mercredi 10 avril 2013

France : vu de l'étranger, l'éffondrement est proche.

Voici trois articles parus en langue anglaise. Les trois auteurs ont des visions  politiques et économiques divergentes, voire opposées, mais tous trois partagent un même avis : la France est sur le point d’imploser.
Ce qui ne correspond pas tout à fait à ce que nous sermonnent nos zélites nuit et jour, à commencer par le premier d’entre elles : l’avenir radieux est devant nous, le pire est passé.

Pas vraiment.
Nous pensons que ces trois regards sur l'état de la France seront peut-être choquant pour certains mais nous espérons qu'ils feront réfléchir et voir la situation avec un œil nouveau. Il n'est pas nécessaire d'être d'accord avec les auteurs sur leurs idées à propos de ce qui devrait être fait où non pour sauver la situation ; l'intérêt est que ces trois textes nous montrent ce que la situation de la France peut inspirer à des étrangers et nous aider, nous, à voir les choses autrement. Et du coup à réfléchir à ce que nous pourrions faire où pas.
Mais le temps presse !

Le premier texte est de Barry Landon (ici), journaliste Canadien de Vancouver vivant à Paris après avoir passé des années en Amérique Latine et aux USA. Nous avons traduit quelques-uns des passages les plus saillants, selon nous.

- France : de la gloire au désespoir.
(...) cette nouvelle affaire (Cahuzac) ne fait qu’augmenter l’étrange mélange de fureur et de désespoir qui a envahi les citoyens de ce qui fut jadis la plus grande puissance européenne.

Rien n’illustre mieux cet horrible déclin de la France qu’une visite à la basilique Saint Denis dans la banlieue Nord de Paris. Cette basilique est toujours considérée comme l’un des chefs d’oeuvre architectural de l’Europe. Ses voutes, sa nef du 13 eme siècle, ses hauts murs élancés et ses vitraux furent des modèles du style gothique qui inspira les architectes de Notre Dame de Paris comme d’autres abbayes et églises chrétiennes à travers toute l’Europe. A l’intérieur se trouvent les tombes - même si leurs restes n’y sont pas tous - de tous les rois et reines de France sur une durée de  1500 ans.

C’est un site extraordinaire. Pourtant il y avait peu de touristes lorsque j’y suis allé hier, et il n’y en avait aucun de visible dans les rues à l'extérieur. Une fois que vous êtes sorti de cette basilique ressemblant à une grotte un peu étouffante, vous vous retrouvez soudain dans les rues commerçantes de l’une des banlieues les plus connues de Paris, remplie principalement d’immigrés et de descendants d’immigrés issus de ces terres immenses que la France gouvernait jadis en Afrique, il n’y a pas si longtemps.

Pourtant, aujourd’hui, Saint Denis est plus célèbre pour ses taux de criminalité et ses commerces de drogue que pour sa basilique. Probablement plus de 25% des jeunes qui sont dans ces rues sont sans emploi. Saint Denis est aussi synonyme de violence entre gangs rivaux, de voitures incendiées, d’immeubles où la police a peur de s’aventurer, et une population à majorité musulmane qui se sent de plus en plus étrangère au reste de la France.

Et Saint Denis est loin de représenter une exception.

(...)

Le taux de criminalité est en augmentation partout en France, que ce soit le vol à la tire dans la rue où le vol de voiture, intrusion dans des appartements, attaques où guerres de gangs dans les rues de Marseilles. Le Ministre de l’Intérieur parle sombrement de nouvelles organisations très violentes de type mafia, dirigées par des immigrants légaux et illégaux venant d’Europe de l’Est et qui ont envahi le pays depuis quelques années.

(...)

Des centaines de milliers de Français - parmi les meilleurs et les plus intelligents - ont fui le pays depuis quelques années, 400.000 d’entre eux vivant à Londres uniquement. Un sondage réalisé parmi eux a montré que la plupart d’entre eux ne sont pas partis spécialement pour éviter de payer des impôts, mais plutôt pour échapper aux contraintes et aux régulations bureaucratiques étouffantes, et tenter de faire quelque chose hors de cet énorme gaspillage.

