soit-disant entrepreneurs, plus apparentés à la mafia qu’à tout autre chose. Ces « services » consistaient à changer des roubles contre des dollars puis à sécuriser ces derniers sur des comptes off-shore, principalement la Suisse, Gibraltar, Chypre, l’Ile de Man où encore Panama. C’est ainsi que des milliards de dollars furent «sécurisés» off-shore à travers des myriades de sociétés-écrans domiciliées dans le monde entier, transitant par New-York comme le scandale de la banque of NY le montra en 1999, affaire de blanchiment d’argent internationale dans laquelle MENATEP fut sérieusement impliquée.

A partir de la chute du communisme c’est encore grâce à ses relations dans les instances dirigeantes que Khodorkovsky fût nommé au Ministère du fuel et de l’énergie. Cette nomination, assez brève, lui permit de consolider les liens qu’il avait avec tous les bureaucrates utiles du gouvernement et de l’administration, notamment les pontes du ministère des finances, la plupart d’anciens apparatchiks reconvertis dont beaucoup finirent en taule pour corruption et vol de biens d’Etat. C’est grâce à ce réseau de relation que MENATEP fut « choisie » si souvent par de nombreuses sociétés d’Etat russes d’exportation non encore privatisée pour gérer leurs fonds ; où encore que la banque fut désignée pour gérer les fonds destinés à liquider l’accident de Tchernobyl. Ce fût aussi MENATEP qui géra les fonds du service des impôts de l’Etat russe, ceux du ministère des finances où du gouvernement de la ville de Moscou, où encore les fonds provenant de l’exportation d’armement. Bref MENATEP s’imposa comme l’ une des banques privilégiées du gouvernement russe pour «gérer» les fonds qui lui passaient entre les mains.

C’est ainsi que lorsque les privatisations commencèrent en 1992 MENATEP ne pouvait pas être mieux placé pour en profiter au mieux de ses propres intérêts. De plus les entreprises privatisées étaient souvent celles dont les fonds étaient «gérés» par la banque qui l’achetait dans des enchères truquées à l’avance. Beaucoup dirent qu’en fin de compte ce furent les fonds des entreprises privatisées qui permirent leur rachat par les banques qui avaient leurs fonds en dépôt...

Apatit et Avisma

En 1994 une société du nom d’APATIT fût mise aux enchères, une vente bidon où Khodorkovsky s’arrangea pour que seules 4 sociétés lui appartenant puissent être qualifiées pour enchérir à l’exclusion de tout autre enchérisseur. En conséquence 20% des actions furent achetées par Khodorkovsky et ses associés pour la somme « énorme » de $220.000. APATIT, à l’époque, était valorisée à $1,4 billions. Mais cet achat était soumis à une condition : il fallait que les associés investissent $283 millions dans la société. Inutile de dire que non seulement aucun investissement ne fût effectué dans la société mais que Khodorkovsky ignora superbement les ordres de la Cour réclamant la restitution des 20% d’actions achetées pour contrat non rempli. De plus il revendit ses 20% à sa banque MENATEP qui elle-même les revendit à une compagnie off-shore.
Les sociétés off-shore sont un élément essentiel des trafics de Khodorkovsky comme de tous les autres oligarques. Dans le cas qui nous occupe APATIT vendait ses produits à des sociétés off-shore appartenant à des hommes de paille de Khodorkovsky à des prix beaucoup plus bas que ceux du marché qui elles-mêmes les revendaient aux prix du marché international. Il y avait deux conséquences prinicpales à ces procédés:

L’Etat était floué puisque les impôts sur les bénéfices étaient minimes, lorsqu’il y en avait.
Les actionnaires minoritaires étaient volés également puisque les bénéfices étaient transférés à des sociétés off shore ne leur appartenant pas.

C’est pour cette raison que lors de son premier procès Khodorkovsky fût condamné dans cette affaire pour avoir spolié les actionnaires d’APATI et la société elle-même de plus de $200 millions; sans compter le manque à gagner pour l’Etat.

AVISMA, qui fût achetée en 1995, subit le même traitement que les autres en ce sens que la société vendait sa production de minerais (titane principalement) à des prix plus bas que ceux du marché à des sociétés off-shore appartenant à Khodorkovsky ; à leur tour ces sociétés revendaient la marchandise aux prix internationaux souvent avec 100% de marge. Encore une fois cela évitait de payer des taxes à l’Etat et les dividendes aux actionnaires minoritaires.

Yukos

En 1995 le gouvernement de Yeltsin fût confronté à deux problèmes :

1) il était à court d’argent malgré les coupes successives de plus en plus drastiques dans les budgets de la sécurité sociale, de la santé et des dépenses d’armement, après avoir survécu pendant quelques années en vendant (en bradant) 85.000 petites entreprises. Mais en 1995, il restait à l’Etat un très beau patrimoine ; en fait ce qui restait à l’Etat russe constituait les joyaux de la couronne comme Norilsk Nikel, Gazprom où Rostelecom entre autres ; et c’était précisément cela qui faisait saliver les oligarches. L’idée était de créer un noyau d’investisseurs ayant les moyens financiers de remettre d’aplomb les entreprises les plus prestigieuses de l’ère sovietique. Les banquiers y étaient prêts. Il y avait donc des acheteurs et un vendeur. Tout allait bien ? Eh bien non car il y avait un sérieux obstacle ; cet obstacle c’étaient les représentants du parti communiste, entre autres, à la Douma qui refusaient obstinément toute vente des actifs industriels russes dans le domaine du pétrole, des mines où du gaz.

2) le second problème étaient les élections présidentielles qui se rapprochaient car les sondages effectués donnaient gagnants les communistes, ceux la même qui refusaient la grande braderie du patrimoine industriel russe si chère aux oligarches. Mais surtout il était sérieusement à craindre que si les communistes revenaient au pouvoir ces derniers pourraient remettre en cause le pillage de cette partie du patrimoine de l’Etat russe qui avait déjà eu lieu en 1992-1993.

Pour résoudre ces deux problèmes les oligarches proposèrent ceci :

1) Pour assurer la réélection de Yeltsin, vitale pour eux, ils mobilisèrent l’argent nécessaire pour le maintenir au pouvoir et mirent les médias qu'ils contrôlaient à sa disposition.
2) En contrepartie on organisa la grande braderie entre nous. Mais il fallait un peu d’imagination pour faire passer la pilule.
Le banquier Vladimir Potanine imagina ce plan : puisque le parti communiste refusait toute vente d’actifs industriels l’Etat russe allait emprunter aux banques des oligarches l’argent dont il avait besoin et le prêt obtenu serait gagé par des actions des groupes industriels qu’il ne pouvait pas vendre à cause des communistes, entre autres. Mais ces derniers ne voulaient pas non plus que des groupes étrangers puissent mettre la main sur ces sociétés. Qu’à cela ne tienne, on s’arrangera entre soi, entre russes, entre oligarches (c’est-à-dire pas plus de sept personnes) ; il sera interdit aux étrangers de participer aux enchères. Cela avait un autre avantage : les prix d’estimation seraient ainsi gardés exceptionnellement bas pour permettre aux Russes de participer... C’est ainsi que l’on chargea les banques des oligarches (et la première d’entre elles Menatep) de donner une valeur aux sociétés sur lesquelles elles mettraient des enchères pour avoir « le droit » de prêter de l’argent au gouvernement en échange des actions des sociétés qu’elles avaient valorisé et qu’elles détiendraient en gage. Et si l’Etat faisait défaut sur les prêts, eh bien les oligarques garderaient leurs actions... tant pis pour eux...

C’est ainsi que les oligarques se retrouvèrent de facto propriétaires des plus belles entreprises du pays, aux ressources extraordinaires, pour des sommes dérisoires :
Quelques exemples :
- Potanine mit la main sur Norilsk Nikel, le plus grand producteur de nikel du monde.
- Berezovsky et Abramovitch achetèrent la moitié du groupe pétrolier Sibneft pour$100 millions (Abramovitch vendit ses 25% quelques années plus tard pour $9 milliards)
- Khodorkovsky obtint 78% de Yukos pour $309 millions (en 2003 cette société était valorisée $25 milliards et $40 en 2007).

Khodorkovsky was the biggest winner in a process that saw the transfer of some 70 percent of the wealth of the former Soviet Union into the hands of barely a dozen individuals. It involved the wholesale shutdown of industries, the wiping out of millions of jobs and the shipping out of the country of several hundreds of billions of dollars.
For the broad masses of working people in the former Soviet Union the process that made Khodorkovsky one of the world’s richest men was an unmitigated catastrophe, resulting in an unprecedented destruction of jobs and incomes.
The Russian government has estimated that 31 million Russians—more than 20 percent of the population—are today subsisting on less than $50 a month. A recent United Nations, survey, meanwhile, found that half the country’s population is living in poverty; and the Russian State Statistics Committee last year revealed that more than 40 million Russians suffer undernourishment on a regular basis. Social polarization in Russia rivals that which exists in Latin America, while the destruction of both living conditions and the health care system sent the country’s life expectancy plummeting to 57 and resulted in a population loss comparable only to periods of catastrophic wars, plagues and famines.
(Sources : Bill Vann - 4 Novembre 2003)

C’est en s’assurant de la réélection de Yeltsin que les oligarques parvinrent à mettre la main sur l’Etat.

« The worst corporate governance abuser in the world ».

Durant cette période 1995-2000 Khodorkovsky et Menatep se forgèrent une réputation atroce dans le monde entier. Ils furent réputés pour se livrer aux pires abus possibles et imaginables (économiques et autres), attitudes qui valurent à Khodorkovsky en 2000 le titre peu enviable de « worst corporate governance abuser in the world ».

Il y avait bien sûr l’habituelle myriade de sociétés off shore qui permettait de siphonner hors de Russie des milliards de dollars sur lesquels ni l’Etat russe ni les actionnaires minoritaires ne touchaient un kopeck. Ce qui revenait à pratiquer non seulement l’évasion fiscale à grande échelle mais aussi du détournement de fonds, abus de bien social etc... Bien sûr tout le monde faisait la même chose, où en tout cas tous les oligarques, mais personne ne le fit à l’échelle du management de Yukos. C’est d’ailleurs ainsi que le manque de rentrées fiscales mena la Russie au défaut de payement; entrainant la dévaluation du rouble qui mena les principales banques russes à la faillite, dont MENATEP.
Outre l’expropriation systématique des actionnaires minoritaires de toutes les sociétés faisant partie de la galaxie Yukos-Menatep, ces abus consistaient aussi à s’arranger pour ne pas rembourser les emprunts accordés. C’est ainsi que MENATEP avait obtenu des prêts à concurrence de $266 millions qu’elle avait gagée contre des actions représentant 32 % de Yukos : les créditeurs étaient Daiwa Bank, Standard Bank of South africa et West Merchant Bank. Ces dernières refusèrent un étalement de leurs crédits sur trois ans proposés par Khodorkovsky et saisirent les actions de Yukos qu’elles avaient en gage. C’est alors que Khodorkovsky commença à vendre tous les actifs les plus rentables de Yukos à ses propres sociétés off shore et dans le même temps menaça les trois banques de dissoudre leurs actions de Yukos en créant des millions de nouvelles actions. Les banques paniquèrent et vendirent leurs actions avec de grosses pertes, actions qui furent rachetées par ... Khodorkovsky à travers des sociétés off shore.

Il y avait un autre minoritaire, un investisseur américain qui avait injecté $100 millions dans trois unités de production de Yukos et qui entendait bien ne pas se laisser faire. Mais en Mars 1999 il fût exclu de l’assemblée des actionnaires, il vit ses parts diluées par le triplement du nombre d’actions de Yukos et les actionnaires décidèrent de continuer à vendre le baril de pétrole de Yukos pour $1,50 à des sociétés off shore (on connaît le schéma) alors qu’à cette époque le baril de pétrole se vendait déjà $30 (on imagine les sommes détournées ... Le Parquet russe parle de $20 - $25 milliards).

Still, Khodorkovsky's name was mud for the rest of 1999. Dart took out a series of full-page ads complaining about Yukos in The Wall Street Journal, The New York Times and The Washington Post. Investors appealed to the US government, World Bank and other global institutions for assistance, all of whom condemned Yukos. After a survey of corporate governance practices in 25 emerging markets in November 2000 put Russia dead last, Yukos had a good claim on the title of "worst corporate governance abuser in the world."
(Sources : 06.09.2010 - Ben Aris - )


Du paria au martyr : une campagne de propagande remarquable.

Dés que Khodorkovsky se fût assuré du contrôle de toutes les sociétés et filiales de Yukos en expropriant les actionnaires minoritaires et en éliminant tous ceux qui lui résistaient (voir note 1), il rapatria les actifs qui avaient été mis sous contrôle de ses sociétés offshore et il se consacra au développement de la production de Yukos. Des investissements furent effectués dans les infrastructures qui en avaient bien besoin, la production de pétrole fût poussée au maximum pour générer le plus de revenus possible à un moment où le prix du pétrole, comme dit plus haut, était déjà monté à $30 par baril. Les profits devinrent colossaux et Yukos devint un des plus gros producteurs de pétrole du monde (jusqu’à produire 1,1 millions barils par jours), représentant 40 % de la production russe, la Russie étant le second producteur mondial.
Malgré cela il reste, comme on l’a vu plus haut, que Khodorkovsky, et à travers lui Yukos et Menatep, étaient vus dans le monde des affaires comme les pires gangsters qui existaient et en conséquence des gens qu’on ne pouvait fréquenter ni de près ni de loin sous aucun prétexte. Et bien entendu des gens avec lesquels on ne pouvait avoir aucune relation d’affaire sauf si on voulait se faire voler à coup sûr ; dans ce dernier cas il aurait été plus rapide, et moins coûteux, de leur donner directement l’argent dans un compte off-shore plutôt que d’investir dans une société dont on se serait fait déposséder à coup sûr quelques mois seulement après y être entré.

Donc en 2000 Khodorkovsky était encore un paria, habillé à la soviétique comme le montrent les photos de lui à cette époque, un homme assis sur une fortune à l’origine plus que douteuse mais qui s’accroissait de manière fulgurante en raison de la hausse des prix du pétrole et de la production de Yukos qui, comme déjà dit, était poussée au maximum des possibilités de production. Mais Khodorkovsky était un homme qui voulait développer ses activités à l'extérieur de la Russie. Or avec la réputation d’être le plus grand escroc de Russie, et dieu sait qu’il y avait de la concurrence ! sans compter les soupçons de meurtres commandités par Yukos-Menatep (Note 1), personne n’aurait voulu le recevoir ni de près ni de loin, et encore moins faire une affaire avec lui. Il lui fallait donc obligatoirement ravaler la façade et s’acheter une réputation plus convenable pour s’attirer les bonnes grâces des Occidentaux.
Il lui fallait apprivoiser les Occidentaux en adoptant leurs manières de faire afin de les tranquilliser suffisamment pour libérer leur appât du gain ligoté par la peur. En un mot il fallait les rassurer en parlant le même langage qu’eux.

« A group of bankers from Brunswick (which later sold out to UBS in 1997) went to see Khodorkovsky and explained that the most he could ever get out of Yukos was the $2bn annual revenue. But if he could turn his image round, then he could make far more from the share appreciation; at the start of 1999, Yukos' shares were trading at a price/earnings multiple of 1.3x, way below its Russian peers that were trading at multiples of 6.8x.

Khodorkovsky seized on the idea and threw himself into the task of cleaning out his own Aegean stable. It is a testament to the shortness of investors' memories that he was so spectacularly successful. Within three years, Yukos was the doyen of good corporate governance in Russia and Khodorkovsky was the 16th richest man in the world.»
(Sources : 6 September 2010 - Ben Arris - Moscow)

Ce vocabulaire lui fut expliqué par ces banquiers qui lui montrèrent qu’il pouvait devenir encore beaucoup plus fortuné en rendant ses actionnaires plus riches plutôt que de les voler ; pour cela il fallait transformer sa manière de gérer Yukos en se mettant aux normes occidentales et non pas en restant à celles de la mafia. Il fallait apprivoiser les Occidentaux et pour cela il fallait les rassurer en leur faisant oublier ce qu’ils savaient de lui. Il est vrai que l’argent aide énormément à faire oublier ce qui dérange... Pour ce faire, donc, on monta une énorme campagne de relations publiques pour rehausser l’image de Yukos-Menatep-Khodorkovsky de manière à « se faire des relations » utiles dans l’establishment occidental, et particulièrement US, afin de trouver des moyens et des individus capables de l’aider à développer ses affaires encore plus rapidement de façon à ce qu’elle deviennent encore plus lucratives.
Donc on paya.
Mais on paya intelligemment, là où il fallait en fonction de qui on avait besoin.

The campaign was due to kick off in 2000, so in December 1999 Khodorkovsky bought off Yukos' most vocal critic, Dart, by paying him a reputed $120m-160m for his remaining shares, or roughly what Dart had invested in the first place. More importantly, Dart agreed to a gagging clause, so that even former employees like Papesh, who were so vocal in the 1990s, wouldn't comment for this report.»
(Sources : 6 September 2010 - Ben Arris - Moscow)

Une fois le plus dangereux et bruyant des détracteurs de Khodorkovsky acheté et réduit au silence, la campagne publique commença. Elle fût si bien menée, de manière si efficace, qu’en trois ans, celui qui se vit refuser en 2000 une entrevue demandée à Mme Condoleezza-Rice, devint aux yeux des médias occidentaux le parangon de la gestion transparente et rigoureuse à l’Occidentale, celui qui introduisit en Russie les méthodes occidentales de comptabilité, celui qui recruta des occidentaux pour l’aider à développer Yukos etc...

Apparemment il y eut deux axes dans cette politique de restauration de façade de la triade Yukos-Menatep-Khodorkovsky :

1) Le recrutement de la société APCO, filiale de Grey Advertising, une des plus importantes sociétés de publicité et de relations publiques du monde. C’est ainsi que Margery Kraus, Président de APCO, devint membre du conseil de Menatep Group (le holding basée à Gibraltar qui détenait la majorité des parts de Yukos. La banque du même nom avait fait faillite en 1998. Rassurez-vous cette faillite n’a rien coûté à Khodorkovsky contrairment aux petits épargnants, aux actionnaires minoritaires et aux créditeurs). On dit que Khodorkovsky dépensa $300 millions en relations publiques en trois ans. A comparer aux minables $15 millions attribués à la Open Russia Fondation crée par Yukos sur les conseils de APCO afin d’améliorer son image aux yeux des occidentaux. On fit appel à un certain nombre de figures de l’establishment occidental, essentiellement anglo-saxon, afin de cautionner l’homme nouveau, fréquentable donc, voire recherché, qu’entendait devenir Khodorkovsky. C’est ainsi qu’on vit soudain Henry Kissinger devenir membre du conseil de la fondation en compagnie de Lord Jacob Rothschild, tout comme Khodorkovsky se retrouva soudain propulsé dans des réunions ultra sélect où il put côtoyer Warren Buffet et Bill Gates où encore Georges Soros. En ce qui concerne la Open Russia Fondation les activités de celle-ci laissent transparaître une volonté manifeste de se faire des relations dans les milieux occidentaux influents, essentiellement US (par exemple don de $100.000 aux charité de Laura Busch, don à la Librairie du Congrès de $1.000.000 etc...), plutôt que tout autre chose.