(...)

En réalité la majorité des Français a abandonné il y a bien longtemps leurs prétentions de rester une grande puissance. Ils seraient ravi de vivre avec la sécurité d’un bon job, avec de bonnes écoles et un logement correct, une retraite confortable et l’accès à l’un des meilleurs système médical du monde. En bref, ils seraient ravi de vivre en sécurité dans leur pays.

Mais c’est précisément ce qui est menacé dans une atmosphère de décadence morale et de crise - de pourriture sous-jacente.
(...)

Peut-être qu’en raison des problèmes auxquels ils sont confrontés - comme le chômage, la crise économique, la criminalité, les problèmes raciaux, la survie de l’euro - peut-être est-ce parce que ces problèmes sont si complexes que les Français - comme d’autres nations - trouvent beaucoup plus faciles de se focaliser sur d’autres questions beaucoup plus simples - des problèmes sur lesquels quelqu’un peut avoir une opinion. Comme, par exemple : une femme musulmane travaillant dans un bureau de l’administration publique doit-elle avoir le droit de porter le voile où non ? Où bien la Sécurité Sociale devrait-elle payer pour permettre à un couple homosexuel d’avoir un enfant issue d’une mère porteuse en utilisant l’insémination artificielle ?

Pendant ce temps là, les vrais problèmes de la France continuent de grandir.


Le second article est écrit par un professeur de « politique française » à Londres, Philippe Marlière. Le texte intégral est ici.

- Mensonges, fraudes et austérité.

A peine dix mois après son inauguration, François Hollande est un Président très affaibli. Il est même encore plus impopulaire que ne l’était Nicolas Sarkozy à pareille époque.

(...)

La majorité de la population trouve qu’il y a une troublante continuité avec la politique de Sarkozy sur toutes les questions majeures, comme la politique de l’emploi, des retraites, des salaires, sans parler de la guerre néo-coloniale menée au Mali.

Maintenant la présidence de Hollande est en lambeaux. Un scandale d’état menace d’emporter Hollande et le gouvernement socialiste. Le responsable de cette crise est Jérome Cahuzac, qui fut le Ministre du budget jusqu’à il y a deux semaines.

(...)

Cet événement spectaculaire ne pouvait pas intervenir à un plus mauvais moment pour un Président affaibli, ni compromettre un des ministères plus sensible que celui du Budget.

(...)

En vérité, le scandale Cahuzac n’a que peu à faire avec la malhonnêteté d’un homme. C’est beaucoup plus grave que la simple et triste personification du «salaud», pour reprendre Sartre. Non, la crise Cahuzac dévoile également les manipulations politiques et les mensonges qui sont au coeur de la présidence Hollande. Cela constitue véritablement un scandale d’Etat qui a crée une crise politique dont les conséquences seront multiples et difficiles à prédire.


Le troisième article est écrit par un économiste américain (ici), Charles Gave, qui fait de la recherche pour découvrir les meilleurs endroits pour investir.

- France est sur le point de tomber dans une « secondary récession ».

La France est emportée par une paralysie politique, économique et morale. La cote de popularité du Président est à un record de faiblesse, le chômage est au plus haut et le «tsar des impôts» d’un gouvernement supposément de gauche a démissioné, après avoir menti plusieurs fois à propos d’un peu de cash planqué sur un compte dans une banque suisse. Un si triste état de chose ne pourrait que nous inciter à penser que cela ne pourra pas être pire. Malheureusement les cycles économiques ne fonctionnent pas de cette manière là et je suis convaincu que la France est sur le point d’entrer dans ce que l’on appelait au cours de l’âge de l’étalon-or une « secondary recession ». La rigidité du système de l’euro signifie que la zone euro sera sujette au genre d’ajustements brutaux qu’a connu l’ère des monnaies fortes du 19 eme et du 20 eme siècle. Mais ayant atteint les limites logiques de ces dix ans d'expérience d’état providence capitaliste, la France est beaucoup plus exposée que ses voisins pourtant eux-mêmes en mauvaise posture.