2) L’autre axe fût d’investir dans des fonds où des compagnies puissantes, détenues par des personnages influents. Le plus emblématique fûrent les $100 millions investis dans le Carlyle Group dans lequel on retrouve la famille Busch et bon nombre d’ex-membre de la CIA du plus haut niveau comme Franck Carlucci, son président de l’époque, ancien directeur de la CIA sous Carter puis ancien Secrétaire à la Défense sous Reagan (Georges Busch senior lui aussi était ancien directeur de la CIA), où James Baker III, Secrétaire d’Etat sous Reagan etc...

On peut légitimement affirmer que cette campagne fût un succès étourdissant puisqu’en deux ans tout le monde oublia complètement ce qui s’était réellement produit en Russie durant les années 90 et la part que Khodorkovsky et Menatep y avaient pris. Les médias sont bien entendu les premiers à écrire aujourd’hui l’inverse de ce qui se trouvaient dans leurs colonnes il y a dix ans, c’est-à-dire avant le démarrage de la campagne de propagande lancée par Khodorkovsky pour redorer son blason (c’est une image...). Ce sont les premiers à avoir oublié l’orchestration du pillage systématique des richesses de l’Etat russe pendant les années 90 pourtant si dénoncé e à l’époque par eux-mêmes ; oubliés les meurtres dont le chef de la sécurité de Yukos ainsi que son commanditaire, un des premiers actionnaires de Yukos Nevzlin, aujourd’hui réfugié en Israël, furent jugés coupables (note 1) ; oublié le « plus grand escroc de Russie », oublié le rapport de la Banque Mondiale de 1997 dans lequel Khodorkovsky est vitriolé etc...
Tout cela était du passé. Désormais Khodorkovsky était devenu le dernier saint au calendrier, la vitrine exemplaire des pratiques nouvelles de bonne gouvernance de la Russie, l’exemple à suivre et à encourager, bref l’Occident voyait soudain à travers Khodorkovsky sa propre image idéalisée. C’était le rêve devenu réalité. Tous les espoirs furent soudain permis.

Pas pour longtemps.
Car le conte de fée fût brutalement interrompu lorsque Khodorkovsky fut arrêté en Octobre 2003. Depuis ce moment-là il est devenu un saint et un martyr aux yeux de la plupart des médias de désinformation occidentaux. Un martyr de la cause capitaliste, un martyr de la liberté contre l’oppression et le stalinisme résurgent, un opposant héroïque au dictateur Poutine, un libéral authentique pourchassé pour son amour de la transparence, de la démocratie etc...

Mais pourquoi lui ?



- Note 1 -

Afterwards the name of Nevzlin was basically mentioned in media in connection with the case of Aleksey Pichugin – the former security officer of YUKOS oil company. Pichugin was arrested in June 2003, after his arrest the “YUKOS case” was initiated. Pichugin was accused of organization of several contract crimes including murders. The investigation considered the possible worked-out scheme according to which Pichugin searched for the right people from criminal society for killing persons out of YUKOS favour by Nevzlin’s instructions.
(Source: Rossiyskiye vesti - 17.09.2003)

Nevzlin fût jugé coupable de complicité (puisque c'en était le commanditaire) des crimes suivants:

The organization of Limited liability partnership “Trade company “Phoenix” Director Valentina Korneeva. Korneeva owned the small “Tea” shop in Pokrovka street, which took Menatep’s fancy. The shop’s value amounted to approximately half a million dollars but Korneeva was offered for it only thirty thousand that’s why the woman refused. Hired killers Vladimir Shapiro and Mikhail Ovsyannikov shot a bullet in her head at the entrance of her own home in January 1998.

The contract murder of Nefteyugansk governor Vladimir Petukhov in summer 1998. In July 1998 Petukhov and his bodyguard were fired point –blank by contract killer Eugeny Reshetnikov and his fellow Gennady Cigelnik.
(Source: Izvestiya - 18.05.2006)

The contract murder of the spouses Gorins. Sergey Gorin cooperated for a long time with Pichugin. In 1998 Pichugin offered Gorin to find people for beating the YUKOS employee Kolesov and Moscow governor’s adviser Olga Kostina. Pichugin was even the godfather of Gorin’s son Aleksey. Pichugin introduced Gorin to Mikhail Khodorkovsky and promised him career development. Gorin however didn’t wait for promises to be fulfilled and unsuccesfully tried to meet one more time Khodorkovsky. After that he met Khodorkovsky father who promised to help. At the same time Gorin laid down his demands to Pichugin – employment or 100 thousand dollars. Gorin got part of the amount. In the short run on November 20, 2002 Sergey Gorin and his wife Olga, who was in the know of her husband’s proceedings, were kidnaped from home. Children were locked in the bathroom. The bodies of Gorins were not found although the spots of blood and medulla were visualized at home.
(Source: Kompromat - 20.02.2004)

The murder attempt at the former Chief of Moscow government public relations department Olga Kostina . In November 1998 the explosion occured near the door of the apartment where the former “Menatep” PR employee Kostina was registered. Nobody suffered although several bridgings were damaged by the explosion wave.
(Source: Izvestiya - 05.10.2004)

The murder attempt at one of the managers of Austrian oil company East Petroleum Eugeny Rybin. Rybin’s car was exploded and shot from self-firer. By a lucky accident Rybin was not in the car because he remembered about his nephew’s birthday and decided to come over to his place. In the attempt on Rybin’s life his driver died. Rybin himself accused YUKOS in the attempted murder because he invested money in two oilfields owned by “Tomskneft” unit which was a part of East oil company. In 1997 YUKOS bought more than 60% of VNK shares and made “Tomskneft” cancell the agreement with Rybin’s company without returning his shares and money. Rybin filed a 100 million rubles claim.
(Source: Izvestiya - 18.05.2006)

vendredi 31 décembre 2010

L'affaire Khodorkovsky - 1ere partie -

Avertissements : Face à l'indigence des médias officiels "aux ordres" et appointés à propos de cette affaire, la Chronique de Cochon sur Terre a décidé de consacrer plusieurs articles au procès Khodorkovsky.
Voici le premier de la série.

1. L’oligarchie US a versé dans une schizophrénie dont elle ne se remettra probablement jamais.


Avez-vous entendu, chers lecteurs, les cris d’orfraie, les gémissements, les pleurs, les grognements d’indignation (évidemment !), les cris de désespoir et nous en passons... Tout ce tintamarre issu très principalement, il faut bien l’avouer, de la part de la branche US des Représentants Exclusifs du Bien sur Terre (les REBT), dont la vice-présidente n’est personne d’autre que la lumineuse et immaculée Secrétaire d’Etat US. Et elle sait, elle, de quoi elle parle lorsqu’il s’agit de droit de l’hommisme, de respect de la souveraineté de pays étranger (ce qui signifie que l’oligarchie US admette qu’ils n’appartiennent pas aux USA ce qui est très douteux ; n’oublions pas que selon Noam Chomski les USA croient qu’ils «own the world») : inutile non plus de rappeler leur maîtrise inégalée du respect du droit international, du respect de l’habeas corpus sans parler du respect extraordinaire que les USA nous donne chaque jour pour la vie privée des citoyens etc etc...

Fort de cette expertise incomparable, à nulle autre pareille, une maîtrise si parfaite de tous ces droits si sacrés des nations et des citoyens que jamais personne avant les REBT ne les avaient respectés aussi bien que Mme Clinton et consort, c’est-à-dire l’oligarchie US. Fort donc de cette expérience inouïe qui lui donne l’autorité incontestable en cette matière qu’on lui connaît, Mme Clinton a décrété que la peine décidée à l’encontre de Kodhorkovsky et de son complice Lebedev annoncée à Moscou ces derniers jours posait de :

"serious questions about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations".
(Sources : The Guardian - 28.12.2010)

Bien sûr quelques perroquets européens au cervelas fracassé par le professeur Pavlov, telle que la Commissaire européenne aux Affaires étrangères Catherine Ashton (en toute indépendance bien sûr), ont ressortis quasiment dans les mêmes termes leur « angoisse » (...) à propos de la sentence que le tribunal de Moscou a rendu contre l’ex-magnat du pétrole russe et son complice.

On ne peut pas dire que nous autres Occidentaux, c’est-à-dire les Représentants Exclusifs du Bien sur Terre (REBT), ne soyons pas idéalement représentés par nos oligarchies bien-aimées dont les politiciens sont toujours si bien intentionnées et surtout si conformes en tous points à leurs discours lénifiants et bien-pensants. D’ailleurs quel meilleur exemple que celui qui nous est offert par l’Empire du Bien, les USA, depuis maintenant plusieurs décennies ; un exemple que l'oligarchie dirigeante de celui-ci s’efforce par tous les moyens de nous faire imiter en suivant elle-même à la lettre les innombrables beaux discours qu’ils nous lancent à la figure toute la journée.
Prenons donc Mme Clinton au mot :

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays qui garde 174 prisonniers détenus dans le camp de Guatanamo à Cuba, désormais synonyme de violations les plus flagrantes des droits démocratiques les plus basiques tels que : refus des règles de l’habeas corpus (voir note 1 en fin d’article), refus du droit des détenus d’avoir un avocat, détention illégale et illimitée, détention sans chef d’inculpation, refus de la tenue d’un procès sans parler de la pratique intensive de toute sorte de torture sur les prisonniers dont la plupart sont enfermés depuis presque 10 ans maintenant.

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays qui a envahi, illégalement au regard du droit international, un autre pays, l’Irak, sans aucune justification sérieuse, c’est un pléonasme ! Un pays occupé désormais réduit à un champs de ruine dans lequel les morts civils provoqués par son occupation illégale par les troupes du gouvernement US se chiffrent selon les sources entre 108.430 et 250.000 personnes au 31 Décembre 2010.
(Sources : www.iraqbodycount.org et Information Clearing House)

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays dont les troupes où les services secrets, d’après les aveux de son ex-président Georges Busch (voir note 2 en fin d’article), pratiquent couramment la torture sur les prisonniers détenus dans des lieux secrets situés hors des USA pour ne pas se trouver en contradiction avec les lois censées s’appliquer sur son propre territoire. C’est ainsi qu’outre le fameux waterboarding

On recense, parmi les autres techniques employées : la nudité prolongée, les menaces, l'exposition au froid, le maintien dans des positions douloureuses, les agressions physiques, l'utilisation prolongée d'entraves et la privation de sommeil.
(Amnesty International - 10 Novembre 2010)

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays qui maintient à l’isolement le plus absolu depuis plus de neuf mois le soldat Manning, citoyen des USA, sans chef d’inculpation ; là encore en lui déniant ses droits à l’habeas corpus, ses droits à être représenté et à voir un avocat, sans envisager de jugement et sans parler de ce qui est considéré comme de la torture par les lois internationales, c’est à dire la privation de sommeil, l’isolation complète, le refus de couverture où d’un oreiller etc...

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays qui attaque et tue sans discrimination des populations civiles étrangères de nations avec lesquels aucune guerre n’est déclarée, comme le Pakistan, le Yemen etc...

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays dont le président s’apprête à passer un «executive order» qui donnera légalement le droit de détenir quelqu’un pour une durée illimitée sans passer en procès civil où devant une commission militaire. Ce seront les conditions de Guatanamo rendues légales sur le sol des USA. Certains défenseurs américains des libertés civiles s’en inquiètent :

Jameel Jaffer, a national security lawyer at the American Civil Liberties Union, said that the executive order would “normalize and institutionalize indefinite detention and other policies,” (souligné par nous) set in place by the Bush administration. Laura W. Murphy, director of the American Civil Liberties Union’s Washington legislative office, added, “Our Constitution requires that we charge and prosecute people who are accused of crimes. You cannot sell an indefinite detention scheme by attaching a few due-process baubles and expect that to restore the rule of law.”

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays dont le président vient de signer une autorisation de rechercher et d’assassiner le citoyen américain Anwar Al-Awlaki par ses services de sécurité.

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays dont de nombreux membres du Congrès comme de l’Administration ont demandé publiquement l'exécution pure et simple d’un journaliste pour avoir publié des documents qu’on lui avait remis, journaliste théoriquement protégé par le 1er Amendement de la Constitution américaine en vertu de la liberté de la presse (voir à ce sujet notre article du 10 Décembre 2010)

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays dont le président a bloqué toute initiative destinée à juger les membres du gouvernement et de la précédente administration coupables de crimes de guerre aux yeux des lois internationales. Il est vrai que ce faisant cela pourrait ouvrir la voie à sa propre inculpation et celle de son administration puisqu’ils pratiquent la même politique que leurs prédécesseurs.

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays qui demande à ses diplomates d’espionner les diplomates étrangers et de leur voler leurs données personnelles telles que leur ADN, leurs empreintes digitales, leurs numéros de cartes bancaires où de programmes de « frequent flyers » etc... sans parler de l’espionnage intensif des membres des missions diplomatiques accrédités à l’ONU, du Secrétaire Général et des membres du Conseil de Sécurité, y compris les soit disant « alliés » des USA.
Il est vrai que Mme Clinton ne peut pas avoir beaucoup d’inquiétudes à ce sujet puisque c’est elle qui a donné les ordres (voir à ce sujet notre article du 10 Décembre 2010).

C’est bien évidemment en gardant intact une foi profonde et une absence totale d’inquiétude "about selective prosecution and about the rule of law being overshadowed by political considerations" (Sources : The Guardian 28.12.2010) que Mme Clinton accepte d’être la Secrétaire d’Etat d’un pays qui a condamné à 150 ans de prison Bernard Madoff pour escroquerie, sans qu’on ait jamais su les tenants et aboutissants de cette affaire, ni où ont atterri les fonds volés. A noter que Khodorkovsky non seulement a eu droit à un procès public avec des avocats qui peuvent faire appel, mais en plus il n’a été condamné qu’à 14 ans de prison (pas 150!) pour des faits autrement plus graves dont nous reparlerons dans le prochain post.

Nous n’allons pas continuer car la liste des actions de l’Empire du Bien méprisant tout droit international comme sa propre constitution ainsi que les principes basiques de l’habeas corpus (voir note 1) est interminable. Si nos lecteurs veulent un peu plus de renseignements sur la conduite irréprochable du gouvernement des USA en matière de droit de l’hommisme, de respect des individus et des règles du droit internationales nous vous renvoyons à la note 3 à la fin de cet article. Une consultation du site d’Amnesty International n’est pas sans valeur non plus (www.amnesty.org).

Ces quelques exemples nous prouvent bien à quel point les discours des dirigeants US sont complètement décorrélés de leurs actions où de celles qu’ils couvrent, voire qu’ils ordonnent. Il est certain que toute responsabilité politique peut impliquer des décisions qui ne sont pas en accord avec ce que l’on prône ouvertement. Mais il ne s’agit plus ici de situations extra-ordinaires, c’est à dire qui ne représentent pas la norme mais l’exception. Aujourd’hui c’est l’inverse; l’extra-ordinaire est devenu l’ordinaire de chaque jour mais on continue à vivre et à parler comme si rien n’avait changé. Et nulle part ailleurs cette situation n’est plus flagrante qu’aux USA.
Pour quiconque relève les discours annonés par les membres de l’oligarchie US, les professions de foi déclamées le coeur en bandoulière, la larmes à l’oeil et la main sur la Constitution qui garantit les droits de l’habeas corpus, le droit de libre parole où les droits de la presse, la liberté individuelle etc, ceux la mêmes qui les louent en discours au Congrès mais les bafouent dans la foulée en signant des lois pour les uns, des ordres pour les autres, en les exécutant pour tous, le tout sans aucune vergogne ni hésitation. Peut-être même sans aucune conscience de ce qu’ils font, sans faire aucun lien entre ce qu’ils répètent toute la journée et leurs actes.
Le « peut-être » est de trop d’ailleurs.
C'est ce que l'on nomme de la schizophrénie. En voici la définition :

« Schizophrénie » provient de « schizo » du grec « σχίζειν » (schizein) signifiant fractionnement et « φρήν » (phrèn) désignant l’esprit. C'est donc une « coupure de l'esprit », pas au sens d'une "double personnalité" comme on l'entend parfois, mais au sens d'une perte de contact avec la réalité (souligné par nous) ou, d'un point de vue psychanalytique, d'un conflit entre le Moi et la réalité.

Cette perte de contact des dirigeants US avec la réalité est le reflet de leur refus de s’adapter à une situation géostratégique nouvelle qui est en train de remettre en cause la position de leur pays dans le monde (et donc l’image qu’ils ont de celui-ci et d’eux-mêmes par rapport à ce même monde) ; ce refus obstiné de la réalité couplé à la vision grandiose qu'ils ont de leur puissance les a entrainé à concevoir des objectifs démesurés par rapport aux moyens qu'ils avaient de les réaliser; les échecs qui s'en sont suivis immanquablement furent imputés à des ennemis extérieurs, tous diabolisés les uns après les autres, situation qui a engendré une paranoïa exponentielle qui entraîne des décisions toujours plus couteuses qui mènent toujours plus vite le pays à l'abime.
Nous verrons comment l'affaire Khodorkovsky a sa place dans tout cela.

Notes


1 - Habeas corpus: règle de droit qui garantit à une personne arrêtée une présentation rapide devant un juge afin qu'il statue sur la validité de son arrestation. Généralement, le délai est de quelques jours ou de quelques heures. En latin, cela signifie que tu aies ton corps (... pour être devant le juge). La règle de l'Habeas corpus a pour fondement que, même détenue, une personne n'est pas sans droit. En fonction de cette règle, un prisonnier doit être relaché s'il est détenu sans raison valable aux yeux de l'autorité judiciaire, laquelle doit être placée dans une relative indépendance par rapport aux pouvoirs législatif et exécutif. Texte français de l'Habeas Corpus
Ce principe est à la base de l'État de droit. Ce principe limite les prérogatives du pouvoir exécutif, des forces policières et pénitenciaires en particulier.
Le principe de l'Habeas corpus est généralement respecté dans les sociétés démocratiques. Lors d'une situation d'urgence, de crise, d'insurrection, de guerre ou tous les cas de régimes autocratiques (militaires, totalitaires, etc) la règle de l'Habeas corpus est cependant souvent bafouée ou limitée dans son application.