(...)

Il est de plus en plus évident que l’Italie et l’Espagne sont prisonnière d’une «debt-trap» et sont en train d’entrer dans la phase destructrice de l’ajustement. La dévaluation - leur unique échappatoire possible - leur est interdite par leur appartenance à la zone euro.
L’année dernière j’ai soutenu que la France allait suivre la même ruineuse trajectoire que ses voisins du Sud immédiat. La politique suivie par le gouvernement français depuis neuf mois a rendu cette possibilité une certitude. Les dernières épouvantables statistiques économiques m’ont ôté les derniers doutes que j’aurai pu avoir à ce sujet.

(...)

La France a des problèmes économiques qui sont spécifiques à sa culture politique. Tandis que les excès spéculatifs en Espagne et en Irlande étaient concentrés sur un surdeveloppement de l’immobilier, les excès français se cantonnaient dans le service public. Cet accroissement hors de contrôle du secteur public bénéficia des conditions de financement faciles des années 2000 pour faire exploser la taille d’une bureaucratie déjà beaucoup trop importante. - l’idée étant que des gens aussi dépendants seraient inclinés à voter naturellement pour ceux qui les payeraient - C’est ce que j’ai appelé le clientélisme social. Le résultat est que la France est le seul pays que nous suivons qui a connu une croissance de son secteur public plus forte que celle de son secteur privé chaque année depuis 1987.

Ce qui est intéressant est que la part du gouvernement dans le PIB n’a pas cessé d’augmenter quelque soit le parti au pouvoir, droite où gauche. La capture de l’économie française par la bureaucratie fut si forte que la tendance a la dépense publique toujours plus élevée n’a jamais été brisée. Simplement dit, ceux en charge de l’économie française ont organisé un système tel que le secteur public peut continuellement piller le secteur privé. Cette méthode institutionnalisée de vol déguisé a crée un cycle de décadence économique qui se nourrit de lui-même en se renforçant toujours plus ; les profits moins élevés des entreprises entrainent des investissements privés plus réduits qui entrainent à leur tour une croissance économique de moins en moins forte ce qui a pour résultat un taux de chômage de plus en plus élevé.

Le malaise économique français est dû à une faillite de la moralité publique. Les élites du secteur public non seulement détestent le secteur privé mais ils croient également qu’il est très «vendeur» de voler de l’argent aux entrepreneurs pour le donner aux employés du secteur public. Inutile de préciser que cette banqueroute morale du corps politique rend la situation inextricable - quand la population est bombardée par de la propagande déclamant que la création de richesse est sale, tandis qu’il est moralement permis à l’Etat de voler tous les gains privés, il va être difficile de créer un environnement favorable à la croissance économique.

La vérité est que les élites en France sont convaincues qu’une technocratie communiste est supérieure au capitalisme, et que cette croyance est acceptée par une large partie de la population. C’est pourquoi la solution pour la France n’est pas dans des réformes progressives du marché du travail, mais une révolution générale qui porterait au pouvoir des gens sensibles ayant un autre type de valeurs. Sur le court terme, les changements radicaux sont mis en veilleuse puisque les français votèrent l’année dernière pour encore plus de pillage et un élargissement de la technocratie communiste (le gouvernement met actuellement les bouchées double pour satisfaire cette demande). Bien entendu l'événement qui fera cesser la musique de jouer se produira quand les investisseurs étrangers cesseront de prêter à l’Etat français. Ce moment coïncidera probablement avec le départ du dernier entrepreneur français pour Londres, New-York où Shanghai - il où elle devra alors éteindre les lumières avant de souhaiter un triste « au revoir ».

Jusqu’à il y a peu, mon opinion, basé sur mon travail d’analyse, était que l’explosion de la crise de la dette française ne se produirait pas avant la période 2014 - 2017. Mais en voyant l'extraordinaire malfaisance de l’actuel gouvernement j’ai changé d’avis et je pense que la France est désormais particulièrement proche de l’abime. Attachez vos ceintures en Europe - le dernier pays du monde entièrement communiste va bientôt imploser.

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