2 - Dans ses mémoires, publiés le 9 novembre, et dans un entretien diffusé sur NBC News le 8 novembre 2010, l'ancien président a confirmé son implication personnelle dans l'autorisation du waterboarding (simulacre de noyade) et d'autres techniques contre des « détenus de grande valeur ».
« Aux termes du droit international, le fait que l'ancien président admette avoir autorisé des actes s'apparentant à la torture suffisent pour que les États-Unis soient dans l'obligation d'enquêter sur ses propos et, s'ils sont corroborés, de le poursuivre », a déclaré Claudio Cordone, directeur général d'Amnesty International.
« Ses aveux mettent une fois de plus en évidence l'absence d'obligation de rendre des comptes pour la torture et les disparitions forcées, crimes de droit international dont les États-Unis se sont rendus coupables. »
(Sources : Amnesty International - 10 Novembre 2010)

3 - Voir cet article sur le site d’Amnesty International :
http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/daily-injustice-immeasurable-damage-2010-03-05

lundi 20 décembre 2010

Message pratique à propos de wikileaks

Nous indiquons à nos lecteurs que nous avons crée un lien (à gauche au-dessus de "contact") pour que vous ayez accès au site miroir de Libération (http://liberation.wikileaks.fr) afin que vous puissiez consulter directement les documents publiés par wikileaks si vous le désirez.
En attendant que la Chronique de Cochon sur Terre ait elle aussi son propre site miroir de wikileaks.

dimanche 19 décembre 2010

Ben Bernanke : son pire cauchemar s'est réalisé, réjouissons nous !

Chers lecteurs de la Chronique de Cochon sur Terre, nous avons une question à vous poser : quel est le plus monstrueux cauchemar de Ben Bernanke, un cauchemar si insoutenable qu’il le rend insomniaque pour une nuit entière rien qu’en y pensant deux secondes au cours de la journée précédente ? Le plus sage aurait été d’ignorer complètement ce cauchemar mais désormais ce n’est plus possible.
En effet depuis quelques jours Ben Bernanke va devoir vivre avec ce cauchemar non seulement la nuit mais aussi toute la journée dont certaines seront certainement beaucoup plus éprouvantes que d’autres car ce cauchemar redoutable est devenu réalité.

Allons, ne vous impatientez pas, chers lecteurs, çà vient çà vient. Mais si vous êtes des lecteurs attentifs de notre Chronique, ce dont nous ne pourrions douter une seule seconde bien sûr, vous devriez avoir une petite idée derrière la tête de ce qui empêche l’ami Ben de dormir à ce point ; car nous en avons déjà parlé.
Alors ? Rien, aucune idée ? Aucune lueur ? Vous exagérez, chers lecteurs.
Qu’est-ce qui pourrait rendre Ben Bernanke insomniaque ?

Voyons voir.

- Le fait avéré qu’il n’y a aucune reprise mais que, bien au contraire, la récession s’approfondit ?
- Le fait que le chômage aux USA n’est pas de 9,8% mais de 17,5 - 18% ?
(Sources : Shadow Government Statistics »).
- Le fait que l’inflation (estimée à 8% environ si l’on prend en compte les prix de l’alimentation et de l’énergie, ce qui n’entre pas dans les calculs gouvernementaux actuels) existe bel et bien, et qu’elle est déjà très élevée, en dépit des proclamations de la FED ?
- Le fait que les USA, et beaucoup d’autres avec eux, sont en faillite parce-qu’ils sont incapables de payer leurs dettes ?
- Le fait que le QE 2 (tout comme le QE1 d’ailleurs) a d’ores et déjà échoué ?
- Echec dont la remontée des taux des T-Bonds à moyen et long terme est la preuve éclatante puisque le QE 2 avait pour objectif de faire baisser ces derniers en rachetant les émissions de bonds du Trésor US pour l’année à venir afin de palier au manque d’enthousiasme de plus en plus manifeste des investisseurs traditionnels.

Arrêtons là, la coupe est déjà pleine et cela suffirait amplement à empêcher n’importe quel individu à demi responsable de dormir ne serait-ce que deux minutes par nuit.
Mais le cauchemar de Ben Bernanke est à la fois lié à tout cela sans que cela en soit la cause directe.
Qu’est-ce à dire ?
Eh bien vous devriez déjà le savoir, chers lecteurs, si vous nous lisiez attentivement !
En effet nous avions écrit lors des élections de Novembre (Analyse - 7 Novembre 2010) qu’un des tests majeurs de l’influence des représentants et des idées du Tea Party sur le parti républicain serait la nomination où non du Représentant Ron Paul (Libertarien) à la tête du
«Subcommittee on Domestic Monetary Policy » dont il avait été écarté par deux fois déjà dans le passé par les républicains eux-mêmes.

Cette fois c’est fait !
Et c’est une excellente nouvelle !

C’est le Rep. Spencer Bachus (Rep - Alabama), lui-même à la tête du House Financial Service Committee, qui l’annonça ainsi :

"This is the leadership team that crafted the first comprehensive financial reform bill to put an end to the bailouts, wind down the taxpayer funding of Fannie Mae and Freddie Mac, and enforce a strong audit of the Federal Reserve (souligné par nous)," Bachus said. "We are ready to hit the ground running, and I look forward to continuing our work in the next Congress."
(Sources : The Hill - 09.12.2010)

Si on lit attentivement ce qu’a dit le Rep. Spencer Bachus les craintes que l’on pourrait avoir légitimement à propos de la volonté des républicains de faire un audit très rigoureux de la Fed et des réserves d’or (dont on ne sait rien depuis la fin de la guerre quasiment), une des principales revendications de Ron Paul depuis des décennies, eh bien il semblerait qu’aujourd’hui ces craintes n’aient plus lieu d’être ; il semblerait désormais qu’il n’y ait jamais eu autant de chances pour que cela se fasse enfin, si l'on se fie à la déclaration officielle de Spencer Bachus. Cela dit les obstacles seront nombreux car il faut encore avoir l’autorisation du Speaker of the House sans parler de l’opposition du Président et des recours possibles devant la Cour Suprême, tout cela pouvant retarder le dit audit jusqu’aux prochaines élections. Mais il resteraient tout de même les "testimony" répétés devant la commission présidée par Ron Paul de Bernanke et compagnie qui ne cesseront pas avant qu'ils aient satisfait la curiosité inquisitrice du Rep. Ron Paul. L'ami Ben n'a pas fini de prendre des somnifères.

Ne soyons pourtant pas trop pessimistes car il semblerait que le vent soit réellement en train de tourner aux USA en faveur des idées que Ron Paul défend depuis quarante ans, seul contre tous pendant si longtemps. Il semblerait même qu’a la faveur de l’extension des ravages de la crise et du mécontentement grandissant de la population contre l’oligarchie washingtonienne, une petite partie de celle-ci ne soit en train de prendre le train en marche avec une tasse de thé sur les genoux, comme si de rien n’était.

Nous gageons pour notre part que cette nomination est le signe concret qu’une prise de conscience beaucoup plus générale de la gravité de la situation du pays est en train de s’accomplir, y compris par cette minorité de membres du Congrès dont nous parlions tout à l’heure. Il est probable que cet événement en apparence minime (en tout cas pour nos médias de désinformation préférés) pourrait engendrer de grands bouleversements politiques futurs aux USA, chamboulement dont les prémisses furent l’apparition soudaine et chaotique du Tea Party Movement dont une majorité partage désormais les idées principales de Ron Paul ; notamment celles qui consiste à limiter la taille du gouvernement central et par conséquent à limiter les impôts ; cela va de pair avec la remise aux citoyens des libertés qui leur furent ôtées depuis des années à la faveur de l’expansion toujours plus intrusive de l’Etat dans leurs affaires privées.

Cette remise en cause du système, car c’est bel et bien de cela qu’il s’agit au fond, pourrait donc commencer en Janvier par la mise sous contrôle de la Fed. Cela débuterait par l’inspection de ses comptes et leur publication par la commission présidée par Ron Paul ainsi que par l'inventaire des réserves d'or du pays gardées à Fort Knox.
Où et comment se terminera cette attaque contre le système, nous n’en savons rien. En revanche nous savons que cela ne cessera pas avec l’audit de la Fed. La porte s’est désormais entrouverte et il est bien possible que plus personne ne soit désormais capable de la refermer. Elle va au contraire s’ouvrir toujours plus sous la pression des événements au risque de la voir s’arracher de ses gonds.
Les USA sont probablement entrés dans une zone de grandes turbulences dont il n’existe pas de carte topographique connue.

En attendant tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.

lundi 13 décembre 2010

Wikileaks et Julian Assange : quand la démokracie met bas les masques.

Nous n’allons pas répéter les faits de l’affaire wikileaks ; même s’ils sont déformés par nos médias de désinformation habituels, médias plus que jamais « aux ordres » de nos gouvernants bien aimés, sans aucune vergogne ni plus aucun souci de préserver des apparences quelconques d’indépendance ; donc même déformés les faits de l’affaire wikileaks peuvent être connus par n’importe quel individu épris de liberté, c’est-à-dire habité du désir de savoir ce qui se passe réellement mais aussi, et en conséquence, du refus systématique d’ingurgiter la propagande officielle dont on aimerait nous gaver jusqu’à plus soif ; dans ce cas jusqu’à l’abdication complète de toute forme de pensée, indépendante par définition.

En conséquence toute voie discordante du discours officiel est à tuer dans l’oeuf aussi vite que possible, par tous les moyens à disposition. C’est une question de survie.
Pour eux, c’est-à-dire les dignes et très démokratiques représentants de la nomenklatura, principalement aux USA.
Nous ne pouvons pas résister à vous donner, cher lecteur, un concentré des diverses réactions de nos parangons de vertus démokratiques, tous débordants d’amour pour les droits inaliénables de chaque citoyen du monde, sans parler de leur respect sacré et larmoyant pour la Constitution américaine, et particulièrement de son 1er Amendement, dont nous vous rappelons ici la teneur afin que vous puissiez vous rendre compte par vous-mêmes à quel point il est respecté à la lettre par les gouvernants bien-aimés des USA :

« Le Congrès ne fera aucune loi qui ne touche l’établissement où interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de parole où de la presse (souligné par nous), où le droit qu’à le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des tords dont il a à se plaindre. »
(1er Amendement de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique - 1791)

Voici donc quelques réactions de la nomenklatura occidentale, ces défenseurs acharnés de la liberté version CIA, des droits de l’homme, de la femme et des enfants en bas âge, des cochons aussi va sans dire, ainsi que de leur droit sacré à tous à la consommation de tout et n’importe quoi (le seul de tous nos droits qui soit resté intact jusqu’à aujourd’hui et le seul qui s’étendra toujours plus jusqu’à ce que mort s’en suive, soyez en sûrs chers lecteurs) :

la sénateur Diane Feinstein, digne progressiste de son état, démokrate au plus haut point, membre du parti du même nom :

« When WikiLeaks founder Julian Assange released his latest document trove—more than 250,000 secret State Department cables—he intentionally harmed the U.S. government. The release of these documents damages our national interests and puts innocent lives at risk. He should be vigorously prosecuted for espionage.
“The law Mr. Assange continues to violate is the Espionage Act of 1917. That law makes it a felony for an unauthorized person to possess or transmit "information relating to the national defense which information the possessor has reason to believe could be used to the injury of the United States or to the advantage of any foreign nation." ... Importantly, the courts have held that "information relating to the national defense" applies to both classified and unclassified material. Each violation is punishable by up to 10 years in prison.»
(Sources : The Wall Street Journal)

La pauvre chérie, malheureusement pour elle, a oublié quelques détails négligeables :
Ce n’est pas Julian Assange qui a subtilisé les documents. Il les a reçu d’une source faisant partie des deux millions de personnes ayant accès légalement aux dossiers classifiés du gouvernement US.
Contrairement aux affabulations de notre démocrate de choc Julian Assange et Wikileaks, en collaboration étroite avec les cinq journaux internationaux à qui ils ont transmis les documents, ont supprimé toutes références où toutes indications qui auraient pu mettre en danger la vie d’un individu quelconque. A ces fins ils ont même demandé à l’Ambassade US de Londres de les aider à faire le tri. Cette dernière n’a pas donné suite à ces demandes. De plus, et selon le Pentagone lui-même, il n’y aurait aucune victime à déplorer depuis la sortie des premiers documents sur l’Irak en Avril dernier.
Wikileaks est un organe de presse tout comme peuvent l’être le NY Times, le Guardian, le Figaro, Der Spiegel où El Pais. Wikileaks n’a pas fait plus que publier des documents qu’on lui a fourni, exactement de la même manière que l’ont fait les dignes organes de presse cités plus haut (et surtout le même nombre de documents soit 1269 à ce jour sur plus de 250.000) ; wikileaks n’est pas moins un organe de presse que ABC, CBS où tout autre site du même topo sur internet. En conséquence de quoi il devrait être protégé par le 1er Amendement de la Constitution des USA.
Un autre léger détail : Julian Assange n’est pas américain. Non, Mme la sénateur, le monde n’est pas américain et il se trouve que Julian Assange est citoyen australien (et nous espérons qu’il n’aura pas à le regretter étant donné l’attitude du premier ministre australien). En conséquence de quoi on ne voit pas comment il aurait pu trahir les USA... A moins que cette démocrate de choc ne fasse partie des ces membres de la nomenklatura US qui pensent que les USA « own the world », pour reprendre l’excellente expression de Noam Chomsky.

Le journaliste Jonah Goldberg, néo-conservateur :

« Why wasn’t Assange garroted in his hotel room years ago? » (Sources: National Review)

Evidemment cela aurait eu le mérite de simplifier les choses. Et puis on a l’habitude de ce genre de traitement dans nos régimes si friands de transparence, de démokratie, du droit des gens et bla bla bla... D’ailleurs, afin de vous convaincre chers lecteurs que nous ne sommes pas si paranoïaques que vous ne pourriez le penser, voici un court extrait d’un manuel que la CIA distribuait à ses agents en 1953, rendu public en 1997 :

"The most efficient accident, in simple assassination, is a fall of 75 feet or more onto a hard surface. Elevator shafts, stair wells, unscreened windows and bridges will serve... The act may be executed by sudden, vigorous [excised] of the ankles, tipping the subject over the edge. If the assassin immediately sets up an outcry, playing the 'horrified witness', no alibi or surreptitious withdrawal is necessary."
(Sources : Couterpunch)

Il est certain que dans le cas de Julian Assange il est un peu tard pour ce genre d'expédient. Gageons cependant que les méthodes décrites ci-dessus furent améliorées avec le temps, notamment grâce à la technologie et à toutes ces merveilles innombrables que le dieu progrès (alimenté par les $ 1000 milliards du budget annuel du Pentagone) nous fournit si généreusement tout au long de notre longue marche triomphale vers l’anéantissement général. Gageons donc, chers lecteurs, qu’on trouvera bien un moyen de se débarrasser des empêcheurs de mentir en rond tels que Assange.

- Erich Holder (Attorney General of the USA), digne démocrate lui aussi :

The US attorney general, Eric Holder, has announced that the Justice Department and Pentagon are conducting "an active, ongoing criminal investigation" into the latest Assange-facilitated leak under Washington's Espionage Act.
Asked how the US could prosecute Assange, a non-US citizen, Holder said, "Let me be clear. This is not saber-rattling," and vowed "to swiftly close the gaps in current US legislation…"
In other words the espionage statute is being rewritten to target Assange (souligné par nous), and in short order, if not already, President Obama – who as a candidate pledged "transparency" in government - will sign an order okaying the seizing of Assange and his transport into the US jurisdiction. Render first, fight the habeas corpus lawsuits later.
(Sources : Alexandre Cockburn - Counterpunch)

A graver le plus profondément possible au fond de votre cervelas, chers lecteurs (et à ne jamais oublier) :
« In other words the espionage statute is being rewritten to target Assange ».
La modification d’une loi en fonction des besoins du jour avec effets rétroactifs est le signe le plus clair du meurtre définitif avec préméditation de l’état de droit dans un pays. A partir de là le citoyen devient sujet à l’arbitraire le plus complet et toute proclamation d’une liberté quelconque relève de la farce la plus sinistre.
Voire à ce sujet les expériences de l’Allemagne nazie, l’URSS, la Chine de Mao et autres régimes du même acabit.

- Tom Flanagan, ancien conseiller du premier ministre du Canada :

« Obama should put out a contract and maybe use a drone or something to rid the world of Mr Assange »
« ... I thinck Assange should be assassinated actually ... There is no good coming of this ...»
« ... I would not feel unhappy if Assange desapeared » he said in conclusion.
(Sources : CBS Show « Power and Politics »)

Ici nous nous trouvons face à des méthodes de la mafia ; en effet « passer un contrat sur un individu » est une procédure tout à fait caractéristique lorsqu’on confie à la mafia le soin d’éliminer quelqu’un. Cette déclaration est au propre comme au figuré un appel au meurtre qui peut parfaitement faire l’objet d’une plainte pénale comme l’ont d’ailleurs envisagé Julian Assange et ses avocats.

Les trois déclarations suivantes sont dues à trois probables futurs candidats à la présidentielle de 2012. Leurs propos nous montrent à quel point ils ont tous la stature adéquate pour devenir Président des USA.

Sarah Palin, probable futur candidate aux présidentielles (great !!!), à propos de Julian Assange :

« ... an anti-american with blood on his hands. »
« He should be hunted down like Al Quaeda’s leader Osama Bin Laden ...»

C’est effectivement ce que l’on pourrait souhaiter de mieux à Julian Assange étant donné le succès extraordinaire remporté par les USA et leurs caniches appointés pour capturer bin Laden qui court dans la nature depuis 9 ans.

- Rick Santorum, probable futur candidat aux présidentielles (argh !!!) :

... said Tuesday that Assange was guilty of "terrorism," and should be prosecuted as such.
(Sources : Huffington Post - 30.11.2010)


- Mike Huckabee, futur candidat aux présidentielles (argh !!! bis) :

Former Arkansas Gov. Mike Huckabee and possible Republican presidential candidate provided a harsh assessment of what he believes to be an appropriate punishment for the source of the latest WikiLeaks transmission of U.S. embassy cables, saying that "anything less than execution is too kind a penalty."
"Whoever in our government leaked that information is guilty of treason," Huckabee said, according to a report from Florida Independent. "They've put American lives at risk."
(Sources : Huffington Post - 30.11.2010)

La déclaration de ce dernier parait un peu plus articulée cérébralement parlant que celles de ces deux collègues puisqu’il ne parle que du où des Américains qui ont fourni les documents à wikileaks. Effectivement dans ce cas le terme de trahison pourrait s’appliquer, en tout cas selon les termes de « l’espionnage act » de 1917 qui ne fût concocté par Wilson que pour réduire au silence ceux qui s’opposait à l’entrée en guerre des USA (ils étaient la majorité) ; mais encore une fois «l’espionnage act» ne peut s’appliquer à Julian Assange en dépit des efforts désespérés de Erich Holder et de ses équipes de bureaucrates tortionnaires de lois pour tenter d’y faire tenir le cas de wikileaks et de son fondateur.

En tous cas nous ne pouvons plus ignorer qu’en cas de victoire électorale d’un de ces trois candidats à la Présidentielle de 2012 nous regretterons amèrement les Busch Jr, Cheney, Wolfowitz et compagnie qui feront figure d’enfants de choeur jouant dans leur bac à sable.

Cela dit rassurez-vous chers lecteurs la nomenklatura US ne fût pas la seule à se déchaîner contre wikileaks et Assange. Voici deux exemples aussi stupides que les autres, dont un français.

En effet notre effrayant ministre de l’industrie s’est cru obligé de se fendre d’une lettre au CGIET afin que cet organisme puisse lui fournir au plus vite les moyens de faire cesser l'hébergement du site wikileaks par l’entreprise française OVH. En voici quelques extraits truffés de mensonges et d’affirmations gratuites autant que dénuées de tout fondement juridique, sans parler de simple bon sens. Il ne fait que répéter les affirmations propagées par nos médias de désinformation qui tournent en boucle depuis deux semaines, répétées à satiété d’un air outré par tout crétin voulant se donner un air en dépit des preuves du contraire. Mais la vérité a t’elle quelque chose à voir là-dedans ?

« Cette situation n’est pas acceptable. La France ne peut pas héberger des sites internet qui violent ainsi le secret des relations diplomatiques et mettent en danger des personnes protégées par le secret diplomatique.
On ne peut héberger des sites internet qualifiés de criminels et rejetés par d’autres Etats en raison d’atteinte qu’ils portent à leurs droits fondamentaux. »
(Sources : Eric Besson - Nord Eclair )

Les commentaires sont inutiles (voir plus haut).

Le premier ministre australien réagit elle aussi à la publication des documents par wikileaks avec les mêmes faux arguments que le précité :

« I absolutely condemn the placement of this information on the wikileaks website. It is a grossly irresponsible thing to do and an illegal thing to do.»
(Sources : Julia Gillard, PM australien - Faifax radio)

« It would not happen, information would not be on wikileaks, if there had not been an illegal act undertaken. »
(Sources : Julia Gillard, PM australien - The Sydney Morning Herald - 07.12.2010)

Elle fût d’ailleurs remerciée avec enthousiasme par la nomenklatura US pour sa collaboration qui fut jugée, nous citons, « terrific ». Et cette aide fût si merveilleuse que le bruit court depuis quelques jours que les USA, encouragés par cette fructueuse collaboration faîte aux dépends d’un citoyen australien, auraient demandé au gouvernement australien de retirer sa nationalité à Julian Assange, acte qui relèverait de l’arbitraire le plus total. C’est pour cette raison, semble t’il, que les services gouvernementaux australiens cherchent fiévreusement un moyen de montrer comment Julian Assange a transgressé une loi australienne, tout comme leurs collègues US. Le problème c’est que Julian Assange n’a transgressé aucune loi australienne et qu’en dépit de la réthorique du pm australien sur la soit-disant illégalité sur laquelle repose les actions de wikileaks, il n’a pas été possible jusqu’à aujourd’hui de trouver quoi que ce soit de juridiquement probant. D’ailleurs à chaque fois que des journalistes ont demandé au pm australien sur quoi elle se basait pour affirmer que les actions de wikileaks étaient illégales elle n’a pas répondu. Et pour cause !
Mais rassurez-vous, chers lecteurs, on se charge aux USA et ailleurs de trouver un moyen de torturer suffisamment les lois pour y faire entrer le cas Assange. Sinon il suffira d’en créer de nouvelles avec effets rétroactifs afin de pouvoir inculper Assange le plus démokratiquement du monde naturellement.

Pour résumer :

Julian Assange est accusé de trahison et de terrorisme par les « Représentants Exclusifs du Bien sur Terre » (REBT), individus sans scrupules, sans foi ni loi (comme vu plus haut), et surtout sans cervelle ; en vertu de ces accusations sans aucuns fondements ces sinistres REBT ont ouvertement appelé de leurs voeux son assassinat où à tout le moins son exécution.

Cela ne tient aucun compte du fait que :

- 1) Julian Assange est Australien ce qui annule toute possibilité de trahir les USA.
- 2) il n’a pas volé les documents mais les a publié.
- 3) s’il était jugé pour cela il faudrait également juger le New York Times et attaquer les quatre autres journaux (à savoir : El Pais, Le Monde, Der Spiegel et The Guardian) qui ont publié exactement les mêmes documents que wikileaks (c’est à dire 1269 à ce jour sur plus de 250.000 qui furent dûment expurgés de toute référence pouvant mettre en danger un individu quel qu’il soit, comme l’ont reconnu et le Pentagone et Robert Gate).
4) il existe un précédent. Lorsqu’il y eut la publication de documents secrets émanant du Pentagone par le New York Times en 1971 non seulement le journal ne fût pas condamné mais le journaliste (Ellsberg) qui obtint ces documents ne passa pas un seul jour en prison. De plus la Cour Suprême précisa :

"only a free and unrestrained press can effectively expose deception in government".
(Sources : US Supreme Court - 1971 - Pentagone papers leak)

- 5) tout ce qui précède explique fort bien l’acharnement hystérique des REBT (Représentants Exclusifs du Bien sur Terre) à vouloir faire dépendre Assange du fameux «espionnage act» puisque cela permettrait de le priver de la protection du premier amendement de la Constitution des USA. En effet s’il était considéré comme un espion il pourrait être jugé comme tel et non comme journaliste ; car dans ce dernier cas il n’aurait aucune chance d’être condamné, comme on l’a vu, au nom du premier amendement de la Constitution des USA.

C’est à ce point que l’on touche aux enjeux véritables de cette affaire qui, à notre avis, sont au nombre de deux.

La premier touche directement à la liberté de l’information. A ce titre nous parlons donc ici de l’avenir d’internet étant donné que c’est le seul média encore capable de résister d’une manière efficace à l’emprise de plus en plus totalitaire, version soft nous vous l’accordons, de nos gouvernants bien-aimés sur tout ce qui touche à l’information du public et par-delà à la liberté individuelle, où plutôt le peu qui nous en reste. Oui, oui, nous savons que nous allons être taxés de grossière exagération mais c’est justement ce qui aurait tendance à nous faire penser que la situation est peut-être encore pire que ce que nous affirmons puisque les esclaves d’aujourd’hui ne se rendent même plus compte de leur état contrairement à ceux qui les précédèrent. Ces derniers ne songeaient à rien d’autre qu’à se libérer ; ceux d’aujourd’hui ne songent à rien d’autre qu’à se débarrasser au plus vite de toutes les prérogatives qui faisaient de leurs ancêtres des hommes plus libres qu’ils ne le seront jamais plus eux-mêmes en dépit de ce qu’ils peuvent prétendre. Donc liberté d’information.
L’editorial du journal The Guardian a bien résumé l’importance de cette question d’internet à travers l’affaire wikileaks:

«In times when big business and big governements attempt to monitor and control everything, there is a need as never before for an internet that remains a free and universal form of communication. Wikileaks’chief crime has been to speak the truth to power. What is at stake is nothing less than the freedom of the internet. All the rest is sideshow distracting attention from the real battle that is being fought. We should all keep focus on the true target.»
(Sources : The Guardian - 10.12.2010)

Le second enjeu de toute cette hystérie, du côté US en tout cas, a pour but de divertir l’attention du monde du contenu des câbles diplomatiques publiés par wikileaks et les 4 journaux internationaux qui s’en sont chargés en collaboration avec le site internet.
En effet on a beaucoup voulu nous faire croire que le contenu de ces câbles diplomatiques ne contenait rien qu’on ne savait déjà, qu’il n’y avait aucune découverte sensationnelle, bref beaucoup de bruit pour rien.

Hum, curieux alors de s’agiter de la sorte s’il n’y avait rien de si extraordinaire que cela dans ces câbles. Etrange que l’on menace de mort le responsable de la publication de documents si peu intéressants ; étrange dans ces conditions qu’on le compare à un terroriste et qu’on lance des fatwas à travers le monde pour se payer son scalp.
Tout çà pour rien d’important ?

Il est vrai que la plupart de ces câbles ne nous apprennent pas grand-chose de très nouveau à propos des positions politiques des uns et des autres, des confirmations de ce que l’on savait sans en avoir de preuves, des magouilles en tout genre etc... C’est vrai, rien de vraiment nouveau même s’il y a néanmoins des éléments intéressants.

Cela dit il y a malgré tout une chose qu’il serait dans l'intérêt des USA de faire oublier le plus vite possible et qui nous parait être ce qui est le plus grave de tout ce qui fût publié jusqu’à maintenant (en gardant en mémoire que seuls 1269 documents ont été publiés sur les 250.000).
Nous voulons parler ici des instructions secrètes données par Condoleezza Rice et Hillary Clinton aux diplomates US de 33 missions diplomatiques US à travers le monde de collecter des informations très inhabituelles. Car il s’agissait non seulement d’espionnage mais aussi et surtout de recueillir des données personnelles sur des individus, souvent citoyens de pays soit-disant alliés où « amis ». Les autres ne sont pas oubliés, rassurez-vous, chers lecteurs.

« The intelligence gathering directives were sent from the intelligence operations office within the state department’s bureau of intelligence and research, which describe itself as the nexus of intelligence and foreign policy.
They made clear that the intelligence operation was not merely a useful addition to the work of a secret service, but that the intelligence community relies on state)reporting officers for much of the biographical information collected worldwide. Biographic reporting is defined in the cables as including «credit card account numbers, frequent flyer account numbers» as well as «compendia of contact information » (souligné par nous).
(Sources : The Guardian - 02.12.2010)

On apprend ainsi que les soit-disant diplomates US sont des espions comme les autres chargés de recolter toutes les données personnelles possibles et imaginables. Etrange non ? Pourquoi recueillir les numéros de cartes de crédit, les mot de passe de boîtes e-mail où les numéros de cartes de frequent flyer sans parler de l’ADN ?

De plus on apprend que les Nations-Unies elles-mêmes étaient, elles le sont toujours pas de panique ! l’objet d’une intense surveillance qui inclut l’obtention de :

«... biometric datas (souligné par nous) on permanent security council representatives, and passwords and personal encryption keys used by top UN officials - in possible contravention on international law. »
(Sources : The Guardian - 02.12.2010)

Dans un autre câble on apprend que les « biometric informations » comprennent l’obtention de l’ADN, des scan de l’iris et des empreintes digitales des diplomates ciblés, sans compter les numéros de carte de crédit, numéros de comptes en banque, copies de passeport etc...
Etrange non ?

"The only reason they can be asking for this information is to break into the communication systems or monitor them in some way."
(Sources : The Guardian - 02.12.2010)

Oui, ce serait une explication mais elle ne correspond pas vraiment avec l’utilité des données personnelles demandées dans la directive secrète envoyée par Clinton en 2009. En d’autres mots on n’a pas besoin du scan de l’iris ni du numéro de fax où du numéro de la carte de crédit du représentant de la France au Conseil de Sécurité des nations-Unies pour savoir ce que la France (ce pays «ami» qu’on aime tant et dont on respecte si bien la souveraineté...) va voter au prochain conseil. C’est une explication qui pourrait convenir en d’autres temps et avec d’autres pays. Mais nous avons affaire à un pays qui agit comme si le monde lui appartenait, pour plagier Noam Chomsky.
Non, chers lecteurs, ne soyons pas trop naïfs. Car le contenu de ces demandes font plutôt penser à de la préméditation d’usurpation d’identité aux fins d’obtenir de la cible qu’elle se comporte comme l’on veut et non comme elle le souhaiterait.
Ce genre de comportement ne vous fait-il pas penser à quelque-chose, chers lecteurs ? Un incident survenu il y a quelques temps au Moyen-Orient ? Souvenez-vous, un effort, que diable ! L’assassinat d’un Palestinien important à Dubaï l’année dernière par des barbouzes du Mossad qui avaient commis leur forfait sous une identité volée de touristes anglais dont les passeports avaient été copiés alors que ceux-ci passaient à la douane innocemment.
Vous voyez que l’on peut faire beaucoup de choses avec ce genre de données ; par exemple faire pression sur ceux dont on a volé et usé de l’identité de manière à les mettre en situation de ne pouvoir refuser ce qu’on leur demande de faire pour notre propre intérêt.

The directive has been characterized as the spy directive, but this is an unusual kind of spying. Usually, spying focuses on what other governments think, how they are likely to vote on US initiatives, who can be bribed, and on sexual affairs that could be used to blackmail acquiescence to US agendas.

In contrast, the information requested in the secret directive is the kind of information that would be used to steal a person’s identity.

Why does the US government want information that would enable it to steal the identities of UN officials and impersonate them?

Could it be that Washington wants to be able to impersonate UN officials and country delegates so that it can compromise them by involving them in fake terrorist plots, communications with terrorists real or contrived, money laundering, sex scandals and other such means of suborning their cooperation with Washington’s agendas? All the CIA has to do is to call a Taliban or Hamas chief on a UN official’s telephone number or send a compromising fax with a UN official’s fax number or have operatives pay for visits to prostitutes with a UN official’s credit card number.

The report in the Guardian on December 2 that the CIA drew up the UN spy directive signed off by Hillary Clinton is a good indication that the United States government intended to compromise the United Nations and turn the organization, as it has done with so many governments, into a compliant instrument of American policy, to an extent even greater than is already the case.

Perhaps there is another plausible explanation of why the US government desired information that would enable it to impersonate UN officials, but as a person who had a 25-year career in Washington I cannot think of what it might be.
(Sources : Paul Craig Roberts - Counterpunch - previous editor of the Wall Street Journal and former Assistant Secretary of the US Treasury)

Avouez cher lecteur que c’est tout de même embarrassant ce genre de révélations et qu’on a plutôt interet à les faire oublier le plus rapidement possible. Surtout lorsque les cibles sont des pays que l’on qualifie publiquement d’alliés où même d’amis alors qu’on les traite tout aussi mal que ses vrais ennemis.
On comprend mieux l’acharnement des USA sur wikileaks et son fondateur.

"What this shows about the US's own conduct is that it is really trying to discredit WikiLeaks by shifting the focus from wrongdoing by the United States in places like Afghanistan, Iraq, spying on the United Nations and so on - and instead, trying to focus all the legal attention, all the attention on crime and illegality, to WikiLeaks."
Ben Saul says the lack of a US indictment suggests the Justice Department does not have the evidence it needs to put Assange or WikiLeaks on trial under existing US law.

Saul says that as a result, US officials appear to be waging a kind of "global legal war" against Assange and WikiLeaks, which he says is aimed at discrediting the group as an illegal, even "terrorist", organization.

"Some US politicians and commentators have even called for the assassination or killing of Julian Assange. This is pretty extraordinary and lawless stuff," Saul says.
(Sources : Ron Synovitz - Asia Times - 10.12.2010)

Mais il y a pire, cher lecteur. Car il se pourrait bien que certains pays ne se décident à porter plainte contre les USA, où contre Hillary Clinton, où les deux, à la Court Internationale de Justice.
Une plainte contre Tata Hillary par exemple, Secrétaire d’Etat des USA, pour espionnage contre des diplomates du Conseil de Sécurité de l’ONU ?
Ce serait très divertissant.

A leading expert on UN law today said the proposed activity in the directive breached two international treaties and could lead to the US being censured by the UN general assembly or even, in extreme circumstances, prosecution at the international criminal court.
The targeting of diplomats from North Korea and the permanent representatives of the security council from China, Russia, France and the UK leaves the US government exposed to action from any of those countries.
Dapo Akande, lecturer in international law at Oxford University, said: "Obtaining passwords and information on communications systems violates the 1947 headquarters agreement between the US and UN and the general convention on the privileges and immunities of the United Nations.
(Sources : The Guardian - 02.12.2010)

En Australie des voix s’élèvent pour demander au gouvernement de porter plainte contre les USA pour violation des lois internationales envers les diplomates. Seront-elles suivies d’effet ? Hum, il vaudrait mieux être pessimiste à ce niveau la.
Malheureusement.

Cependant, au-delà du cas de Julian Assange, et en ce qui nous concerne tous, où plutôt devrait nous concerner, c’est la mise sous tutelle d’internet qui est en jeu, où plutôt le risque de sa mise sous tutelle. Car ne nous y trompons pas tous les gouvernements cherchent tous les moyens possible pour y parvenir puisque cela reste le seul endroit où il règne une véritable liberté d’expression. Il semble pour le moment que ce danger soit plutôt bien compris mais ne sous-estimons pas la force d’inertie de Cochon sur Terre.

N’est-il malgré tout pas surprenant qu’il n’y ait eu aucune manifestation de soutien à Julian Assange ; nous sommes surpris (vraiment ?) du silence assourdissant qui a accueilli sa mise en détention, de l’absence de protestation de la part de tous les défenseurs acharnés de la liberté et bla bla bla, ceux-là même par exemple qui manifestaient il y a peu avec tant d’enthousiasme pour leur retraite à 60 ans alors qu’ils en ont supposément 18 (il est vrai qu’il n’était pas question de liberté c’est le moins qu’on puisse dire).

Au fond nous avions peut-être tord et ils avaient peut-être raison de manifester ; ils sont probablement beaucoup plus proche de la retraite que nous ne le pensions puisqu’ils ne savent manifester rien d’autre que de l’apathie pour défendre une cause menacée d'élimination et supposée être celle de gens épris de liberté, donc jeunes, en esprit en tous cas.
Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a bien peu de monde dans les rues pour cette cause juste.
C’est vrai qu’il fait froid. Et puis il y a du verglas, c’est dangereux, même si on est assuré...
Attendons l’été. Mais l’été ce sont les vacances.
Bon, alors attendons et puis ce n’est peut-être pas si grave que çà, hein ?
Après tout on en a vu d’autre, allez...

Pendant ce temps Julian Assange est en prison et nos gouvernants bien-aimés s’emploient à trouver le moyen démokratique de l’éliminer démokratiquement tandis que tout le monde est content à Cochon sur Terre, le meilleur des mondes.